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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2605459

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2605459

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2605459
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1re Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET ACTIS AVOCATS (SARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 20 février et 14 avril 2026, M. B... A... demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 21 janvier 2026 par lequel le préfet de police de Paris a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;

2°) d’enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard et, dans l’attente, de le munir d’une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
la décision portant refus d’admission exceptionnelle au séjour est entachée d’erreur de droit, dès lors que le préfet de police de Paris s’est estimé en situation de compétence liée par rapport à l’avis délivré par la commission du titre de séjour sans exercer réellement son pouvoir d’appréciation ;
elle méconnaît l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d’erreur manifeste d'appréciation ;
la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
elle est entachée d’erreur manifeste d'appréciation.


Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2026, le préfet de police de Paris, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés sont infondés.


Par ordonnance du 9 mars 2026, la clôture d’instruction a été fixée au 20 avril 2026.




Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.


Le rapport de Mme Ostyn a été entendu au cours de l’audience publique.



Considérant ce qui suit :

M. A... ressortissant malien né le 31 décembre 1983, entré en France le 10 janvier 2013 selon ses déclarations, a sollicité le 13 mars 2025 auprès du préfet de police de Paris son admission au séjour sur le fondement de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, il demande l’annulation de l’arrêté du 21 janvier 2026 par lequel le préfet de police de Paris a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :

L’arrêté attaqué énonce les circonstances de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français. Il s’ensuit que le moyen tiré de leur insuffisance de motivation ne peut qu’être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

En premier lieu, si l’arrêté attaqué fait mention de l’avis défavorable rendu le 12 novembre 2025 par la commission du titre de séjour et s’approprie certains constats effectués par ladite commission, cette seule circonstance est insuffisante à établir que le préfet de police de Paris se serait estimé en situation de compétence liée et n’aurait pas fait usage de son pouvoir d’appréciation. Il s’ensuit que le moyen tiré de l’erreur de droit n’est pas fondé.

En second lieu, aux termes de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié », « travailleur temporaire » ou « vie privée et familiale, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 (…) ».

Il ressort des pièces du dossier que M. A... est employé au sein de la société CONFORT SERVICES en qualité d’ouvrier non qualifié depuis le 7 octobre 2024 et qu’il a travaillé en qualité d’agent de propreté au sein de la société GPROPRETE de novembre 2018 à octobre 2023. L’arrêté déduit de l’absence de M. A... sur les registres de la société CONFORT SERVICES et de la mention sur ses fiches de paie d’un numéro de sécurité sociale présentant un format uniquement attribué aux résidents étrangers en situation régulière sur le territoire national alors qu’il n’a jamais disposé de titre de séjour que M. A... aurait effectué de fausses déclarations s’apparentant à une manœuvre frauduleuse qui constituent une fraude de nature à justifier un refus de titre de séjour, conformément aux dispositions de l’article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces fausses déclarations seraient imputables à M. A... et non à son employeur, de sorte que le préfet de police de Paris ne pouvait se fonder sur cette circonstance pour refuser de lui délivrer un titre de séjour. Toutefois, le préfet de police de Paris s’est également fondé sur les circonstances non contestées que M. A... est entré en France à l’âge de 29 ans, qu’il est célibataire et sans charge de famille en France, qu’il est père d’un enfant de 15 ans qui vit au Mali et qu’il s’est soustrait à trois mesures d’éloignement prononcées à son encontre les 11 février 2019, 8 janvier 2020 et 30 septembre 2021. En outre, le contenu des attestations produites à l’instance, émanant de deux amis et de son cousin, ne caractérisent pas l’existence de liens personnels et amicaux d’une particulière intensité sur le territoire français. Par ailleurs, nonobstant le fait qu’il a été employé de novembre 2018 à octobre 2023, M. A... n’occupe un emploi stable que depuis le 7 octobre 2024, soit depuis un peu plus d’un an à la date de la décision attaquée, et ne justifie d’aucune expérience ni qualification professionnelles particulières. Enfin, la durée de présence de M. A... en France, de douze années à la date de la décision attaquée, à la supposer établie, ne suffit pas à établir que le préfet de police de Paris aurait commis une erreur manifeste d'appréciation. Dans ces conditions, M. A... n’est pas fondée à soutenir que la décision en litige serait entachée d’erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant refus de délivrance d’un titre de séjour ne peut qu’être écarté.

En second lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que M. A... n’est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d’erreur manifeste d'appréciation.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet de police de Paris.

Délibéré après l’audience du 17 juin 2026, à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président,
Mme Monteagle, première conseillère,
Mme Ostyn, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.

La rapporteure,

Signé


I. OSTYN
Le président,

Signé


J.-C. TRUILHÉ

La greffière,

Signé
S. RUBIRALTA

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris ou au préfet territorialement compétent en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution du présent jugement.

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