Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2506346
lundi 3 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2506346 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | OLSZAKOWSKI |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er août 2025, Mme B... A... épouse C..., représentée par Me Olszakowski, demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 25 juillet 2025 par lequel le préfet de la Moselle a retiré son attestation de demande d’asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d’un an.
Elle soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d’un défaut d’examen sérieux de sa situation, dès lors qu’elle a sollicité son admission à l’aide juridictionnelle en vue de former un recours à l’encontre de la décision de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides rejetant comme irrecevable sa demande d’asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d’une erreur d’appréciation, pour les mêmes motifs ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée en conséquence de l’annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, laquelle est illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 août 2025, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu’aucun des moyens soulevés par la requérante n’est fondé.
Mme A... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Strasbourg du 20 novembre 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Foucher,
- les observations de Me Olszakowski, reprénsentant Mme A....
Considérant ce qui suit :
Mme A..., ressortissante albanaise, née le 6 août 1958, est entrée en France le 27 février 2025 selon ses déclarations. Par un arrêté du 25 juillet 2025, le préfet de la Moselle a retiré son attestation de demande d’asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d’un an. Par la présente requête, Mme A... demande au tribunal d’annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d’annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :
En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, dès lors, suffisamment motivée.
En deuxième lieu, alors au demeurant que la requérante n’établit pas avoir déposé une demande d’aide juridictionnelle auprès de la Cour nationale du droit d’asile en vue de contester la décision de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides du 1er juillet 2025, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Moselle n’aurait pas procédé à un examen de sa situation personnelle.
En troisième lieu, aux termes de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / (…) 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° (…) ». Aux termes des dispositions du d) du 1° de l’article L. 542-2 du même code : « Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : / (…) d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 (…) ». Aux termes de l’article L. 531-24 du même code : « L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : / 1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr au sens de l'article L. 531-25 (…) ». En vertu d’une décision du conseil d’administration de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides adoptée le 9 octobre 2015, applicable à la date de la décision attaquée, la république d’Albanie est au nombre des pays d’origine sûrs.
Il ressort des pièces du dossier que la demande d’asile de la requérante a été rejetée par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides le 1er juillet 2025 en application des dispositions du 1° de l’article L. 531-24 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Ainsi, en vertu des dispositions citées au point précédent, la requérante ne disposait pas du droit de se maintenir sur le territoire français, alors même qu’elle aurait formé une demande d’aide juridictionnelle devant la Cour nationale du droit d’asile, ce qu’elle n’établit pas dans la présente instance. En tout état de cause, la requérante n’a pas formé de conclusions tendant à la suspension de l’exécution de la mesure d’éloignement contestée. Elle n’est, par suite, pas fondée à soutenir que la décision est entachée d’une erreur d’appréciation de sa situation.
Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d’annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
Compte tenu de ce qui a été dit précédemment, la requérante n’est pas fondée à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français aurait été prise sur le fondement d’une décision portant obligation de quitter le territoire français illégale. L’exception d’illégalité soulevée par la requérante ne peut, dès lors, pas être accueillie.
Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doivent être rejetées.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 :
Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.
Délibéré après l’audience du 30 juin 2026, à laquelle siégeaient :
Mme Haudier, présidente,
Mme Foucher, première conseillère,
M. Muller, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 août 2026.
La rapporteure,
A.-V. Foucher
La présidente,
G. Haudier
La greffière,
C. Haas
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Par une requête, enregistrée le 1er août 2025, Mme B... A... épouse C..., représentée par Me Olszakowski, demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 25 juillet 2025 par lequel le préfet de la Moselle a retiré son attestation de demande d’asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d’un an.
Elle soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d’un défaut d’examen sérieux de sa situation, dès lors qu’elle a sollicité son admission à l’aide juridictionnelle en vue de former un recours à l’encontre de la décision de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides rejetant comme irrecevable sa demande d’asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d’une erreur d’appréciation, pour les mêmes motifs ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée en conséquence de l’annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, laquelle est illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 août 2025, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu’aucun des moyens soulevés par la requérante n’est fondé.
Mme A... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Strasbourg du 20 novembre 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Foucher,
- les observations de Me Olszakowski, reprénsentant Mme A....
Considérant ce qui suit :
Mme A..., ressortissante albanaise, née le 6 août 1958, est entrée en France le 27 février 2025 selon ses déclarations. Par un arrêté du 25 juillet 2025, le préfet de la Moselle a retiré son attestation de demande d’asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d’un an. Par la présente requête, Mme A... demande au tribunal d’annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d’annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :
En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, dès lors, suffisamment motivée.
En deuxième lieu, alors au demeurant que la requérante n’établit pas avoir déposé une demande d’aide juridictionnelle auprès de la Cour nationale du droit d’asile en vue de contester la décision de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides du 1er juillet 2025, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Moselle n’aurait pas procédé à un examen de sa situation personnelle.
En troisième lieu, aux termes de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / (…) 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° (…) ». Aux termes des dispositions du d) du 1° de l’article L. 542-2 du même code : « Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : / (…) d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 (…) ». Aux termes de l’article L. 531-24 du même code : « L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : / 1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr au sens de l'article L. 531-25 (…) ». En vertu d’une décision du conseil d’administration de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides adoptée le 9 octobre 2015, applicable à la date de la décision attaquée, la république d’Albanie est au nombre des pays d’origine sûrs.
Il ressort des pièces du dossier que la demande d’asile de la requérante a été rejetée par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides le 1er juillet 2025 en application des dispositions du 1° de l’article L. 531-24 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Ainsi, en vertu des dispositions citées au point précédent, la requérante ne disposait pas du droit de se maintenir sur le territoire français, alors même qu’elle aurait formé une demande d’aide juridictionnelle devant la Cour nationale du droit d’asile, ce qu’elle n’établit pas dans la présente instance. En tout état de cause, la requérante n’a pas formé de conclusions tendant à la suspension de l’exécution de la mesure d’éloignement contestée. Elle n’est, par suite, pas fondée à soutenir que la décision est entachée d’une erreur d’appréciation de sa situation.
Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d’annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
Compte tenu de ce qui a été dit précédemment, la requérante n’est pas fondée à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français aurait été prise sur le fondement d’une décision portant obligation de quitter le territoire français illégale. L’exception d’illégalité soulevée par la requérante ne peut, dès lors, pas être accueillie.
Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doivent être rejetées.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 :
Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.
Délibéré après l’audience du 30 juin 2026, à laquelle siégeaient :
Mme Haudier, présidente,
Mme Foucher, première conseillère,
M. Muller, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 août 2026.
La rapporteure,
A.-V. Foucher
La présidente,
G. Haudier
La greffière,
C. Haas
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,