LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2501100

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2501100

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2501100
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationCHAMBRE 3
Avocat requérantDUTIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 avril 2025, M. B... C..., représenté par Me Dutin, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 6 mars 2025 par lequel la préfète des Landes l’a expulsé du territoire français et a fixé le pays de destination ;

2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Il soutient que la décision d’expulsion méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2025, le préfet des Landes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.

Le 25 juillet 2025, des pièces ont été présentées au greffe par le préfet des Landes dans une enveloppe comportant la mention « pièces soustraites au contradictoire - article R. 412-2-1 du code de justice administrative ». En l’absence de production d’un mémoire distinct, malgré la mesure d’instruction diligentée, cette enveloppe a été retournée au préfet sans être ouverte.

M. C... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 5 juin 2026.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Foulon,
- les conclusions de Mme Portès, rapporteure publique,
- les observations de Mme A..., représentant le préfet des Landes.


Considérant ce qui suit :

M. C..., ressortissant marocain né le 1er octobre 1983 à Douar El Ghorfate (Maroc), est entré en France le 19 mai 1986 au titre du regroupement familial. Il s’est vu délivrer le 21 mai 2001 une première carte de résident qui a été régulièrement renouvelée. Par un arrêté du 8 août 2023, le préfet du Lot-et-Garonne lui a retiré la carte de résident qui lui avait été accordée pour la période du 20 mai 2021 au 19 mai 2031. Par un arrêté 6 mars 2025, la préfète des Landes a expulsé M. C... du territoire français. M. C... demande au tribunal d’annuler cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d’annulation :

D’une part, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (…). 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui (…) ».

D’autre part, aux termes de l’article L. 631‑1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’autorité administrative peut décider d’expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l’ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631‑2 et L. 631‑3 ». Aux termes de l’article L. 631‑3 du même code : « Ne peut faire l’objet d’une décision d’expulsion qu’en cas de comportements de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l’Etat, dont la violation délibérée et d’une particulière gravité des principes de la République énoncés à l’article L. 412-7, ou liés à des activités à caractère terroriste, ou constituant des actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence contre une personne déterminée ou un groupe de personnes : / 1° L’étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu’il a atteint au plus l’âge de treize ans ; / 2° L’étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de vingt ans ; (…) / 4° L’étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans et qui est père ou mère d’un enfant français mineur résidant en France, à condition qu’il établisse contribuer effectivement à l’entretien et à l’éducation de l’enfant dans les conditions prévues par l’article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins un an ; (…) / Par dérogation au présent article, peut faire l’objet d’une décision d’expulsion en application de l’article L. 631-1 l’étranger mentionné aux 1° à 5° du présent article lorsqu’il a déjà fait l’objet d’une condamnation définitive pour des crimes ou délits punis de cinq ans ou plus d’emprisonnement ou de trois ans en réitération de crimes ou délits punis de la même peine. (…) ».

Il est constant que M. C... est entré en France à l’âge de 2 ans, dans le cadre d’un regroupement familial et qu’il a bénéficié à sa majorité de plusieurs cartes de résident, dont la dernière lui a été retirée par un arrêté du 8 août 2023 par le préfet de la Dordogne, eu égard aux condamnations prononcées à son encontre. Si M. C... fait état de la présence de son fils mineur sur le territoire, ce dernier, né en 2012, vit avec sa mère. En outre, les quelques photographies et les trois attestations établies en 2022, soit près de trois ans avant la décision attaquée sont insuffisantes pour démontrer son implication dans l’éducation et l’entretien de cet enfant. Par ailleurs, M. C... est célibataire et ne justifie d’aucune insertion professionnelle, en dehors de ses périodes de détention.

A cet égard, il ressort des pièces du dossier que M. C... a fait l’objet de 15 condamnations entre 2005 et 2023, soit sur une période de 18 ans, et totalise un prononcé de 15 ans et 11 mois d’emprisonnement, à cinq reprises pour des faits d’outrages à l’encontre de personne dépositaire de l’autorité publique mais également pour des faits de violence avec arme, menace de mort, dégradation de biens, vol, transport, détention et mise en circulation de monnaie contrefaisante ou falsifiée, conduite de véhicule sous stupéfiant, détention de stupéfiant et violences sur un militaire de la gendarmerie nationale. Eu égard à la nature et à la gravité des faits commis par M. C... et compte tenu de leur répétition ainsi que du caractère actuel de la menace pour la sécurité et l’ordre public que constitue le comportement du requérant, le préfet des Landes a pu, sans porter d’atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale et sans commettre d’erreur manifeste d’appréciation au regard des conséquences de la mesure sur sa situation personnelle, décider l’expulsion de M. C....

Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l’annulation de l’arrêté du 6 mars 2025 doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’une quelconque somme soit mise à la charge de l’État, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance.

En l’absence de dépens, les conclusions présentées par le requérant à ce titre ne peuvent qu’être rejetées également.



D É C I D E :


Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... C... et au préfet des Landes.


Délibéré après l’audience du 17 juin 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Triolet, présidente,
Mme Foulon, conseillère,
M. Buisson, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.


La rapporteure,
C. FOULON
La présidente,
A. TRIOLET




La greffière,



A. STRZALKOWSKA



La République mande et ordonne au préfet des Landes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :
La greffière,



Décisions similaires

TA95Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745

01/07/2026

TA83Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258

01/07/2026

← Retour aux décisions