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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2503975

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2503975

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2503975
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1re Section - 1re Chambre - R.222-13

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 février 2025, M. A... B... demande au tribunal de prononcer la décharge de la taxe d’habitation pour l’année 2024 pour l’appartement dont il est propriétaire sis 46 rue Botzaris à Paris (20ème arrondissement).

Il soutient que :
- le logement dans lequel il réside rue Botzaris est nécessairement sa résidence principale, dès lors qu’il ne dispose en France d’aucune autre résidence, justifiant d’une exonération de la taxe d’habitation ;
- il doit également être exonéré de taxe d’habitation en conséquence de son statut de fonctionnaire d’une organisation internationale, en application de l’article 13 du protocole sur les privilèges et immunités de l’Union européenne ;
- cette imposition révèle une inégalité au regard du traitement accordé par l’administration fiscal à ses collègues placés dans la même situation que lui.


Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2025, le directeur régional des finances publiques d’Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :
- la requête est irrecevable, la saisine du conciliateur fiscal ne pouvant remplacer la réclamation fiscale préalable prévue par les dispositions de l’article R. 199-1 du livre des procédures fiscales
- en tout état de cause, le moyen de la requête n’est pas fondé.

Par une ordonnance du 20 avril 2026, la clôture de l’instruction a été fixée au 5 mai 2026.


Vu :
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- les autres pièces des dossiers.

Vu :
- le protocole du 28 avril 1965 sur les privilèges et immunités des Communautés européennes ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus lors de l’audience publique :
- le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée,
- et les conclusions de M. Pertuy, rapporteur public.



Considérant ce qui suit :

En 2024, M. B... a été assujetti à la taxe d’habitation sur les résidences secondaires pour un logement dont il est propriétaire sis dans un immeuble au 46 rue Botzaris à Paris (20ème) pour la somme de 2 722 euros. Le 6 décembre 2024, il a formé une réclamation contentieuse en vue d’obtenir le dégrèvement de cette taxe. Il a été partiellement fait droit à sa réclamation le 12 décembre 2024, le service ayant estimé qu’étant contraint de résider dans un lieu distinct de celui de son habitation principale au sens de l’article 1407 ter du code général des impôts, M. B... devait être exonéré de la majoration pour résidence secondaire pour cet appartement parisien. Un dégrèvement lui a été accordé, ramenant l’imposition à la somme de 1 670 euros. Par la présente requête, M. B... sollicite la décharge de cette imposition.

Sur les conclusions à fin de décharge :

Aux termes de l’article 1407 ter du code général des impôts dans sa rédaction applicable au présent litige : « I. – Dans les communes classées dans les zones géographiques mentionnées au I de l'article 232, le conseil municipal peut, par une délibération prise dans les conditions prévues à l'article 1639 A bis, majorer d'un pourcentage compris entre 5 % et 60 % la part lui revenant de la cotisation de taxe d'habitation sur les résidences secondaires et autres locaux meublés non affectés à l'habitation principale due au titre des logements meublés. (…) II. – Sur réclamation présentée dans le délai prévu à l'article R. * 196-2 du livre des procédures fiscales et dans les formes prévues par ce même livre, bénéficient d'un dégrèvement de la majoration : 1° Pour le logement situé à proximité du lieu où elles exercent leur activité professionnelle, les personnes contraintes de résider dans un lieu distinct de celui de leur habitation principale (…) ».

En premier lieu, M. B... soutient qu’il ne possède en France que le bien immobilier soumis à la taxe en litige ce qui exclut toute qualification de résidence secondaire et qu’il y réside « en permanence » compte tenu de son activité professionnelle en région parisienne en tant que fonctionnaire auprès de l’Agence bancaire européenne dont le siège est dans les Hauts-de-Seine. Toutefois, il résulte de l’instruction, et n’est pas sérieusement contesté par M. B... qui n’allègue pas avoir en France, à Paris, sa résidence principale, que le requérant a sa résidence principale au Luxembourg et qu’il réside à Paris pour sa seule activité professionnelle. En outre et alors que l’appréciation du caractère principal ou secondaire d’une résidence ne s’opère pas à l’échelle du territoire national, mais à l’échelle internationale, la circonstance que M. B... n’ait pas en France de résidence principale ne fait pas obstacle à ce que le logement qu’il détient soit considéré comme résidence secondaire, dès lors qu’il est établi qu’il a sa résidence principale à l’étranger. Dès lors, c’est à bon droit que l’administration a considéré que le logement parisien de M. B..., qui n’était pas sa résidence principale, était un local non affecté à l’habitation principale au sens des dispositions de l’article 1407 ter du code général des impôts

En deuxième lieu, M. B... se prévaut de ce qu’il n’est pas imposé par la France sur le revenu qu’il tire de son activité professionnelle, en application de l’article 12 du protocole du 28 avril 1965 sur les privilèges et immunités des Communautés européennes, en déduisant qu’il doit être regardé comme ayant uniquement conservé dans son pays d’origine sa résidence au sens des dispositions de l’article 13 de ce protocole. Toutefois il résulte des termes mêmes de l’article 13 que les règles qu’il fixe ne sont applicables qu’en ce qui concerne les impôts sur les revenus et sur la fortune, les droits de successions ainsi que pour l’application des conventions tendant à éviter les doubles impositions conclues entre les pays membres de l'Union. Par conséquent et dès lors que les impôts fonciers relatifs aux biens détenus à titre personnel par les agents de l’Union européenne dans les pays de l’Union européenne ne sont pas couverts par ces stipulations, le requérant ne peut utilement s’en prévaloir pour en déduire un droit à exonération de la taxe d’habitation. Le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 13 du protocole du 28 avril 1965 sur les privilèges et immunités des Communautés européennes est inopérant et doit être écarté.

5.En dernier lieu, si le requérant se prévaut d’une inégalité de traitement au motif que ses collègues de l’Agence bancaire européenne, qui seraient selon lui placés dans la même situation que lui, bénéficient d’une exonération de la taxe d’habitation, le requérant ne peut se prévaloir de la situation d’autres contribuables alors que l’imposition le concernant a été légalement établie.

6.Il résulte de tout ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de M. B... doit être rejetée.





D E C I D E :




Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.



Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au directeur régional des finances publiques d’Ile-de-France et de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.
La magistrate désignée,


Signé


M. MONTEAGLELa greffière,


Signé


S. RUBIRALTA

La République mande et ordonne au ministre chargé de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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