Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 février 2025, M. A... B..., représenté par Me Raindre, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction, à concurrence respectivement, en droits, de 718 euros et de 734 euros, des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties mises à sa charge au titre des années 2023 et 2024 à raison d’un immeuble situé 136 avenue Parmentier à Paris (75011) ;
2°) de condamner l’Etat au paiement des intérêts moratoires sur le fondement de l’article L. 208 du livre des procédures fiscales ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la délibération n° 2022-DFA 83 du 14 décembre 2022 portant hausse du taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties méconnaît :
-le principe du consentement à l’impôt dès lors que la maire de Paris avait expressément indiqué dans ses engagements ne pas procéder à une augmentation de la taxe foncière pour les propriétaires d’immeubles situés dans la ville de Paris ;
-le droit de propriété dès lors que l’augmentation excessive du taux communal présente un caractère confiscatoire ;
-le principe d’égalité devant les charges publiques puisque la hausse des recettes de la taxe foncière sur les propriétés bâties à vocation à garantir la qualité des services publics municipaux alors qu’une partie des propriétaires n’en bénéficient pas ;
-les principes de sécurité juridique et de confiance légitime consacrés respectivement par l’article 16 de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen et par les principes généraux du droit de l’Union européenne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mai 2025, le directeur régional des finances publiques d’Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 5 mai 2026, la clôture de l’instruction a été fixée au
20 mai 2026 à 12 h 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Truilhé ;
- et les conclusions de M. Pertuy, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1 Par la présente requête, M. A... B... demande au tribunal de prononcer la réduction, à concurrence respectivement, en droits, de 718 euros et de 734 euros, des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties mises à sa charge au titre des années 2023 et 2024 à raison d’un immeuble situé 136 avenue Parmentier à Paris (75011).
2. En premier lieu, aux termes de l’article 1636 B septies du code général des impôts : « I. – Les taux des taxes foncières et de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires votés par une commune ne peuvent excéder deux fois et demie le taux moyen constaté l'année précédente pour la même taxe dans l'ensemble des communes du département ou deux fois et demie le taux moyen constaté au niveau national s'il est plus élevé (…) ».
3. M. B... soutient à l’appui de ses conclusions aux fins de réduction que la délibération n°2022-DFA 83 du 14 décembre 2022 fixant, notamment, le taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour la ville de Paris à compter de l’année 2023 méconnaît les principes du consentement à l’impôt, d’égalité devant les charges publiques et de sécurité juridique ainsi que le droit de propriété. Il résulte de l’instruction que, bien que, le taux fixé pour la taxe foncière sur les propriétés bâties soit en forte augmentation par rapport à celui des années précédentes, il n’est pas contesté que ce taux n’excède pas les limites fixées par les dispositions du code général des impôts précitées qui plafonnent les taux en fonction de moyennes départementales et nationales. Par suite, il y a lieu d’écarter les moyens comme étant inopérants à l’appui des conclusions aux fins de décharge du paiement de la taxe foncière pour les années 2023 et 2024.
4. En second lieu, le principe de confiance légitime, qui est au nombre des principes généraux du droit de l’Union européenne, ne trouve à s’appliquer dans l’ordre juridique national que dans le cas où la situation juridique dont a à connaître le juge administratif français est régie par le droit de l’Union européenne, ce qui n’est pas le cas s’agissant de l’application des dispositions relatives à la taxe foncière sur les propriétés bâties. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au directeur régional des finances publiques d’Ile-de-France et de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.
Le président-rapporteur
La greffière
Signé
Signé
J-C. TRUILHÉ
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.