Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2610576

samedi 1 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2610576
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL PERRON ET ASSOCIES AVOCATS

Texte intégral

Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2026, M. B... A..., représenté par Me Perron, avocat, demande au juge des référés du tribunal :
1°) de suspendre, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution de la décision du 1er juin 2026 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Givors a suspendu le versement de sa part variable de rémunération à compter de la paie de juin 2026 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Givors une somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- il y a urgence à suspendre l’exécution de la décision contestée ;
- la décision attaquée est entachée de doutes sérieux quant à sa légalité ; en effet,
elle est entachée d’incompétence de son auteur ;
elle a été prise sans procédure d’évaluation contradictoire préalable, en méconnaissance des articles 2 et 3 de l’arrêté du 5 février 2022 fixant le montant et les modalités de versement de la part variable des praticiens recrutés par les établissements publics de santé en application du 2° de l’article R. 6152-338 du code de la santé publique ;
elle est insuffisamment motivée ;
elle est fondée sur une « enquête » dont il conteste les résultats, dès lors que cette « enquête » est fondée sur un inducteur constaté lors d’une évaluation intervenue à une période où il n’exerçait pas ses fonctions sous le statut de praticien contractuel et tenant compte de secteurs autres que ceux qui sont sous sa responsabilité et dont le « mauvais score » est dû à une désorganisation de l’établissement et que les griefs qui lui sont reprochés par des familles de résidents sont sans lien avec ses objectifs contractuels ;
elle est entachée d’un détournement de procédure ;
elle est entachée d’une erreur manifeste d'appréciation.



Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2610574 tendant notamment à l’annulation pour excès de pouvoir de la décision contestée.


Vu :
- le code de la santé publique ;
- l’arrêté du 5 février 2022 fixant le montant et les modalités de versement de la part variable des praticiens recrutés par les établissements publics de santé en application du 2° de l’article R. 6152-338 du code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné M. Drouet, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.




Considérant ce qui suit :



Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. » Selon l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. »

Aucun des moyens susvisés et invoqués par M.
A... à l’encontre de la décision du 1er juin 2026 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Givors a suspendu le versement de sa part variable de rémunération à compter de la paie de juin 2026, n’est manifestement de nature, au vu de la requête, à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions à fin de suspension de la requête n° 2610576 selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 précité du code de justice administrative. Par voie de conséquence, doivent être rejetées les conclusions de cette même requête tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.




ORDONNE :


Article 1er : La requête n° 2610576 est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....




Fait à Lyon, le 1er août 2026.




Le juge des référés,




H. Drouet






La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Une greffière,