Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 19 mai, 15 et 18 juin 2026, Mme D... A... et M. B... C..., représentés par la SELARL Le Temps des Droits, demandent au juge des référés :
1°) de prononcer leur admission provisoire à l’aide juridictionnelle ;
2°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 16 avril 2026 par laquelle la cheffe d’établissement de la maison d’arrêt de Strasbourg a retiré le permis de visite de Mme A... ;
3°) d’enjoindre à la cheffe d’établissement de la maison d’arrêt de Strasbourg de rétablir sans délai le permis de visite de Mme A..., sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros à verser à Me Poinsignon en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou la somme de 1 500 euros à verser à chacun d’eux en cas de rejet de leur demande d’admission définitive à l’aide juridictionnelle.
Ils soutiennent que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors que Mme A... est privée de tout contact direct avec son fils, lequel vit mal cette situation ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée les moyens tirés de ce que : elle a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire ; elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l’article L. 341-7 du code pénitentiaire ; elle est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 juin 2026, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au non-lieu à statuer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code pénitentiaire ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Rees, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Lors de l’audience du 19 juin 2026, tenue en présence de Mme Immelé, greffière d’audience, ont été entendus :
- le rapport de M. Rees ;
- les observations de Me Rosenstiehl, avocat de Mme A... et M. C....
Le garde des sceaux, ministre de la justice, n’était ni présent, ni représenté.
La clôture de l’instruction est intervenue à l’issue de l’audience en application du premier alinéa de l’article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :
Aux termes de l’article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d’urgence, (…) l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée (…) par la juridiction compétente (…) ».
Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de prononcer l’admission provisoire de Mme A... et M. C... à l’aide juridictionnelle.
Sur la demande de suspension :
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ».
Il résulte de l’instruction que, par décision du 17 juin 2026, la cheffe d’établissement de la maison d’arrêt de Strasbourg a retiré la décision contestée. Les conclusions tendant à la suspension de l’exécution de cette dernière ont ainsi perdu leur objet en cours d’instance. Dès lors, il n’y a pas lieu de statuer sur ces conclusions et sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte qui les accompagnent.
Sur les frais de l’instance :
Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros à verser à Mme A....
O R D O N N E :
Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension, d’injonction et d’astreinte de la requête.
L’Etat versera à Mme A... la somme de 2 000 (deux mille) euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... A..., à M. B... C..., au garde des sceaux, ministre de la justice et à la SELARL Le Temps des Droits.
Fait à Strasbourg, le 1er juillet 2026.
Le juge des référés,
P. Rees
La République mande et ordonne au ministre de la justice, garde des sceaux en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,