Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 mai 2026 et un mémoire en réplique enregistré le
15 juin 2026, Mme C... B..., représentée par la SELARL Astera Avocats, dans le dernier état de ses écritures, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L.521-3 du code de justice administrative ;
1°) d’enjoindre à la direction régionale de l’environnement de l’aménagement et du logement (DREAL) Grand Est de lui communiquer le rapport de diagnostic des facteurs de risques psychosociaux rédigé par Mme E... A..., dans un délai de 5 jours à compter de la notification de la présente ordonnance, et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de la DREAL Grand Est la somme de 1 200 euros au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie et la mesure sollicitée est utile dès lors que la communication immédiate de l’entier rapport réalisé par Mme A... est nécessaire à la sauvegarde de son droit statutaire à la reconnaissance de sa pathologie en tant que maladie professionnelle en ce qu’elle lui permettra d’apporter une preuve globale du lien direct entre ses conditions de travail et sa pathologie ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative dès lors que la transmission de la seule partie du rapport de Mme A... la concernant traduit une absence de transparence de la part de l’administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juin 2026, le préfet de la région Grand Est conclut au rejet de la requête.
Il soutient que ;
l’urgence n’est pas caractérisée dès lors que la requérante ne dispose d’aucun droit acquis à se voir octroyer un congé pour invalidité temporaire imputable au service ;
la mesure sollicitée n’est pas utile dès lors que la communication du rapport d’évaluation du fonctionnement du service établi par Mme A... ne lui apporterait aucune preuve médicale susceptible d’établir le lien direct et certain entre sa maladie et l’exercice de ses fonctions ;
l’absence de communication de l’intégralité du rapport par l’administration ne traduit pas une absence de transparence mais une préservation du collectif de travail dès lors que
celui-ci comporte des informations personnelles sur les agents du service.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. D... pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision. ».
Saisi, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.
Pour justifier de l’urgence et de l’utilité à se voir communiquer l’intégralité du rapport établi par Mme A..., psychologue du travail et des organisations, établissant un diagnostic des risques psychosociaux et des conditions de travail au sein de l’unité départementale de Mulhouse de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) de la région Grand Est, Mme B... soutient que cette communication lui est nécessaire dans le cadre de sa procédure de reconnaissance de son trouble anxio-dépressif en tant que maladie professionnelle et notamment dans le cadre de sa convocation auprès du conseil médical le 2 juillet 2026. Toutefois, Mme B..., qui ne s’est vu communiquer que la partie de ce rapport la concernant, n’établit pas avoir sollicité la communication de l’entier rapport auprès de son employeur. Par ailleurs, le conseil médical pourra, s’il l’estime utile, solliciter la communication de ce rapport avant de statuer sur la situation de Mme B.... Par suite, les conditions d’urgence et d’utilité qu’il y aurait à enjoindre à la DREAL Grand Est de communiquer à Mme B... le rapport de diagnostic des facteurs de risques psychosociaux rédigé par Mme A... ne sauraient être regardées comme remplies.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B... sur le fondement des dispositions de l’article L.521-3 du code de justice administrative doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B... et à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement de la région Grand Est.
Fait à Strasbourg, le 1er juillet 2026.
Le juge des référés,
M. D...
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Lamoot