Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2608733

mercredi 1 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2608733
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCHIKAOUI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé, a constaté un non-lieu à statuer sur la demande d'injonction d'un étranger sollicitant un rendez-vous pour déposer sa demande de titre de séjour. Le juge a relevé que l'administration avait, avant l'ordonnance, convoqué le requérant, rendant sa demande sans objet. Appliquant l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal a néanmoins condamné l'État à verser 800 euros au requérant au titre des frais exposés pour la défense de ses intérêts.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 mars 2026, M. A... B..., représenté par Me Chikaoui, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de police de le convoquer à un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de sa demande l’autorisant à travailler sous réserve de la complétude de son dossier, dans un délai de 15 jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens de l’instance.

Il soutient que :
la condition d’urgence est remplie ;
la mesure demandée est utile et ne se heurte à aucune contestation sérieuse ;
la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.


Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mars 2026, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions relatives aux frais de l’instance.

Il fait valoir que M. B... a été invité à se présenter au sein des services de la préfecture de police, le 30 mars 2026 à 11h10, en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour et de la délivrance d’une autorisation provisoire de séjour.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. C... pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ». Le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte d’un désistement ou constater un non-lieu.

Il résulte de l’instruction, ainsi que l’a soutenu le préfet de police dans ses écritures en défense, que M. B..., ressortissant algérien né le 31 mai 1977, a été destinataire d’une convocation en date du 25 mars 2026 l’invitant à se rendre à un rendez-vous en préfecture le 30 mars 2026 à 11h10, en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour et de la délivrance d’une autorisation provisoire de séjour. Par suite, les conclusions aux fins d’injonction sous astreinte, présentées par M. B..., sont devenues sans objet.

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat le versement à M. B... d’une somme de 800 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n’y a pas lieu à statuer sur les conclusions aux fins d’injonction sous astreinte présentées par M. B....

Article 2 : L’Etat versera à M. B... une somme de 800 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 1er avril 2026.


Le juge des référés,

Signé

V. C...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.