Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2621592
lundi 3 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2621592 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GOMES TAVARES |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 juillet 2026, M. A... B..., représenté par Me Gomes Tavares, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision, née le 10 février 2026, par laquelle le préfet de police de Paris a implicitement refusé de renouveler sa carte de résident, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d’enjoindre au préfet de police de Paris, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre principal, de se prononcer sur sa demande de renouvellement de résident dans un délai de
quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, à titre subsidiaire, de lui délivrer une carte de résident à titre provisoire dans l’attente du jugement au fond et, à titre infiniment subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour de six mois renouvelable jusqu’au jugement au fond dans un délai de cinq jours à compter de la notification de ladite ordonnance ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 290 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l’urgence :
- en matière de renouvellement de titre de séjour, l’urgence est présumée ; en outre, l’absence de titre de séjour en cours de validité le met dans l’impossibilité de rendre visite à sa sœur atteinte d’une tumeur cérébrale, d’obtenir le renouvellement des documents de circulation pour étranger mineur de ses filles et d’utiliser son compte bancaire et l’expose au risque d’un ajournement ou d’un rejet de sa demande de naturalisation ;
Sur le doute sérieux :
- la décision est entachée d’un défaut d’examen effectif de sa situation ;
- elle est entachée d’une erreur de fait ;
- elle méconnaît l’article L. 433-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales e ;
- elle méconnaît l’article 3 § 1 de la convention internationale des droits de l’enfant.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
- la requête enregistrée le 14 juillet 2026 sous le numéro 2621591 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention internationale des droits de l’enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld, présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. » L'article L. 522-3 de code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. » Enfin, aux termes de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. »
2. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement d’un titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci.
3. M. A... B..., ressortissant tunisien né le 21 mai 1974, a sollicité le 10 octobre 2025 le renouvellement de sa carte de résident, valable jusqu’au 27 décembre 2025. Par la présente requête, M. B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision par laquelle le préfet de police de Paris a implicitement refusé de renouveler sa carte de résident.
4. Le requérant soutient que l’urgence est présumée s’agissant d’un refus de renouvellement de titre de séjour et que l’absence de titre de séjour en cours de validité le met dans l’impossibilité de rendre visite à sa sœur résidant en Tunisie, atteinte d’une tumeur cérébrale, d’obtenir le renouvellement des documents de circulation pour étranger mineur de ses filles et d’utiliser son compte bancaire et l’expose au risque d’un ajournement ou d’un rejet de sa demande de naturalisation. Toutefois, si l’urgence est en principe considérée comme caractérisée en cas de demande de renouvellement de titre de séjour, en l’espèce, il est constant que l’intéressé bénéficie, à la date de la présente ordonnance, d’une attestation de prolongation d’instruction de sa demande, valable jusqu’au 26 septembre 2026, l’autorisant à séjourner, à travailler et, d’une manière générale, à exercer l’ensemble des droits ouverts en raison de sa carte de résident, au nombre desquels figure le droit de conserver et d’accéder à ses comptes bancaires. Par ailleurs, les éléments relatifs à l’état de santé de sa sœur produits par M. B... sont antérieurs de plus d’un an à la date de la présente ordonnance. Enfin, la seule circonstance que sa demande de renouvellement de carte de résident fasse l’objet d’une prolongation d’instruction ne permet pas d’établir le risque de refus de renouvellement des documents de circulation pour étranger mineur de ses filles et d’ajournement ou de rejet de sa demande de naturalisation. Par suite, eu égard aux circonstances particulières de l’espèce et aux pouvoirs du juge des référés qui ne saurait enjoindre à la délivrance d’une carte de résident, une telle mesure n’ayant pas de caractère provisoire, la présomption d’urgence dont se prévaut M. B... ne peut être retenue et les éléments invoqués ne suffisent pas à constituer l’urgence au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner la condition relative à l’existence d’un moyen de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision querellée, que la requête de M. B... doit être rejetée, en toutes ses conclusions, en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Paris, le 3 août 2026.
La juge des référés,
Signé
K. WEIDENFELD
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 14 juillet 2026, M. A... B..., représenté par Me Gomes Tavares, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision, née le 10 février 2026, par laquelle le préfet de police de Paris a implicitement refusé de renouveler sa carte de résident, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d’enjoindre au préfet de police de Paris, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre principal, de se prononcer sur sa demande de renouvellement de résident dans un délai de
quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, à titre subsidiaire, de lui délivrer une carte de résident à titre provisoire dans l’attente du jugement au fond et, à titre infiniment subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour de six mois renouvelable jusqu’au jugement au fond dans un délai de cinq jours à compter de la notification de ladite ordonnance ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 290 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l’urgence :
- en matière de renouvellement de titre de séjour, l’urgence est présumée ; en outre, l’absence de titre de séjour en cours de validité le met dans l’impossibilité de rendre visite à sa sœur atteinte d’une tumeur cérébrale, d’obtenir le renouvellement des documents de circulation pour étranger mineur de ses filles et d’utiliser son compte bancaire et l’expose au risque d’un ajournement ou d’un rejet de sa demande de naturalisation ;
Sur le doute sérieux :
- la décision est entachée d’un défaut d’examen effectif de sa situation ;
- elle est entachée d’une erreur de fait ;
- elle méconnaît l’article L. 433-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales e ;
- elle méconnaît l’article 3 § 1 de la convention internationale des droits de l’enfant.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
- la requête enregistrée le 14 juillet 2026 sous le numéro 2621591 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention internationale des droits de l’enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld, présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. » L'article L. 522-3 de code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. » Enfin, aux termes de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. »
2. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement d’un titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci.
3. M. A... B..., ressortissant tunisien né le 21 mai 1974, a sollicité le 10 octobre 2025 le renouvellement de sa carte de résident, valable jusqu’au 27 décembre 2025. Par la présente requête, M. B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision par laquelle le préfet de police de Paris a implicitement refusé de renouveler sa carte de résident.
4. Le requérant soutient que l’urgence est présumée s’agissant d’un refus de renouvellement de titre de séjour et que l’absence de titre de séjour en cours de validité le met dans l’impossibilité de rendre visite à sa sœur résidant en Tunisie, atteinte d’une tumeur cérébrale, d’obtenir le renouvellement des documents de circulation pour étranger mineur de ses filles et d’utiliser son compte bancaire et l’expose au risque d’un ajournement ou d’un rejet de sa demande de naturalisation. Toutefois, si l’urgence est en principe considérée comme caractérisée en cas de demande de renouvellement de titre de séjour, en l’espèce, il est constant que l’intéressé bénéficie, à la date de la présente ordonnance, d’une attestation de prolongation d’instruction de sa demande, valable jusqu’au 26 septembre 2026, l’autorisant à séjourner, à travailler et, d’une manière générale, à exercer l’ensemble des droits ouverts en raison de sa carte de résident, au nombre desquels figure le droit de conserver et d’accéder à ses comptes bancaires. Par ailleurs, les éléments relatifs à l’état de santé de sa sœur produits par M. B... sont antérieurs de plus d’un an à la date de la présente ordonnance. Enfin, la seule circonstance que sa demande de renouvellement de carte de résident fasse l’objet d’une prolongation d’instruction ne permet pas d’établir le risque de refus de renouvellement des documents de circulation pour étranger mineur de ses filles et d’ajournement ou de rejet de sa demande de naturalisation. Par suite, eu égard aux circonstances particulières de l’espèce et aux pouvoirs du juge des référés qui ne saurait enjoindre à la délivrance d’une carte de résident, une telle mesure n’ayant pas de caractère provisoire, la présomption d’urgence dont se prévaut M. B... ne peut être retenue et les éléments invoqués ne suffisent pas à constituer l’urgence au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner la condition relative à l’existence d’un moyen de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision querellée, que la requête de M. B... doit être rejetée, en toutes ses conclusions, en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Paris, le 3 août 2026.
La juge des référés,
Signé
K. WEIDENFELD
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.