Le Tribunal administratif de Lyon, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de M. A... B... visant à obtenir l'exécution d'une décision de la commission de médiation DALO. Le tribunal a jugé le recours manifestement irrecevable pour cause de tardiveté, celui-ci ayant été introduit en octobre 2025 alors que le délai de quatre mois pour agir, prévu par les articles R. 778-2 du code de justice administrative et R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation, expirait en octobre 2023. La décision précise que ce rejet ne remet pas en cause le bénéfice de la reconnaissance de priorité et d'urgence par la commission.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 octobre 2025, M. A... B..., demande au tribunal d’enjoindre à la préfète du Rhône d’assurer son relogement conformément à la décision de la commission de médiation droit au logement opposable du Rhône du 6 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...), les premiers vice-présidents des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; »
2. Aux termes des dispositions du I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation : « Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. (…) ». Dans le département du Rhône et en vertu des dispositions de l’article R. 441-16-1 du code de la construction et de l’habitation, le recours prévu au I de l’article L. 441‑2‑3‑1 du code de la construction et de l’habitation peut être introduit par le demandeur qui n’a pas reçu d’offre de logement à l’expiration d’un délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation. Et aux termes de l’article R. 778-2 du code de justice administrative : « Les requêtes mentionnées à l’article R. 778-1 sont présentées dans un délai de quatre mois à compter de l’expiration des délais prévus aux articles R. 441-16-1, R. 441-17 et R. 441-18 du code de la construction et de l’habitation. Ce délai n’est toutefois opposable au requérant que s’il a été informé, dans la notification de la décision de la commission de médiation ou dans l’accusé de réception de la demande adressée au préfet en l’absence de commission de médiation, d’une part, de celui des délais mentionnés aux articles R. 441-16-1, R. 441-17 et R. 441-18 de ce code qui était applicable à sa demande et, d’autre part, et du délai prévu par le présent article pour saisir le tribunal administratif. (…) ».
3. Par une décision du 6 décembre 2022 qui mentionnait l’ensemble des voies et délais de recours applicables, la commission de médiation droit au logement opposable du Rhône a reconnu prioritaire et urgent le relogement de M. A... B..., qui avait jusqu’au 9 octobre 2023 pour exercer un recours dans l’hypothèse où aucune proposition de logement adapté ne lui aurait été faite avant le 6 juin 2023. En dépit de ces mentions, la requête de M. A... B... été adressée le 13 octobre 2025 et n’a été enregistrée au tribunal que le 15 octobre 2025, soit au-delà du délai qui lui était imparti pour exercer son recours. Dans ces conditions, en l’absence de circonstance particulière, la requête est manifestement tardive et doit être rejetée en application des dispositions citées au point 1. La présente ordonnance ne fait cependant pas obstacle à ce que M. A... B... conserve le bénéfice de la décision de la commission de médiation droit au logement opposable du Rhône du 6 décembre 2022.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 12 mars 2026.
Le premier vice-président,
Juan Segado
La République mande et ordonne au/à la préfète du Rhône en ce qui le/la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier