Texte intégral
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 11 avril 2025, 23 décembre 2025 et 24 décembre 2025 sous le n° 2510022, M. A... C..., représenté par Me Benjamin, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la taxe d’habitation pour l’année 2023 et 2024 pour l’appartement sis 46/48 rue de Montreuil à Paris (11ème arrondissement) ;
2°) d’enjoindre au remboursement des sommes déjà réglées au titre de la taxe d’habitation pour ce logement ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- s’il est titulaire d’un bail à usage d’habitation sur un appartement sis 46/48 rue de Montreuil à Paris depuis le 1er novembre 2003, ce logement était occupé au 1er janvier 2023 et au 1er janvier 2024 par sa nièce, Mme B... ;
- ce logement ne lui a pas été loué meublé, puisque les meubles y ont été apporté après le 1er novembre 2003 par sa mère et lui-même, et non par le propriétaire, justifiant dès lors une exonération du paiement de la taxe d’habitation en application du 1° de l’article 1407 du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2025, le directeur régional des finances publiques d’Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 24 décembre 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 8 janvier 2026.
II. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 13 juin 2025, 23 décembre 2025 et 24 décembre 2025, M. A... C..., représenté par Me Benjamin, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la taxe d’habitation pour l’année 2023 et 2024 pour l’appartement sis 46/48 rue de Montreuil à Paris (11ème arrondissement) ;
2°) d’enjoindre au remboursement des sommes déjà réglées au titre de la taxe d’habitation pour ce logement ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- s’il est titulaire d’un bail à usage d’habitation sur un appartement sis 46/48 rue de Montreuil à Paris depuis le 1er novembre 2003, ce logement était occupé au 1er janvier 2023 et au 1er janvier 2024 par sa nièce, Mme B... ;
- ce logement ne lui a pas été loué meublé, puisque les meubles y ont été apporté après le 1er novembre 2003 par sa mère et lui-même, et non par le propriétaire, justifiant dès lors une exonération du paiement de la taxe d’habitation en application du 1° de l’article 1407 du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2025, le directeur régional des finances publiques d’Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 24 décembre 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 8 janvier 2026.
Vu :
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus lors de l’audience publique :
- le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée,
- les conclusions de M. Pertuy, rapporteur public,
- et les observations de Me Benjamin, représentant M. C....
Considérant ce qui suit :
En 2023 et 2024, M. C... a été assujetti à la taxe d’habitation sur les résidences secondaires pour un logement sis au 46/48 rue de Montreuil à Paris (11ème), respectivement pour la somme de 2 325 et 2 429 euros. Le 5 janvier 2025, M. C... a formé une réclamation contentieuse en vue d’obtenir le dégrèvement de cette taxe, cette réclamation ayant été rejetée le 13 février 2025. Par la présente requête, M. C... doit être regardé comme sollicitant la décharge de la taxe d’habitation mise à sa charge pour les années 2023 et 2024.
Les requêtes n°2510022/1-1 et n° 2516488/1-1 ont été introduites par le même requérant et présentent à juge des questions communes. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin de décharge :
Aux termes de l’article 1407 du code général des impôts : « I. La taxe d’habitation est due : 1° pour tous les locaux meublés affectés à l’habitation (…) ». Aux termes de l’article 1408 du même code : « I. La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables (…) ». Aux termes de l’article 1415 de ce code : « La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition »
Il résulte de ces dispositions, d’une part, que l’administration doit établir la taxe afférente à chaque habitation au nom de la personne qui en a la jouissance effective et, à défaut seulement, au nom de la personne qui en a la disposition. Il appartient au contribuable d'apporter la preuve de la réalité des faits qu'il invoque à l'appui de sa contestation.
D’une part, il résulte de l’instruction que M. C... dispose de sa résidence principale au 19 rue des Batignolles dans le 17ème arrondissement de Paris et est titulaire d’un bail locatif à usage d’habitation, au moins depuis l’année 2003, pour un appartement situé au 46/48 rue de Montreuil dans le 11ème arrondissement de Paris. Il est donc réputé jouir de ce bien en sa qualité de locataire. S’il fait valoir qu’après avoir mis ce bien à disposition de sa mère, décédée en 2020, il a mis ce bien à disposition de sa nièce, qui doit être regardée comme en étant l’occupante effective sur les années 2023 et 2024, M. C... n’a produit aucun contrat, ni aucune pièce attestant d’un accord de sous-location avec cette dernière et fixant notamment le montant du loyer dû par sa nièce, alors en tout état de cause que le bail du logement exclut toute sous-location sans accord du propriétaire. En outre, il n’a produit aucune pièce attestant que sa nièce ait souscrit un abonnement à son nom dans ce logement, ni qu’elle ait déclaré cette adresse à un organisme officiel, attestant de la permanence et de l’effectivité de son occupation. S’il produit deux factures, une attestation peu circonstanciée du gardien de l’immeuble ainsi que la photo de la boîte aux lettres prise à une date indéterminée sur laquelle figure le nom de sa nièce, ces pièces établissent au mieux une présence ponctuelle de l’intéressée dans le logement. De plus, si M. C... a produit des extraits de compte bancaire de la mère de sa nièce mentionnant à plusieurs reprises sur les années 2023 et 2024 le virement à M. C... d’un « loyer » concernant sa fille, cette seule pièce, qui n’est pas étayée par d’autres éléments attestant de la vraisemblance de la mise à disposition de ce logement alors en outre que les paiements apparaissent comme discontinus, est insuffisante à révéler une jouissance effective du logement par la nièce de l’intéressé au 1er janvier 2023 et au 1er janvier 2024. Il résulte par conséquent de l’instruction que M. C... doit être regardé comme ayant conservé la jouissance et la disposition de ce logement au 1er janvier de l’année 2023 et 2024.
D’autre part, si les dispositions du 1° l’article 1407 du code général des impôts prévoient que sont assujettis à la taxe d’habitation « tous les locaux meublés affectés à l’habitation », cette précision n’a pour but de réserver l’assujettissement à la taxe d’habitation aux logements loués meublés au sens de l’article 25-4 de la loi du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs, contrairement à ce qu’affirme à tort M. C....
Il résulte de ce qui précède que c’est à bon droit que l’administration a assujetti M. C... à la taxe d’habitation pour résidence secondaire pour le logement sis 46/48 rue de Montreuil à Paris dont il est locataire.
Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C... doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... C... et au directeur régional des finances publiques d’Ile-de-France et de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.
La magistrate désignée,
Signé
M. MONTEAGLELa greffière,
Signé
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au ministre chargé de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.