Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une demande enregistrée le 13 juin 2025 et un mémoire enregistré le 6 mai 2026, M. A... B..., représenté par Me Marcel, demande au tribunal de prendre les mesures qu’implique l’exécution du jugement n° 2202865 du 29 janvier 2025, rectifié le 3 février 2025 et, en particulier, d’assortir l’injonction prononcée d’une astreinte de 100 euros par jour de retard passé un délai de sept jours. Il demande également la condamnation de la préfecture de l’Hérault à lui verser une somme de 600 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu’il a écrit au préfet des Hautes-Pyrénées pour qu’il réexamine sa demande ; que ce dernier lui a répondu qu’en raison de son changement de résidence, le préfet de l’Hérault était désormais seul compétent ; que son courriel du 3 avril 2025 et son courrier recommandé du 14 mai 2025 adressés à cette dernière préfecture sont néanmoins restés sans réponse ; que le dernier récépissé délivré par la préfecture de l’Hérault a expiré le 8 avril 2026 et que le délai de dix jours mis pour en obtenir un nouveau a entraîné la suspension de son contrat de travail.
Par une ordonnance en date du 14 janvier 2026, le président du tribunal administratif a décidé l’ouverture d’une procédure juridictionnelle.
M. B... a adressé un mémoire le 16 juin 2026 qui n’a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980 relative aux astreintes prononcées en matière administrative et à l’exécution des jugements par les personnes morales de droit public ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Triolet,
- les conclusions de Mme Portès, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 911-4 du code de justice administrative : « En cas d’inexécution d’un jugement ou d’un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d’appel qui a rendu la décision d’en assurer l’exécution. (…) Si le jugement ou l’arrêt dont l’exécution est demandée n’a pas défini les mesures d’exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d’exécution et prononcer une astreinte ».
Par un jugement, devenu définitif, n° 2202865 du 29 janvier 2025, notifié le 30 janvier 2025 et rectifié par une ordonnance du 3 février 2025, notifiée le jour même, ce tribunal a annulé l’arrêté du 21 octobre 2022 par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées a refusé de renouveler la carte de résident de M. B..., a enjoint audit préfet de réexaminer la demande de l’intéressé dans un délai de deux mois et condamné l’Etat à verser une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un courrier adressé au tribunal le 18 septembre 2025, le préfet des Hautes-Pyrénées a justifié avoir acquitté cette somme. Le 8 juin 2026, le préfet de l’Hérault a adressé une attestation de décision favorable renouvelant la carte de résident de M. B... du 26 octobre 2025 au 25 octobre 2035. Il n’y a dès lors plus lieu de prononcer des mesures d’exécution.
Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de condamner la préfecture de l’Hérault sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de prononcer des mesures d’exécution.
Article 2 : Les conclusions de M. B... au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B..., au préfet de l’Hérault et au préfet des Hautes-Pyrénées.
Délibéré après l’audience du 17 juin 2026, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, présidente,
Mme Foulon, conseillère,
M. Buisson, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.
La présidente-rapporteure,
A Triolet
La magistrate la plus ancienne dans l’ordre du tableau,
C. Foulon
La greffière,
P. Santerre
La République mande et ordonne au préfet de l’Hérault et au préfet des Hautes-Pyrénées, chacun en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière,