Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... A... qui demandait l'injonction de délivrer un titre de voyage pour sa fille mineure. Le juge décline sa compétence territoriale, estimant que le litige relève du tribunal administratif de Montreuil, car la requérante réside en Seine-Saint-Denis. La décision s'appuie sur les articles R. 312-8 et R. 221-3 du code de justice administrative pour déterminer la compétence, et l'article R. 522-8-1 pour rejeter la requête.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 avril 2026, Mme D... B... A... demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer dans les plus brefs délais un titre de voyage pour étranger bénéficiaire de la protection internationale pour sa fille mineure.
Elle soutient que :
- elle a déposé le 14 février 2024 une demande de titre de voyage pour étranger bénéficiaire de la protection internationale pour sa fille mineure, C... ;
- sa demande a été acceptée en juillet 2025 ;
- elle a reçu en août 2025 un document de circulation pour étranger mineur valable jusqu’au 24 avril 2029 ;
- depuis cette date, elle n’a eu aucune information sur la date de délivrance de ce titre.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Tichoux pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. » Aux termes de l’article R. 522-8-1 du même code : « Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d’ordonnance. ». Il résulte de ces dispositions que le juge des référés peut rejeter une requête qui lui est soumise pour incompétence territoriale du tribunal administratif.
Aux termes de l'article R. 312-8 du code de justice administrative : « Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions. ». Aux termes de l’article R. 221-3 du même code : « Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : / (…) / Montreuil : Seine-Saint-Denis ; (…) ».
Le litige soulevé par Mme B... A... concerne une mesure en matière de police des étrangers. Il résulte de l’instruction que Mme B... A... réside dans le département de la Seine-Saint-Denis. Sa requête ne relève donc pas de la compétence du tribunal administratif de Paris mais de celle du tribunal administratif de Montreuil et doit, dès lors, être rejetée, en application de l’article R. 522-8-1 du code de justice administrative.
Il s’ensuit qu’il y a lieu de rejeter la requête de Mme B... A..., en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : Le requête de Mme B... A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... B... A....
Fait à Paris, le 8 avril 2026.
La juge des référés,
J. TICHOUX
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.