Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 avril 2025, la société à responsabilité limitée CLEARAGE, représentée par Me Delpeyroux, demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre des exercices clos les 30 juin 2019, 2020 et 2021.
Elle soutient que :
les rehaussements à l’impôt sur les sociétés et les rappels de TVA prononcés aux termes de la proposition de rectification du 12 juillet 2023 au titre de l’exercice clos le 30 juin 2019 étaient prescrits à cette date, dès lors que le délai de reprise de trois ans dont dispose l’administration était arrivé à expiration le 31 décembre 2022 ;
c’est à tort que le service a intégré aux opérations imposables à la TVA et regardé, en matière d’impôt sur les sociétés, comme des omissions de recettes les versements effectués sur le compte ouvert auprès de la BANCA MONTE PASCHI DI SIENA, de tels versements ne lui étant pas imputables en raison d’une usurpation d’identité dont elle et son gérant ont été victimes de la part de M. A... F..., administrateur unique de la société CLEARAGE ITALIA ;
les frais de déplacement relatifs aux trajets entre la Corse, domicile de son gérant, et Paris et Toulon doivent être regardés comme ayant été engagés dans l’intérêt de la société, dès lors que l’activité de la société, consistant dans la fourniture de prestations informatiques, était réalisée en partie depuis le domicile du gérant ou de ses salariés dans le cadre du télétravail ;
s’agissant des autres frais de déplacement, les frais afférents aux factures Corsicatours n° 964180963 et n° 964180783 correspondent au déplacement de M. G... et de M. D... à Denver pour assister au salon audio vidéo CEDIA, la note de frais de M. D... d’un montant de 882,27 euros du 31 janvier 2020 correspond au déplacement de M. D... au salon audio vidéo à Tampa en Floride, la note de frais du même jour d’un montant de 384,42 euros correspond au déplacement de ce dernier au salon ISE à Amsterdam et la facture Corsicatours n° 9641185171 d’un montant de 568 euros du 1er février 2020 correspond à la réservation à Sofia en Roumanie (sic) de M. B... pour un déplacement prévu pour prospection ;
s’agissant des achats de matériel, le fait que certains matériels, dont il est démontré qu’il s’agit de matériel informatique professionnel utilisé par la société pour son activité, aient été livrés aux domiciles personnels du dirigeant et des salariés est justifié par la circonstance qu’ils exercent leur activité depuis leurs domiciles ;
la facture Castorama de 875,80 euros du 14 août 2020 correspond à la pose de sol stratifié au siège social pour éviter les dégradations lors de la manipulation des matériels et permettre l’isolation des matériels électroniques et les factures Amazon de 504,16 euros et 102,78 euros du 16 mars 2021 correspondent à la sécurisation des locaux du siège social et non à leur entretien et à la prise en charge des rampes de chargement pour éviter les dégradations et faciliter les livraisons des matériels ;
la commission de 2 500 euros versée à Mme E..., propriétaire de la maison louée par M. C..., est la contrepartie de son accord à l’installation d’une salle home cinéma au profit de son locataire ;
les frais de restaurant et d’hôtel à Toulon et Paris sont liés aux nécessaires déplacements au lieu du siège social ou pour visiter des clients ;
les amendes prononcées sur le fondement de l’article 1759 du code général des impôts sont infondées, d’une part, s’agissant de celle prononcée aux termes de la proposition de rectification du 18 juillet 2023 au titre des revenus réputés distribués au titre de l’exercice clos le 30 juin 2019, en raison de la prescription du délai de reprise et, d’autre part, s’agissant de celle prononcée au titre des dépenses regardées comme n’ayant pas été engagées dans l’intérêt de l’entreprise, en raison de leur caractère justifié.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 octobre 2025, le directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Ouest conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
Par ordonnance du 21 avril 2026, la clôture d’instruction a été fixée au 6 mai 2026.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Ostyn,
- et les conclusions de M. Pertuy, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
La société à responsabilité limitée CLEARAGE a fait l’objet d’une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er juillet 2018 au 30 juin 2021. A l’issue des opérations de contrôle et au terme d’une procédure de rectification contradictoire, sauf pour les rehaussements à l’impôt sur les sociétés prononcés au titre de l’exercice clos en 2020 pour lesquels la procédure de taxation d’office prévue par le 2° de l’article L. 66 du livre des procédures fiscales a été appliquée, la société CLEARANCE a été assujettie, par deux propositions de rectification des 12 décembre 2022 et 18 juillet 2023 à des suppléments d’imposition à l’impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) au titre de la période contrôlée, assortis des intérêts de retard en application de l’article 1727 du code général des impôts. La majoration de 10 % pour dépôt tardif au titre des exercices clos en 30 juin 2019 et 2021, prévue à l’article 1728 du code général des impôts, a été appliquée aux rehaussements opérés en matière d’impôt sur les sociétés, la majoration de 40 % pour manquement délibéré prévue au a de l’article 1729 du même code l’a été aux rehaussements relatifs aux dépenses regardées comme non engagées dans l’intérêt de l’entreprise et aux omissions de recettes et une amende de 5% pour non auto-liquidation en matière de TVA a été appliquée sur le fondement de l’article 1788 A du même code au titre de l’exercice clos au 30 juin 2019. Enfin, par courrier du 8 novembre 2023, le service a infligé à la société CLEARANCE l’amende de 100 % prévue par l’article 1759 du code général des impôts en l’absence de désignation, sollicitée sur le fondement de l’article 117 du même code, du bénéficiaire des revenus distribués. L’ensemble de ces impositions supplémentaires, pénalités et amendes ont été mises en recouvrement le 31 juillet 2024. La société CLEARAGE en a demandé la décharge par une réclamation préalable du 13 septembre 2024. Sa demande ayant fait l’objet d’une décision d’admission partielle le 14 mars 2024, elle réitère ses prétentions devant le tribunal de céans pour les impositions laissées à sa charge.
Sur le bien-fondé des impositions :
En premier lieu, aux termes de l’article L. 169 du livre des procédures fiscales : « Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due. ». Aux termes de l’article L. 188 A du même livre : « Lorsque l'administration a, dans le délai initial de reprise, demandé à l'autorité compétente d'un autre Etat ou territoire des renseignements concernant un contribuable, elle peut réparer les omissions ou les insuffisances d'imposition afférentes à cette demande, même si le délai initial de reprise est écoulé, jusqu'à la fin de l'année qui suit celle de la réception de la réponse et, au plus tard, jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant celle au titre de laquelle le délai initial de reprise est écoulé. / Le présent article s'applique dans la mesure où le contribuable a été informé de l'existence de la demande de renseignements dans le délai de soixante jours suivant son envoi ainsi que de l'intervention de la réponse de l'autorité compétente de l'autre Etat ou territoire dans le délai de soixante jours suivant sa réception par l'administration. ».
Il résulte de l’instruction que les rehaussements prononcés par le service à l’égard de la société requérante au titre de l’exercice clos le 30 juin 2019, pour lequel le délai de reprise dont disposait l’administration arrivait en principe, en vertu des dispositions de l’article L. 169 du livre des procédures fiscales précité, à échéance le 31 décembre 2022, procèdent exclusivement de la réponse apportée par les autorités italiennes à la demande d’assistance mutuelle internationale présentée par l’administration fiscale française. Il résulte également de l’instruction que, conformément à l’article L. 188 A du livre des procédures fiscales, cette demande a été présentée aux autorités italiennes le 1er décembre 2022, soit dans le délai de reprise, et que la société CLEARANCE en a été informée par lettre du 8 décembre 2022, reçue le 10 décembre suivant, c’est-à-dire dans le délai de soixante jours prévu au deuxième alinéa de cet article. Enfin, la société requérante a été informée, dans le même délai, par courrier du 15 mai 2023, reçu le 30 mai suivant, de la réponse apportée par les autorités italiennes le 9 mai 2023 à la demande d’assistance présentée par l’administration fiscale. Il s’ensuit que la société CLEARANCE n’est pas fondée à soutenir que les rehaussements à l’impôt sur les sociétés et les rappels de TVA prononcés au titre de l’exercice clos le 30 juin 2019 aux termes de la proposition de rectification du 12 juillet 2023 ont été notifiés par l’administration après expiration du délai de reprise.
En deuxième lieu, la société requérante fait valoir que c’est à tort que le service a intégré aux opérations imposables à la TVA et regardé, en matière d’impôt sur les sociétés, comme des omissions de recettes les versements effectués sur le compte ouvert auprès de la BANCA MONTE PASCHI DI SIENA, de tels versements ne lui étant pas imputables en raison d’une usurpation d’identité dont elle et son gérant ont été victimes de la part de M. A... F..., administrateur unique de la société CLEARAGE ITALIA, filiale à 50 % de la société CLEARAGE, créée par cette dernière en association avec M. F... afin d’ouvrir son activité au marché italien. La société CLEARAGE produit à l’instance, pour démontrer la réalité de ses allégations, les copies de la lettre adressée au procureur de la République le 22 août 2019 et du récépissé de dépôt de plainte pour escroquerie effectué auprès de la compagnie de gendarmerie de Porto-Vecchio le 10 décembre 2021. Néanmoins, comme le relève l’administration, alors que la société requérante a indiqué au service avoir, dès qu’elle a eu connaissance de l’usurpation d’identité, immédiatement informé la BANCA MONTE PASCHI DI SIENA et demandé de changer les codes d’accès au compte, elle n’a fourni au service aucun élément de nature à démontrer la réalité des échanges avec la banque et n’en produit pas davantage dans le cadre de la présente instance. En outre, il résulte des relevés de comptes bancaires reproduits dans la proposition de rectification du 18 juillet 2023 que les opérations sur ce compte se sont poursuivies au-delà du mois d’août 2019, date à laquelle l’usurpation était censée avoir pris fin. Enfin, il résulte de l’instruction que la société CLEARAGE a mis fin à sa relation d’affaires avec la société CLEARAGE ITALIA Srl par la signature le 4 novembre 2019, soit postérieurement à la découverte de l’usurpation d’identité alléguée, d’un accord de résolution amiable, sans qu’il soit fait mention de l’usurpation dont elle aurait fait l’objet de la part de l’administrateur unique de la société CLEARAGE ITALIA et sans que cette usurpation n’ait d’incidence sur les termes de l’accord ou son caractère amiable. Dans ces conditions, l’administration a pu valablement intégrer aux opérations imposables à la TVA et regarder, en matière d’impôt sur les sociétés, comme des omissions de recettes les versements effectués sur le compte ouvert auprès de la BANCA MONTE PASCHI DI SIENA.
En troisième et dernier lieu, aux termes de l’article 39 du code général des impôts applicable à l’impôt sur les sociétés sur renvoi de l’article 209 du même code : « 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature (…). ».
Si, en vertu des règles gouvernant l’attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d’établir les faits qu’elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu’une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu’à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l’application des dispositions précitées du code général des impôts, de justifier tant du montant des charges qu’il entend déduire du bénéfice net défini à l’article 38 du code général des impôts que de la correction de leur inscription en comptabilité, c’est-à-dire du principe même de leur déductibilité. Le contribuable apporte cette justification par la production de tous les éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l’existence et la valeur de la contrepartie qu’il en a retirée. Dans l’hypothèse où le contribuable s’acquitte de cette obligation, il incombe ensuite au service, s’il s’y croit fondé, d’apporter la preuve de ce que la charge en cause n’est pas déductible par nature, qu’elle est dépourvue de contrepartie, qu’elle a une contrepartie dépourvue d’intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive.
S’agissant des frais de déplacement du gérant et de sa compagne au départ ou à destination de la Corse, il résulte de l’instruction que le siège social de la société requérante était situé à Toulon jusqu’au 25 juillet 2019 puis à Tigy dans le Loiret et que M. B... et sa compagne, qui travaillait pour la société, disposaient en Corse de leur résidence secondaire, l’administration indiquant sans être contestée que leur résidence principale se trouvait à Paris. Si la société CLEARAGE fait valoir que ces frais de déplacement ont été pris en charge dans son intérêt, dès lors que son gérant et sa compagne télétravaillaient à partir de la Corse, elle n’apporte aucun élément de nature à tenir une telle affirmation pour établie, alors que l’administration relève à juste titre et sans être contredite que le choix de télétravailler à partir de la Corse relève d’un choix personnel. Il s’ensuit que le moyen tiré du caractère infondé des suppléments d’imposition mis à la charge de la requérante à raison de la remise en cause de la déduction des frais de déplacement du gérant et de sa compagne ne peut qu’être écarté.
S’agissant des autres frais de déplacement, la société CLEARANCE soutient que les frais afférents aux factures Corsicatours n° 964180963 et n° 964180783 correspondent au déplacement à Denver de M. G... et de M. D..., travaillant pour la société, afin d’assister au salon audio vidéo CEDIA, la note de frais de M. D... d’un montant de 882,27 euros du 31 janvier 2020 correspond au déplacement de M. D... au salon audio vidéo à Tampa en Floride, la note de frais du même jour d’un montant de 384,42 euros correspond au déplacement de ce dernier au salon ISE à Amsterdam et la facture Corsicatours n° 9641185171 d’un montant de 568 euros du 1er février 2020 correspond à la réservation à Sofia en Roumanie (sic) de M. B... pour un déplacement prévu pour prospection. Toutefois, alors que la preuve du caractère déductible des charges lui incombe ainsi qu’il a été dit au point 6, la société n’apporte aucun élément de nature à justifier de la réalité de ces allégations, les seules factures produites à l’instance ne suffisant pas à l’établir.
S’agissant des achats de matériel, la société CLEARAGE fait valoir que le fait que certains matériels, dont il est démontré qu’il s’agit de matériel informatique professionnel utilisé par la société pour son activité, aient été livrés aux domiciles personnels du dirigeant et des salariés est justifié par la circonstance qu’ils exercent leur activité depuis leurs domiciles. Elle produit à l’instance, pour le démontrer, des factures relatives à l’achat de serveurs de stockage en réseau livrés à l’adresse personnelle de M. B..., d’un processeur livré à l’adresse personnelle de M. G..., d’un graveur et d’enceintes sans fil. Cependant, alors que l’administration relève à juste titre que ces matériels n’ont aucunement été inscrits comme immobilisations en comptabilité par la société, celle-ci n’apporte à l’instance aucun élément autre que des factures pour justifier que les dépenses auraient été engagées dans son intérêt, pour son activité. En particulier, si elle explique que la facture SON VIDEO d’un montant de 412,50 euros du 10 avril 2020 correspondrait à du matériel acheté pour livraison au client MERCADE ESCIA, il résulte de l’instruction que cette facture mentionne trois enceintes sans fil alors que la facture adressée au client mentionne un serveur et du câblage. La société CLEARAGE n’apporte, par conséquent, pas la preuve du caractère déductible des achats de matériel en litige.
S’agissant des frais afférents au siège social situé à Tigy, la société CLEARAGE fait valoir que la facture « clôture électrique » de 563,25 euros du 21 avril 2020 correspond à la sécurisation des locaux du siège social, que la facture Castorama de 875,80 euros du 14 août 2020 correspond à la pose de sol stratifié au siège social pour éviter les dégradations lors de la manipulation des matériels et permettre l’isolation des matériels électroniques et les factures Amazon de 504,16 euros et 102,78 euros du 16 mars 2021 correspondent à la sécurisation des locaux du siège social et non à leur entretien et à la prise en charge. Cependant, il résulte de l’instruction que l’administration a admis en déduction les dépenses relatives à la facture Amazon de 102,78 euros et celles correspondant à l’achat d’un détecteur de fumée figurant, selon l’administration qui n’est pas contredite, sur la facture Amazon de 504,16 euros du 16 mars 2021, somme que la requérante soutient être déductible dans son intégralité de son résultat, sans le démontrer. Par ailleurs, la société ne justifie pas que l’achat de sol stratifié a été engagé dans son intérêt pour l’aménagement du bureau qu’occupe son siège social dans la propriété sous-louée à M. G..., alors qu’il n’est pas contesté que la société a consenti à ce dernier, aux termes du contrat de sous-location, une franchise de loyer en contrepartie de l’engagement du sous-locataire à prendre en charge les frais d’entretien et de fonctionnement inhérents au bien sous-loué. Enfin, la société ne justifie pas davantage que les dépenses relatives à l’achat d’une clôture électrifiée pour ovins auraient été engagées dans son intérêt. La société CLEARAGE n’apporte donc pas la preuve que les frais afférents à son siège social situé à Tigy dont elle se prévaut ont été engagés dans son intérêt et sont, ainsi, déductibles de son résultat imposable.
Enfin, la société CLEARAGE se borne à soutenir, sans l’établir, que la commission de 2 500 euros versée à Mme E..., propriétaire de la maison louée par M. C..., client de la société, serait la contrepartie de l’accord de cette dernière à l’installation d’une salle de home cinéma au profit de son locataire et que les frais de restaurant et d’hôtel à Toulon et Paris sont liés aux nécessaires déplacements au lieu du siège social ou pour visiter des clients.
Sur les amendes :
Il résulte de ce qui a été dit précédemment que la société CLEARAGE n’est pas fondée à soutenir que les amendes qui lui ont été infligées sur le fondement de l’article 1759 du code général des impôts seraient infondées en raison, s’agissant de celle prononcée au titre des revenus réputés distribués au titre de l’exercice clos le 30 juin 2019 aux termes de la proposition de rectification du 18 juillet 2023, de la prescription du délai de reprise et, s’agissant de celle prononcée au titre des dépenses regardées comme n’ayant pas été engagées dans l’intérêt de l’entreprise, de leur caractère justifié.
Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société CLEARAGE doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l’article
L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société CLEARAGE est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée CLEARAGE et à la directrice de la direction spécialisée de contrôle fiscale Centre-Ouest.
Délibéré après l'audience du 17 juin 2026, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
Mme Monteagle, première conseillère,
Mme Ostyn, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.
La rapporteure,
Signé
I. OSTYN
Le président,
Signé
J.-C. TRUILHÉ
La greffière,
Signé
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au ministre de l'action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.