Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2621356
lundi 3 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2621356 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2026, Mme A... B... demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous pour obtenir la clôture de sa demande de duplicata de titre de séjour et le déblocage de sa déclaration de changement d’adresse sur la plateforme de l’Administration numérique des étrangers en France dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance ;
2°) d’enjoindre au préfet de police de procéder, en lien avec les services techniques compétents, à toute vérification et correction nécessaires pour mettre fin au blocage affectant son dossier.
Elle soutient que :
-la condition d’urgence est satisfaite dès lors que le dysfonctionnement de l’ANEF l’empêche d’avoir un accès normal à ses démarches administratives ;
-la mesure demandée est utile ;
-la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la condition d’urgence n’est pas satisfaite dès lors qu’il ne peut pas clôturer la demande de duplicata, celle-ci n’ayant pas été déposée auprès de ses services.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A... B..., ressortissante marocaine née le 28 juillet 1998, est entrée en France en août 2018 sous couvert d’un visa long séjour « étudiant » et a été munie de cartes de séjour pluriannuelles en qualité d’étudiante, la dernière ayant expiré le 31 janvier 2024. Ne parvenant pas à déposer une demande de renouvellement de ce titre de séjour, elle a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Paris qui, par une ordonnance n° 2501231 du 11 février 2025, a enjoint au préfet de police de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de police de la convoquer pour procéder à toute démarche permettant de mettre fin au blocage affectant son dossier.
2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ».
3. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
4. D’une part, Mme B... soutient que, en l’absence de clôture de sa demande de duplicata de titre de séjour auprès de la préfecture du Rhône, elle est dans l’impossibilité de demander un titre de séjour avec changement de situation sur la plateforme de l’Administration numérique des étrangers en France. Toutefois, il résulte de l’instruction que Mme B..., qui soutient dans ses écritures s’être vu délivrer un titre de séjour à la suite de l’ordonnance n° 2501231 du 11 février 2025 du juge des référés du tribunal administratif de Paris, n’apporte aucun élément de nature à démontrer l’urgence s’attachant à sa demande de changement de situation. D’autre part, alors que Mme B... a effectué sa demande de duplicata lorsqu’elle résidait à Lyon, dans le département du Rhône, elle n’établit pas l’utilité des mesures sollicitées, le préfet de police soutenant être dans l’incapacité matérielle de procéder à la clôture de cette demande. Par suite, Mme B... ne justifie ni de l’urgence de sa situation ne de l’utilité des mesures qu’elle sollicite.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026.
La juge des référés,
Signé
K. WEIDENFELD
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2026, Mme A... B... demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous pour obtenir la clôture de sa demande de duplicata de titre de séjour et le déblocage de sa déclaration de changement d’adresse sur la plateforme de l’Administration numérique des étrangers en France dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance ;
2°) d’enjoindre au préfet de police de procéder, en lien avec les services techniques compétents, à toute vérification et correction nécessaires pour mettre fin au blocage affectant son dossier.
Elle soutient que :
-la condition d’urgence est satisfaite dès lors que le dysfonctionnement de l’ANEF l’empêche d’avoir un accès normal à ses démarches administratives ;
-la mesure demandée est utile ;
-la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la condition d’urgence n’est pas satisfaite dès lors qu’il ne peut pas clôturer la demande de duplicata, celle-ci n’ayant pas été déposée auprès de ses services.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A... B..., ressortissante marocaine née le 28 juillet 1998, est entrée en France en août 2018 sous couvert d’un visa long séjour « étudiant » et a été munie de cartes de séjour pluriannuelles en qualité d’étudiante, la dernière ayant expiré le 31 janvier 2024. Ne parvenant pas à déposer une demande de renouvellement de ce titre de séjour, elle a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Paris qui, par une ordonnance n° 2501231 du 11 février 2025, a enjoint au préfet de police de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de police de la convoquer pour procéder à toute démarche permettant de mettre fin au blocage affectant son dossier.
2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ».
3. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
4. D’une part, Mme B... soutient que, en l’absence de clôture de sa demande de duplicata de titre de séjour auprès de la préfecture du Rhône, elle est dans l’impossibilité de demander un titre de séjour avec changement de situation sur la plateforme de l’Administration numérique des étrangers en France. Toutefois, il résulte de l’instruction que Mme B..., qui soutient dans ses écritures s’être vu délivrer un titre de séjour à la suite de l’ordonnance n° 2501231 du 11 février 2025 du juge des référés du tribunal administratif de Paris, n’apporte aucun élément de nature à démontrer l’urgence s’attachant à sa demande de changement de situation. D’autre part, alors que Mme B... a effectué sa demande de duplicata lorsqu’elle résidait à Lyon, dans le département du Rhône, elle n’établit pas l’utilité des mesures sollicitées, le préfet de police soutenant être dans l’incapacité matérielle de procéder à la clôture de cette demande. Par suite, Mme B... ne justifie ni de l’urgence de sa situation ne de l’utilité des mesures qu’elle sollicite.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026.
La juge des référés,
Signé
K. WEIDENFELD
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.