Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2602699
lundi 3 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2602699 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MOURA |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2026, Mme B... A..., représentée par Me Moura, demande au juge des référés, saisi en application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour présentée sur le fondement des dispositions de l’article L. 424-11 du code de l’entrée et du séjour et du droit d’asile et de l’arrêté du 2 avril 2025 par lequel la préfète des Landes a rejeté son admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d’enjoindre au préfet des Landes de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle en qualité de membre de la famille d’un bénéficiaire de la protection subsidiaire ou, à défaut, une carte de séjour mention « vie privée et familiale », ou, à titre très subsidiaire, une autorisation provisoire de séjour, le tout dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l’urgence est caractérisée en ce qu’elle est placée en situation irrégulière alors qu’elle bénéficiait de récépissés de sa demande dont le dernier a expiré le 6 juin 2025, d’une part, et qu’admise en BTS comptabilité gestion, elle ne peut s’inscrire dans ce lycée et bénéficier des avantages conférés aux étudiants boursiers, d’autre part ;
- sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige les moyens tirés de ce que :
s’agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français,
- elle est entachée d’un défaut de motivation en ce qu’elle est stéréotypée et se borne à indiquer qu’elle ne remplit pas les conditions de délivrance d’un titre de séjour sur le fondement de l’article L. 424-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la préfète, qui a clôturé sa demande pour ce motif, a commis une erreur d’appréciation au regard de ces dispositions ;
- la décision méconnaît les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
s’agissant de la décision fixant le pays de renvoi,
- elle est illégale en raison de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- et entachée d’un défaut de motivation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée le 19 juin 2025 sous le n° 2501765.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Triolet pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. ».
2. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. Mme A..., ressortissante nigériane, est entrée en France le 20 mars 2024 sous couvert d’un visa de long séjour pour membre majeur de la famille d’un étranger ayant obtenu l’asile en France. Elle a sollicité son admission au séjour le 12 juin 2024 sur le fondement des dispositions de l’article L. 424-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, puis sur le fondement des dispositions de l’article L. 423-23 de ce même code. Par l’arrêté querellé du 2 avril 2025, la préfète des Landes lui a notifié une décision de refus de séjour, portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination. Par ordonnance du 4 juillet 2025, le juge des référés de ce tribunal a rejeté pour défaut d’urgence une première requête en référé suspension introduite par Mme A....
4. Pour justifier de l’urgence, la requérante soutient que l’arrêté la place en situation irrégulière au regard du séjour et compromet la poursuite de ses études. Toutefois, la requérante ne s’est jamais vu délivrer de titre de séjour. En outre, contrairement à ce qu’elle soutient, le message du 26 juin 2026 l’invitant à finaliser son inscription au lycée Louis de Foix de Bayonne avant le 10 juillet 2026 ne conditionne pas cette démarche à la production d’un titre de séjour. Au surplus, cette date est échue. Si la requérante justifie, par la production d’un message du 25 mai 2026, qu’elle a déposé un dossier social étudiant, susceptible de lui ouvrir droit au bénéficie d’une bourse, cette seule circonstance à défaut de précisions, notamment quant à sa situation personnelle et à la date jusqu’à laquelle elle peut fournir « [le] titre de séjour ou [la] carte de résident » demandé, demeure insuffisante pour établir la situation d’urgence alléguée. En outre, le litige au fond sera jugé entre octobre et décembre 2026 alors que le juge des référés ne peut prendre que des mesures provisoires. En conséquence, la condition d’urgence, au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie.
5. En tout état de cause, Mme A... ne conteste aucun refus de titre et ne tourne aucun moyen contre cette éventuelle décision, seule susceptible de voir ses effets suspendus.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée selon la modalité prévue par l’article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d’injonction et tendant au remboursement des frais non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Fait à Pau le 3 août 2026,
La juge des référés,
A. TRIOLET
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2026, Mme B... A..., représentée par Me Moura, demande au juge des référés, saisi en application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour présentée sur le fondement des dispositions de l’article L. 424-11 du code de l’entrée et du séjour et du droit d’asile et de l’arrêté du 2 avril 2025 par lequel la préfète des Landes a rejeté son admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d’enjoindre au préfet des Landes de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle en qualité de membre de la famille d’un bénéficiaire de la protection subsidiaire ou, à défaut, une carte de séjour mention « vie privée et familiale », ou, à titre très subsidiaire, une autorisation provisoire de séjour, le tout dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l’urgence est caractérisée en ce qu’elle est placée en situation irrégulière alors qu’elle bénéficiait de récépissés de sa demande dont le dernier a expiré le 6 juin 2025, d’une part, et qu’admise en BTS comptabilité gestion, elle ne peut s’inscrire dans ce lycée et bénéficier des avantages conférés aux étudiants boursiers, d’autre part ;
- sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige les moyens tirés de ce que :
s’agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français,
- elle est entachée d’un défaut de motivation en ce qu’elle est stéréotypée et se borne à indiquer qu’elle ne remplit pas les conditions de délivrance d’un titre de séjour sur le fondement de l’article L. 424-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la préfète, qui a clôturé sa demande pour ce motif, a commis une erreur d’appréciation au regard de ces dispositions ;
- la décision méconnaît les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
s’agissant de la décision fixant le pays de renvoi,
- elle est illégale en raison de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- et entachée d’un défaut de motivation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée le 19 juin 2025 sous le n° 2501765.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Triolet pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. ».
2. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. Mme A..., ressortissante nigériane, est entrée en France le 20 mars 2024 sous couvert d’un visa de long séjour pour membre majeur de la famille d’un étranger ayant obtenu l’asile en France. Elle a sollicité son admission au séjour le 12 juin 2024 sur le fondement des dispositions de l’article L. 424-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, puis sur le fondement des dispositions de l’article L. 423-23 de ce même code. Par l’arrêté querellé du 2 avril 2025, la préfète des Landes lui a notifié une décision de refus de séjour, portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination. Par ordonnance du 4 juillet 2025, le juge des référés de ce tribunal a rejeté pour défaut d’urgence une première requête en référé suspension introduite par Mme A....
4. Pour justifier de l’urgence, la requérante soutient que l’arrêté la place en situation irrégulière au regard du séjour et compromet la poursuite de ses études. Toutefois, la requérante ne s’est jamais vu délivrer de titre de séjour. En outre, contrairement à ce qu’elle soutient, le message du 26 juin 2026 l’invitant à finaliser son inscription au lycée Louis de Foix de Bayonne avant le 10 juillet 2026 ne conditionne pas cette démarche à la production d’un titre de séjour. Au surplus, cette date est échue. Si la requérante justifie, par la production d’un message du 25 mai 2026, qu’elle a déposé un dossier social étudiant, susceptible de lui ouvrir droit au bénéficie d’une bourse, cette seule circonstance à défaut de précisions, notamment quant à sa situation personnelle et à la date jusqu’à laquelle elle peut fournir « [le] titre de séjour ou [la] carte de résident » demandé, demeure insuffisante pour établir la situation d’urgence alléguée. En outre, le litige au fond sera jugé entre octobre et décembre 2026 alors que le juge des référés ne peut prendre que des mesures provisoires. En conséquence, la condition d’urgence, au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie.
5. En tout état de cause, Mme A... ne conteste aucun refus de titre et ne tourne aucun moyen contre cette éventuelle décision, seule susceptible de voir ses effets suspendus.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée selon la modalité prévue par l’article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d’injonction et tendant au remboursement des frais non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Fait à Pau le 3 août 2026,
La juge des référés,
A. TRIOLET
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,