LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2518495

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2518495

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2518495
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1re Section - 1re Chambre
Avocat requérantGUY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er juillet 2025 et 23 décembre 2025, ainsi que des pièces, enregistrées le 7 août 2025, M. B... A..., représenté par Me Guy, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mises à sa charge au titre de l’année 2021, ainsi que des intérêts de retard et de la majoration de 10 % correspondants ;

2°) à titre subsidiaire, de prononcer la réduction de ces mêmes impositions, en admettant l’imposition au prélèvement forfaitaire libératoire unique de la plus-value de cession réalisée le 10 février 2021 ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Il soutient que :

S’agissant des revenus réputés distribués :
- la somme de 107 000 euros versée par son ancien employeur, la société Visiperf, le 10 février 2021 n’est pas un revenu distribué au sens des dispositions du 2° du 1 de l’article 109 du code général des impôts dès lors qu’à la date de son versement, il n’exerçait plus aucune fonction au sein de la société ;
- cette somme est une indemnité transactionnelle résultant de la rupture abusive de son contrat de travail, son licenciement étant intervenue le 6 novembre 2020 ;
- une telle indemnisation justifie une exonération totale en application du 1° du 1 de l’article 80 duodecies ou, à défaut, partielle sur le fondement du 3° du 1 de ce même article ;
- compte tenu des préjudices qu’il a subis dans le cadre de son licenciement, le versement de cette somme a également le caractère d’une indemnité qui n’est par nature pas imposable, ni dans la catégorie des revenus mobiliers, ni dans la catégorie des salaires ;

S’agissant des revenus mobiliers issus de la cession d’action du 2 février 2021 :
- la cession du 2 février 2021 de 25 des 33 actions Visaperf est éligible à l’abattement de durée de détention de 50 % dès lors que ces 25 actions lui ont été attribuées le 14 avril 2015, mais doivent être regardées comme définitivement acquises au plus tard le 30 septembre 2017, c’est-à-dire avant le 1er janvier 2018 ;
- l’émission de ces actions le 31 décembre 2018 est sans incidence sur leur date d’acquisition le 30 septembre 2017 ;
- telle est le sens de la doctrine administrative référencée BOI-RPPM-PVBMI-20-20-20-20 qui prévoit que le bénéficiaire d’une attribution d’actions en devient propriétaire au terme de la période d’acquisition ;
- à défaut pour le tribunal de faire droit à son moyen, il sollicite l’imposition de ces revenus mobiliers au prélèvement forfaitaire unique, l’option qu’il a souscrite au départ pour une imposition a barème n’ayant aucun caractère irrévocable ;

S’agissant de la majoration :
- la majoration de 10 % n’est pas justifiée.


Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2025, la direction spécialisée de contrôle fiscale Centre-Est, représentée par son directeur, conclut au non-lieu partiel à statuer à concurrence du dégrèvement accordé en cours d’instance et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Elle fait valoir que :

S’agissant du non-lieu partiel et de la substitution de base légale :
- s’agissant de la somme de 107 000 euros, elle sollicite une substitution de base légale, cette somme devant être imposée non pas comme des revenus mobiliers sur le fondement des dispositions du 2° du 1 de l’article 109 du code général des impôts dès lors qu’à la date de la décision, M. A... ne disposait plus d’aucun mandat social, mais sur les dispositions de l’article 80 duodecies du même code, dans la catégorie des traitements et salaires ;
- ce versement, imposé dans la catégorie des traitements et salaires, peut donc bénéficier du système du quotient prévu à l’article 163-0 du code général des impôts ;
- il résulte de l’ensemble de ces éléments que M. A... n’est plus redevable, s’agissant de sa cotisation supplémentaire au titre de l’impôt sur le revenu que de la somme de 45 450 euros, ce qui entraîne également une réduction à due proportion des prélèvements sociaux, des intérêts de retard et de la majoration ;
- par un avis de dégrèvement du 21 novembre 2025, il a été accordé en conséquence à M. A... une réduction de 34 004 euros des impositions dues ;

S’agissant de l’indemnité de 107 000 euros :
- ce versement de 107 000 euros ne bénéficie d’aucune des exonérations, totales ou partielles, prévues par l’article 80 duodecies du code général des impôts ;
- ce versement ne vise pas à l’indemnisation d’un préjudice moral né des conditions du licenciement de M. A... ;


S’agissant des revenus mobiliers issus de la cession d’action du 2 février 2021 :
- les moyens du requérant sur ce chef de rectification ne sont pas fondés.



Par une ordonnance du 26 décembre 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 9 janvier 2026.


Vu :

- l’avis de dégrèvement du 21 novembre 2025 ;
- les autres pièces du dossier.


Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.



Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.



Ont été entendus lors de l’audience publique :
- le rapport de Mme Monteagle, rapporteure,
- les conclusions de M. Pertuy, rapporteur public,
- et les observations de Me Guy, représentant M. A....




Considérant ce qui suit :

L’administration a procédé une vérification de la comptabilité de la société Visiperf, dont M. A... a été mandataire social, puis salarié, avant d’être licencié pour faute grave le 6 novembre 2020. Elle a décelé dans les comptes de cette société un versement au bénéfice de M. A... en date du 10 février 2021 pour la somme de 167 000 euros, dont elle a estimé qu’une fraction de 107 000 euros relevait d’un revenu réputé distribué au sens du 2° du 1 de l’article 109 du code général des impôts au bénéfice de M. A.... Le service a également relevé que M. A..., qui avait réalisé une plus-value de cession de 66 000 euros lors de la vente le 2 février 2021 de trente-trois actions de la société Visiperf, avait appliqué à cette plus-value un abattement pour durée de détention de 50 %, alors que cet abattement ne lui paraissait pas justifié, ce qui a conduit à un rehaussement de l’assiette imposable de la plus-value de 29 000 euros, tenant également compte d’un coût d’acquisition de 4 000 euros, omis par l’intéressé. En conséquence de ces deux rectifications et par une proposition de rectification du 1er juin 2023, l'administration a assujetti M. A... à une cotisation supplémentaire d’impôt sur le revenu au titre de l’année 2021, assortie des intérêts de retard et de la majoration de 10 %, ainsi qu’à des prélèvements sociaux assortis également des intérêts de retard. Après que M. A... a formé des observations le 19 juillet 2023, l’administration a intégralement maintenu ces rehaussements par une réponse aux observations du contribuable du 28 août 2023. Les impositions supplémentaires pour la somme totale, en droit, intérêts et pénalités, de 84 777 euros ont été mises en recouvrement par voie de rôles émis le 31 décembre 2023. M. A... a contesté ces impositions le 6 mai 2024, réclamation qui a été implicitement rejetée. Par la présente requête, M. A... demande la décharge de ces impositions.


Sur le cadre et l’étendue du litige :

Il résulte de l’instruction que la rectification contestée par M. A... porte notamment sur l’imposition de la somme de 107 000 euros versée par la société Visiperf à son bénéfice le 10 février 2021 au motif que cette somme était un revenu réputé distribué au sens du 2° du 1 de l’article 109 du code général des impôts.

D’une part, aux termes du 1 de l’article 109 du code général des impôts : « Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; (…) ». Aux termes du 7 de l’article 158 du code général des impôts : « 7. Le montant des revenus et charges énumérés ci-après, retenu pour le calcul de l'impôt selon les modalités prévues à l'article 197, est multiplié par un coefficient de 1,25. Ces dispositions s'appliquent : (…) 2° (…) aux revenus distribués mentionnés à l'article 109 résultant d'une rectification des résultats de la société distributrice ; (…) ».

D’autre part, aux termes du 1 de l’article 80 duodecies du CGI : « « Toute indemnité versée à l'occasion de la rupture du contrat de travail constitue une rémunération imposable, sous réserve des dispositions suivantes ».

Alors que M. A... conteste le caractère de revenu distribué de la somme de 107 000 euros qu’il a reçue le 10 février 2021 et son imposition comme revenu mobilier, l’administration sollicite une substitution de base légale tendant à ce que l’imposition de la somme de 107 000 euros soit regardée comme désormais fondée sur le 1 de l’article 80 duodecies du code général des impôts, imposant cette somme dans la catégorie des revenus et salaire. Elle fait valoir qu’elle a renoncé en conséquence à appliquer la majoration d’assiette de 25 % prévue pour les seuls revenus distribués en application du 2° du 7 de l’article 158 du code général des impôts et qu’elle entend également désormais faire bénéficier M. A... du système du quotient prévu à l’article 163-0 A du code général des impôts pour l’imposition de cette somme. L’administration établit en conséquence avoir pris le 21 novembre 2025 une décision de dégrèvement partiel de la cotisation supplémentaire d’impôt sur le revenu pour l’année 2021 et de dégrèvement total des prélèvements sociaux, pour la somme totale, en droits, pénalités et intérêts, de 34 004 euros.

Il résulte de ce qui précède que, d’une part, il y a lieu de faire droit à la demande de substitution de base légale sollicitée par l’administration en défense, cette dernière ne privant M. A... d’aucune garantie, et, d’autre part, de considérer que les conclusions de la requête de M. A... sont partiellement devenues sans objet, ses conclusions à fin de décharge devant être regardées comme désormais limitées aux sommes restant à sa charge à l’issue de ce dégrèvement.




Sur le bien-fondé du surplus des impositions :

En ce qui concerne la somme de 107 000 euros versée par la société Visiperf le 10 février 2021 :

En premier lieu, compte tenu de la substitution de base légale à laquelle le présent jugement fait droit, le moyen par lequel M. A... entend contester l’imposition de la somme de 107 000 euros dans la catégorie des revenus mobiliers en tant que revenu réputé distribué est inopérant, dès lors que cette somme doit être regardée comme désormais imposée dans la catégorie des traitements et salaires.

En deuxième lieu, aux termes de l'article 12 du code général des impôts : « L’impôt est dû chaque année à raison des bénéfices ou revenus que le contribuable réalise ou dont il dispose au cours de la même année ». Aux termes de l'article 79 du même code : « Les traitements, indemnités, émoluments, salaires, pensions et rentes viagères concourent à la formation du revenu global servant de base à l’impôt sur le revenu ». Aux termes de l’article 80 duodecies du code général des impôts : « 1. Toute indemnité versée à l'occasion de la rupture du contrat de travail constitue une rémunération imposable, sous réserve des dispositions suivantes. / Ne constituent pas une rémunération imposable : / 1° Les indemnités mentionnées aux articles L. 1235-1, L. 1235-2, L. 1235-3, L. 1235-3-1, L. 1235-11 à L. 1235-13, L. 1235-16, au 7° de l'article L. 1237-18-2 et au 5° de l'article L. 1237-19-1 du code du travail ainsi que celles versées dans le cadre des mesures prévues au 7° du même article L. 1237-19-1 (…) ; 3° La fraction des indemnités de licenciement versées en dehors du cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi au sens des articles L. 1233-32 et L. 1233-61 à L. 1233-64 du code du travail, qui n'excède pas : / a) Soit deux fois le montant de la rémunération annuelle brute perçue par le salarié au cours de l'année civile précédant la rupture de son contrat de travail, ou 50 % du montant de l'indemnité si ce seuil est supérieur, dans la limite de six fois le plafond mentionné à l'article L. 241-3 du code de la sécurité sociale en vigueur à la date du versement des indemnités ; / b) Soit le montant de l'indemnité de licenciement prévue par la convention collective de branche, par l'accord professionnel ou interprofessionnel ou, à défaut, par la loi (…) ». Aux termes de l’article L. 1235-3 du code du travail : « Si le licenciement d'un salarié survient pour une cause qui n'est pas réelle et sérieuse, le juge peut proposer la réintégration du salarié dans l'entreprise, avec maintien de ses avantages acquis. / Si l'une ou l'autre des parties refuse cette réintégration, le juge octroie au salarié une indemnité à la charge de l'employeur, dont le montant est compris entre les montants minimaux et maximaux fixés dans le tableau ci-dessous. (…) »

Pour déterminer si une indemnité versée en exécution d'une transaction conclue à l'occasion de la rupture d'un contrat de travail est imposable, il appartient à l'administration et, lorsqu'il est saisi, au juge de l'impôt de rechercher la qualification à donner aux sommes qui font l'objet de la transaction. Ces dernières ne sont susceptibles d'être regardées comme des indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse mentionnées à l'article L. 1235-3 du code du travail que s'il résulte de l'instruction que la rupture des relations de travail est assimilable à un tel licenciement. Dans ce cas, les indemnités, accordées au titre d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse, sont exonérées d'imposition. Il appartient à l’administration et, lorsqu’il est saisi, au juge de l’impôt, au vu de l’instruction, de rechercher la qualification à donner aux sommes objet de la transaction, en recherchant notamment si elles ont entendu couvrir, au-delà des indemnités accordées au titre du licenciement, la réparation de préjudices distincts, afin de déterminer dans quelle proportion ces sommes sont susceptibles d’être exonérées. Les dispositions de l’article R. 194-1 du livre des procédures fiscales ne sont alors pas applicables au contribuable.

Il résulte de l’instruction, en particulier des articles 3 et 4 de l’accord transactionnel conclu le 9 février 2021 entre M. A... et la société Visiperf, des déclarations de cette société dans le cadre de la vérification de comptabilité dont elle a fait l’objet ainsi que des observations transmises le 19 juillet 2023 par M. A... à l’administration fiscale, que la société Visiperf a décidé d’indemniser M. A... à la suite de son licenciement notifié le 6 novembre 2020 en lui allouant, d’une part, une indemnité transactionnelle de 60 000 euros visant à réparer les préjudices subis par M. A... à la suite de la rupture de son contrat de travail que l’intéressé estimait dénué de toute cause réelle et sérieuse et, d’autre part, la somme de 107 000 euros visant à réparer le préjudice né du renoncement définitif et irrévocable de M. A... à l’exercice des bons de souscription de parts de créateur d’entreprise (BSPCE) dont il était détenteur à la date de son licenciement. Par conséquent, M. A... n’est fondé à soutenir ni que la somme de 107 000 euros participe de l’indemnisation de son licenciement sans cause réelle et sérieuse au sens du 1° du 1 de l’article 80 duodecies du code général des impôts, ni qu’elle caractérise une indemnisation de son licenciement au sens du 3° du 1 de ce même article, dès lors que la somme de 107 000 euros ne vise pas à indemniser M. A... du préjudice né directement de son licenciement, préjudice qui est couvert par l’indemnisation de 60 000 euros dont les conditions d’imposition ne sont pas en litige. Par suite, l’imposition de la somme de 107 000 euros, indemnité versée par l’ancien employeur de M. A... qui entre dans l’assiette de l’impôt sur le revenu, ne relève d’aucune des exonérations prévues au 1 de l’article 80 duodecies du code général des impôts.

En troisième lieu, M. A... soutient qu’à défaut, cette indemnité de 107 000 euros doit être regardée comme réparant le préjudice moral né des conditions brutales et vexatoires de son licenciement intervenu en novembre 2020. Toutefois, compte tenu des termes dans lesquels est rédigé l’accord transactionnel, rappelés au point précédent, le versement de cette somme ne saurait être regardé comme visant à réparer un tel préjudice moral, ni en tout état de cause un préjudice autre que financier, dès lors qu’il a pour objet de compenser l’impossibilité pour M. A... d’exercer ses BSPCE.

Il résulte de ce qui précède que c’est à bon droit que l’administration a estimé que la somme de 107 000 euros versée à M. A... le 10 février 2021 en application de l’accord transactionnel signé le 9 février 2021, correspondait en réalité à une indemnité versée par l’ancien employeur de M. A... en vue de compenser la perte d’un avantage salarial, imposable dans la catégorie des traitements et salaires.

En ce qui concerne l’imposition de la plus-value de la cession des titres de la société Visiperf :

Aux termes de l’article L. 225-197-1 du code général des impôts : « I.- L'assemblée générale extraordinaire, sur le rapport du conseil d'administration ou du directoire, selon le cas, et sur le rapport spécial des commissaires aux comptes de la société, ou, s'il n'en a pas été désigné, d'un commissaire aux comptes désigné à cet effet selon les modalités prévues aux articles L. 225-228 ou L. 22-10-66, peut autoriser le conseil d'administration ou le directoire à procéder, au profit des membres du personnel salarié de la société ou de certaines catégories d'entre eux, à une attribution gratuite d'actions existantes ou à émettre. (…) Lorsque l'attribution porte sur des actions à émettre, l'autorisation donnée par l'assemblée générale extraordinaire emporte de plein droit, au profit des bénéficiaires des actions attribuées gratuitement, renonciation des actionnaires à leur droit préférentiel de souscription. L'augmentation de capital correspondante est définitivement réalisée du seul fait de l'attribution définitive des actions aux bénéficiaires. / L'attribution des actions à leurs bénéficiaires est définitive au terme d'une période d'acquisition dont la durée minimale, qui ne peut être inférieure à un an, est déterminée par l'assemblée générale extraordinaire. Toutefois, l'assemblée peut prévoir l'attribution définitive des actions avant le terme de la période d'acquisition en cas d'invalidité du bénéficiaire correspondant au classement dans la deuxième ou la troisième des catégories prévues à l’article L. 341-4 du code de la sécurité sociale ».

Aux termes de l’article 150-0 D du code général des impôts : « 1. Les gains nets mentionnés au I de l'article 150-0 A sont constitués par la différence entre le prix effectif de cession des titres ou droits, net des frais et taxes acquittés par le cédant, et leur prix effectif d'acquisition par celui-ci diminué, le cas échéant, des réductions d'impôt effectivement obtenues dans les conditions prévues à l'article 199 terdecies-0 A, ou, en cas d'acquisition à titre gratuit, leur valeur retenue pour la détermination des droits de mutation. / Les gains nets résultant de la cession à titre onéreux ou retirés du rachat d'actions, de parts de sociétés, de droits démembrés portant sur ces actions ou parts, ou de titres représentatifs de ces mêmes actions, parts ou droits, mentionnés à l'article 150-0 A, ainsi que les distributions mentionnées aux 7,7 bis et aux deux derniers alinéas du 8 du II du même article, à l'article 150-0 F et au 1 du II de l'article 163 quinquies C sont réduits d'un abattement déterminé dans les conditions prévues, selon le cas, au 1 ter ou au 1 quater du présent article. (…)1 ter. A.- L'abattement mentionné au 1 est égal à : / a) 50 % du montant des gains nets ou des distributions lorsque les actions, parts, droits ou titres sont détenus depuis au moins deux ans et moins de huit ans à la date de la cession ou de la distribution ; (…) B.- L'abattement mentionné au A s'applique sous réserve du respect des conditions suivantes : /1° Les actions, parts, droits ou titres ont été acquis ou souscrits antérieurement au 1er janvier 2018 ; (…) ».

Il résulte de l’instruction que M. A... a cédé 33 actions de la société Visiperf le 2 février 2021, réalisant une plus-value de 66 000 euros, sur laquelle il a appliqué un abattement de 50 % en application des dispositions citées au point précédent. S’il est désormais constant que huit de ces actions avaient été acquises le 20 mai 2020, c’est-à-dire après le 1er janvier 2018, faisant obstacle toute application de l’abattement pour durée de détention, l’administration a estimé que les vingt-cinq autres actions devaient également regardées comme ayant été acquises après le 1er janvier 2018, dès lors qu’elles n’avaient été émises que le 31 décembre 2018 par la société Visiperf.

Toutefois, il résulte de l’instruction que M. A... s’est vu attribuer ces vingt-cinq actions dans le cadre d’un plan d’attribution gratuite d’actions à émettre, décidé par l’assemblée générale extraordinaire de la société conformément aux dispositions de l’article L. 225-197-1 du code du commerce. Il résulte en particulier des termes mêmes du règlement d’attribution des attributions gratuites d’actions du 14 avril 2015 de la société Visiperf que M. A... avait définitivement acquis ces actions et jouissait par conséquent des attributs de leur propriété depuis le terme de la période d’acquisition, fixée au 30 septembre 2017, dès lors que l’ensemble des conditions d’acquisition de l’attribution étaient remplies à cette date, notamment la condition tenant à la signature par M. A... d’un pacte d’associé, intervenue le 14 avril 2015. Au demeurant, M. A... était tenu à une période de conservation d’une durée de deux années, courant du 30 septembre 2017 au 30 septembre 2019, signe que ces actions lui étaient pleinement acquises depuis le 30 septembre 2017, alors même qu’elles restaient à cette date des actions à émettre et que la société les a émises postérieurement à l’expiration de la période d’acquisition. Dès lors, la circonstance que ces actions n’aient été émises que le 31 décembre 2018 est sans incidence sur la date effective de leur acquisition. Par suite, pour l’application des dispositions du B du 1 ter de l’article 150-0 D du code général des impôts, M. A... doit être regardé comme ayant acquis vingt-cinq actions de la société Visiperf le 30 septembre 2017, c’est-à-dire avant le 1er janvier 2018, ce lui ouvrait droit à l’abattement de 50 % pour durée de détention.

Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner ses conclusions formées à titre subsidiaire visant à ce que la plus-value de cession des trente-trois actions soit soumise au prélèvement forfaitaire libératoire unique, que M. A... est fondé à soutenir qu’il a acquis avant le 1er janvier 2018 les vingt-cinq actions Visiperf qu’il a cédées le 10 février 2021, ce qui lui ouvrait droit à un abattement de 50 % sur la plus-value de cession de 50 000 euros qu’il a alors réalisée. M. A... a donc droit à une réduction de l’assiette d’imposition de 25 000 euros par rapport à la base d’imposition telle que rectifiée par l’administration et à solliciter, dans cette mesure, la décharge, en droits, pénalités et intérêt, de la cotisation supplémentaire d’impôt sur le revenu mise à sa charge au titre de l’année 2021.

En ce qui concerne la pénalité de 10 % :

Aux termes de l’article 1730 du code général des impôts : « 1. Donne lieu à l'application d'une majoration de 10 % tout retard dans le paiement des sommes dues au titre de l'impôt sur le revenu, des contributions sociales recouvrées comme en matière d'impôt sur le revenu, (…) / 2. La majoration prévue au 1 s'applique : a. Aux sommes comprises dans un rôle (…) qui n'ont pas été acquittées dans les quarante-cinq jours suivant la date de mise en recouvrement du rôle (…) ».

M. A... est seulement fondé à solliciter la décharge de la majoration de 10 % par voie de conséquence de la réduction des impositions au principal qui résulte des énonciations du présent jugement au point 17. Il y a lieu en revanche de rejeter ses conclusions à fin de décharge de cette majoration en ce qui concerne le surplus.

Sur les frais liés au litige :

Dès lors que l’État n’est pas la partie perdante pour l’essentiel, il y a lieu de rejeter les conclusions de M. A... visant à mettre à sa charge une quelconque somme sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.




D E C I D E :




Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer, s’agissant de l’impôt sur le revenu au titre de l’année 2021, à concurrence de 13 938 euros en droits, 367 euros en intérêts et 1 529 euros en pénalités, et, s’agissant des prélèvements sociaux à concurrence la totalité de la somme mise en recouvrement, soit 17 716 euros en droits et 454 euros en intérêt de retard, sur les conclusions à fin de décharge de M. A....

Article 2 : L’assiette de l’imposition de M. A... au titre des plus-values de cession de l’année 2021 est réduite de 25 000 euros, dans les conditions fixées au point 17 du présent jugement.

Article 3 : M. A... est déchargé en droits, intérêts et pénalités, de l’imposition supplémentaire sur le revenu mise à sa charge au titre de l’année 2021 dans la limite résultant de la réduction de l’assiette visée à l’article 2.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A... est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Est.

Délibéré après l'audience du 17 juin 2026, à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président,
Mme Monteagle, première conseillère,
Mme Ostyn, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.
La rapporteure,

Signé


M. MONTEAGLELe président,

Signé


J.-C. TRUILHE

La greffière,


Signé

S. RUBIRALTA

La République mande et ordonne au ministre chargé de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA83Plein contentieux

Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2301720

01/07/2026

TA77Plein contentieux

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2517965

01/07/2026

TA77Plein contentieux

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2209847

01/07/2026

TA77Plein contentieux

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2302791

01/07/2026

← Retour aux décisions