Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé, a enjoint à la préfète du Rhône de fixer un rendez-vous à une étrangère pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, considérant que l'impossibilité durable d'obtenir ce rendez-vous constituait une urgence justifiant une mesure utile. Le juge a appliqué l'article L. 521-3 du code de justice administrative pour ordonner cette injonction et l'article L. 761-1 du même code pour condamner l'État à verser 400 euros à la requérante au titre des frais d'instance. La préfète a été sommée de communiquer la date de rendez-vous avant le 6 avril 2026.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 février 2026, Mme B... C... épouse A..., représentée par Me Lantheaume, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
- d’enjoindre à la préfète du Rhône de la convoquer dans le délai d’un mois en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour ;
- de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l’urgence est constituée du fait de l’impossibilité durable dans laquelle elle se trouve de prendre rendez-vous en préfecture, que la mesure sollicitée est utile et qu’elle ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône, qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d’injonction :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ».
2. Eu égard au droit de Mme A... de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l’autorité administrative de lui fixer dans un délai raisonnable un rendez-vous en vue de la recevoir et de procéder le cas échéant à l’enregistrement de la demande de titre de séjour qu’elle entend déposer. Alors que Mme A... justifie des démarches réitérées qu’elle a vainement entreprises en vue de se voir fixer un rendez-vous depuis le mois de décembre 2022, y compris dans la période récente et avant de saisir le tribunal, il y a lieu de faire injonction à la préfète du Rhône de communiquer avant le 6 avril 2026 une date de rendez-vous à Mme A... en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour.
Sur les frais liés au litige :
3. Dans les circonstances de l’espèce et en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat le versement à Mme A... de la somme de 400 euros au titre des frais d’instance.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la préfète du Rhône de communiquer avant le 6 avril 2026 une date de rendez-vous à Mme C... épouse A... en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour.
Article 2 : L’Etat versera à Mme C... épouse A... la somme de 400 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :
La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... C... épouse A... et à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 24 mars 2026.
Le juge des référés,
A. Gille
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier.