Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juin 2026, M. A... B... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre la décision en date du 9 juin 2026 par laquelle le directeur général de l’administration pénitentiaire a prolongé son placement à l’isolement du 12 juin au 12 septembre 2026.
Vu :
- la requête enregistrée le 22 juin 2026 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision en litige ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Sobry, premier conseiller, pour exercer les fonctions prévues au livre V du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 9 juin 2026, le directeur général de l’administration pénitentiaire a ordonné la prolongation du placement à l’isolement de M. B..., incarcéré au centre de détention de Salon-de-Provence (département des Bouches-du-Rhône) du 12 juin au 12 septembre 2026. Le requérant demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de cette décision.
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes de l’article R. 522-8-1 du même code : « Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d’ordonnance ».
3. Aux termes de l’article R. 312-1 du code de justice administrative : « Lorsqu’il n’en est pas disposé autrement par les dispositions de la section 2 du présent chapitre ou par un texte spécial, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel a légalement son siège l’autorité qui, soit en vertu de son pouvoir propre, soit par délégation, a pris la décision attaquée ». Aux termes de l’article R. 312-8 du code de justice administrative : « Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l’encontre de personnes par les autorités administratives dans l’exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l’objet des décisions attaquées à la date desdites décisions ». Aux termes de l’article R. 213-18 du code pénitentiaire : « La mise à l’isolement d’une personne détenue, par mesure de protection ou de sécurité, qu’elle soit prise d’office ou sur demande de la personne détenue, ne constitue pas une mesure disciplinaire (…) ». Enfin, l’article R. 221-3 du même code dispose que le département des Bouches-du-Rhône est compris dans le ressort du tribunal administratif de Marseille.
4.
Il résulte des dispositions précitées que le placement et le maintien à l’isolement d’un détenu constituent des mesures de police destinées à prévenir les atteintes à la sécurité publique. Par suite, le présent litige relève de la compétence territoriale du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve le lieu d’incarcération du requérant. En l’espèce, il est constant qu’à la date de la décision contestée, soit le 9 juin 2026, M. B... était détenu au centre de détention de Salon-de-Provence, dans le département des Bouches-du-Rhône, au demeurant placé à l’isolement dans cet établissement depuis 2 janvier 2020. Ainsi, le présent litige relève de la seule compétence du tribunal administratif de Marseille, en application des dispositions combinées des articles R. 221-3, R. 312-1 et R. 312-8 du code de justice administrative. Par suite, la demande en référé du requérant doit être rejetée par application de l’article R. 522-8-1 de ce même code, selon la procédure que ce dernier prévoit en son article L. 522-3.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête susvisée est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Paris, le 1er juillet 2026.
Le juge des référés,
F. Sobry
La République mande et ordonne au ministre de la justice, garde des sceaux en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.