Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 juin 2026, M. D... B... et Mme E... A... demandent à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre à l’autorité consulaire française à Lomé (Togo) de leur délivrer un certificat de capacité à mariage dans un délai de dix jours suivant la notification de l’ordonnance à intervenir.
Ils soutiennent que :
- la condition d’urgence est remplie au regard de l’écoulement du temps, près de dix mois depuis la saisine des autorités consulaires, et de l’épuisement moral que leur cause cette attente, qui les prive de jouir effectivement du droit au mariage ;
- le refus implicite de délivrance du certificat porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté du mariage.
Vu
- le code civil ;
- le décret n° 2008-521 du 2 juin 2008 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C... pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
2. Aux termes de l’article 171-2 du code civil : « Lorsqu'il est célébré par une autorité étrangère, le mariage d'un Français doit être précédé de la délivrance d'un certificat de capacité à mariage établi après l'accomplissement, auprès de l'autorité diplomatique ou consulaire compétente au regard du lieu de célébration du mariage, des prescriptions prévues à l'article 63. (…) ». Aux termes de l’article 1er du décret du 2 juin 2008 relatif aux attributions des autorités diplomatiques et consulaires françaises en matière d’état civil : « Les agents relevant des autorités diplomatiques et consulaires françaises à l'étranger ont la qualité d'officier de l'état civil dans les conditions prévues par le présent décret. ». L’article 11 de ce décret dispose que : « Lorsque le mariage d'un Français doit être célébré par une autorité étrangère dans les formes usitées dans le pays, le certificat de capacité à mariage prévu par l'article 171-2 du code civil est délivré par les agents exerçant les fonctions d'officier de l'état civil en vertu des articles 2 et 3 du présent décret (…) ».
3. M. D... B..., ressortissant français, désireux de se marier à l’étranger avec Mme E... A..., a déposé le 4 septembre 2025 auprès de l’autorité consulaire française à Lomé (Togo) un dossier de demande de certificat de capacité à mariage. En l’absence de réponse à cette demande, M. B... et Mme A... demandent à la juge des référés d’ordonner au consul de France à Lomé de leur délivrer un certificat de capacité à mariage. Un tel litige se rapporte au fonctionnement des services de l’état civil, placés sous le contrôle de l’autorité judiciaire, et ne relève ainsi pas de la compétence de la juridiction administrative.
4. Par suite, il y a lieu de faire application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... et Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D... B... et Mme E... A....
Fait à Paris, le 1er juillet 2026.
La juge des référés,
Signé
A. C...
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution