Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juin 2026, l’association Imsouhal-Azetta et le collectif libérons l’Algérie, représentées par M. C... A..., demandent à la juge des référés saisie sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté n° 2026/00826 du 30 juin 2026 en tant que le préfet de police a interdit la manifestation statique déclarée pour le 1er juillet 2026 de 13 heures à 19 heures, sur le terre-plein central situé au niveau du n°7 boulevard de Charonne ;
2°) d’enjoindre à la préfecture de police d’autoriser ladite manifestation ;
3°) d’ordonner toute autre mesure que le tribunal estimera nécessaire afin de garantir l'exercice effectif de la liberté de manifestation.
Les associations requérantes soutiennent que :
- l’urgence est caractérisée car la manifestation est prévue le 1er juillet 2026 de 13 heures à 19 heures ;
- il est porté une atteinte manifestement illégale à leur droit de manifester ;
- la décision est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation et constitue une atteinte disproportionnée à la liberté de manifestation ;
- la notification tardive des précédentes décisions du préfet interdisant les manifestations qu’elles ont organisées les a privées d’exercer leur droit à un recours effectif.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B... pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
2. Le respect de la liberté de manifestation, qui a le caractère d’une liberté fondamentale au sens des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, doit être concilié avec la sauvegarde de l’ordre public et il appartient à l’autorité investie du pouvoir de police, lorsqu’elle est saisie de la déclaration préalable prévue à l’article L. 211-1 du code de la sécurité intérieure ou en présence d’informations relatives à un ou des appels à manifester, d’apprécier le risque de troubles à l’ordre public et, sous le contrôle du juge administratif, de prendre les mesures de nature à prévenir de tels troubles, au nombre desquelles figure, le cas échéant, l’interdiction de la manifestation, si une telle mesure est seule de nature à préserver l’ordre public.
3. Il résulte de l’instruction que le 27 juin 2026, le collectif libérons l’Algérie a déclaré à la préfecture de police l’organisation d’une manifestation statique le 1er juillet 2026 de 13 heures à 19 heures devant le Consulat général d’Algérie à Paris, sur le terre-plein central situé au niveau du n°7 boulevard de Charonne prévoyant la mise en place d’une sonorisation, le soutien de véhicules utilitaires, des drapeaux, pancartes, banderoles, tonnelle et groupe électrogène.
4. Il résulte toutefois de l’instruction que, si le préfet de police a, pour des motifs d’ordre public tenant notamment au niveau élevé des risques liés à la sécurisation des représentations diplomatiques et au rehaussement du plan Vigipirate, interdit la manifestation statique déclarée pour le 1er juillet 2026 de 13 heures à 19 heures, sur le terre-plein central situé au niveau du n°7 boulevard de Charonne, il a néanmoins autorisé ce rassemblement statique le même jour aux mêmes heures sur le trottoir de la place de la Nation, à l’intersection de l’avenue Dorian et du boulevard Diderot. Dans ces conditions, dès lors que les associations requérantes ne contestent pas sérieusement les risques d’atteinte à l’ordre public et qui n’établissent pas davantage les inconvénients de ce déplacement sur un site à proximité immédiate du site initialement retenu, présentant une parfaite visibilité et qui est très régulièrement utilisé à des fins de manifestation sur la voie publique, l’arrêté contesté ne saurait être regardé comme portant une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester.
5. Il résulte de ce qui précède, et en dépit du caractère particulièrement regrettable de la notification très tardive de l’arrêté en litige aux intéressés, intervenue le 30 juin 2026 à 19h49, qu’il y a lieu de rejeter la requête en toutes ses conclusions en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l’association Imsouhal-Azetta et du collectif Libérons l’Algérie est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A..., agissant au nom de l’association Imsouhal-Azetta et du collectif Libérons l’Algérie.
Fait à Paris, le 1er juillet 2026.
La juge des référés,
Signé
A. B...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution