Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2026, M. C... B... demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner sans délai au président du conseil supérieur du notariat de déclencher en urgence l’action disciplinaire qui lui incombe afin de clarifier la situation juridique du bien situé 50 avenue du Président Wilson, dans le 16ème arrondissement de Paris, en l’absence de réponse à sa réclamation déposée le 23 mai 2025 ;
2°) « à l’appréciation du tribunal », d’ordonner au président du conseil supérieur du notariat d’appliquer l’article 40 du code de procédure pénale.
Il soutient que :
- l’urgence est caractérisée dès lors qu’il doit déclarer à l’administration fiscale la situation d’occupation de ce logement avant le 1er juillet 2026 ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de propriété.
Vu :
- l’ordonnance n° 2022-544 du 13 avril 2022 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A... pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
2. Aux termes de l’article 11 de l’ordonnance du 13 avril 2022 relative à la déontologie et à la discipline des officiers ministériels : « I. - Des chambres de discipline, instituées respectivement auprès des instances professionnelles régionales ou interrégionales des notaires et des commissaires de justice désignées par arrêté du ministre de la justice, connaissent en premier ressort des poursuites disciplinaires contre ces professionnels. Elles sont composées d'un magistrat du siège de la cour d'appel, en activité ou honoraire, président, et de deux membres de la profession concernée. Deux cours nationales de discipline sont instituées, l'une auprès du Conseil supérieur du notariat, l'autre auprès de la Chambre nationale des commissaires de justice. Elles connaissent des appels formés contre les jugements des chambres de discipline de la profession concernée. Elles sont composées d'un magistrat du siège de la Cour de cassation, en activité ou honoraire, président, de deux magistrats du siège de la cour d'appel, en activité ou honoraires, et de deux membres de la profession concernée. / Les arrêts de ces cours nationales de discipline peuvent faire l'objet d'un pourvoi devant la Cour de cassation. Le pourvoi est ouvert au procureur général. (…) ». D’autre part, aux termes de l’article 10 de cette ordonnance : « Il est institué, auprès de chaque juridiction disciplinaire de premier ressort mentionnée à l'article 11, un service chargé de réaliser les enquêtes sur les agissements susceptibles de constituer un manquement disciplinaire. Ce service peut être saisi par l'autorité de la profession compétente pour exercer l'action disciplinaire, par les autorités mentionnées aux articles 8 et 9 ou par la juridiction disciplinaire dans le cadre de ses pouvoirs d'instruction. (…) ». Aux termes de l’article 8 de cette ordonnance : « Le procureur général exerce l'action disciplinaire à l'encontre des commissaires de justice, des greffiers des tribunaux de commerce et des notaires du ressort de la cour d'appel, concurremment avec les autorités de chacune de ces professions compétentes pour l'exercer. (…) ». Enfin, aux termes du II. de l’article 29 de cette même ordonnance : « L'autorité compétente pour exercer l'action disciplinaire est le président du conseil régional ou interrégional des notaires ou le président du Conseil supérieur du notariat dans les conditions prévues au III du présent article. (…) ».
3. Par sa requête, M. B... demande à la juge des référés, statuant en application de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au président du conseil supérieur du notariat de « déclencher en urgence l’action disciplinaire qui lui incombe » afin de clarifier la situation juridique du bien situé 50 avenue du Président Wilson, dans le 16ème arrondissement de Paris. Il résulte des dispositions précitées que l’action disciplinaire diligentée à l’encontre d’un notaire à la demande de l’autorité compétente pour exercer le pouvoir disciplinaire relève, en dernier ressort, de la compétence juridictionnelle de la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire. Il s’ensuit que la présente requête relève de la compétence des juridictions de l’ordre judiciaire. Par suite, elle doit être rejetée, en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... B....
Fait à Paris, le 1er juillet 2026.
La juge des référés,
Signé
A. A...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution