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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2603405

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2603405

mardi 31 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2603405
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL BSG AVOCATS ET ASSOCIES

Résumé IA

Sujet principal : Demande de suspension en référé d'une décision préfectorale refusant la délivrance d'un duplicata de titre de séjour. Juridiction : Tribunal Administratif de Lyon (juge des référés). Solution retenue : Le juge rejette la demande de suspension, estimant que le requérant n'a pas justifié de l'urgence requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Textes appliqués : Articles L. 521-1, L. 522-3 et R. 522-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 mars 2026, M. B..., représenté par la société BSG Avocats et associés (Me Guillaume), demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

de suspendre l’exécution de la décision du 5 mars 2025 par laquelle la préfète du Rhône a clôturé sa demande tendant à la délivrance d’un duplicata de son titre de séjour ;

d’enjoindre à la préfète du Rhône de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

de mettre à la charge de l’État la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier et la requête enregistrée sous le n° 2603404 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision en litige.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Aux termes l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». Le premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code précise que : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. » En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie.

L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier si la condition d’urgence est remplie compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence est en principe satisfaite dans le cas d’un refus de renouvellement ou d’un retrait du titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

Pour justifier de l’urgence à suspendre la décision en litige, laquelle n’est pas en l’espèce présumée s’agissant d’une demande de duplicata, M. B... fait valoir que, s’il parvient à continuer à travailler, il ne peut plus voyager et s’expose à des difficultés dans le cadre du renouvellement de son certificat de résidence, dont il a gardé une photocopie, qui arrive à expiration d’ici quelques mois. Ces circonstances ne sont pas suffisantes pour établir l’existence d’une atteinte grave et immédiate par l’intervention de la décision en litige, qu’il a mis près d’un an à contester, de nature à caractériser que la condition d’urgence exigée par les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie. Dès lors, la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B....



Fait à Lyon, le 31 mars 2026.


Le juge des référés,



R. Reymond-Kellal


La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier


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