Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2621910

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2621910
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBARTHOD-COMPANT LA FONTAINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2026, M. B... A..., représenté par Me Barthod, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;

2°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction ou un récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’il renonce à la somme correspondant à la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.


Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la condition d’urgence n’est pas remplie dès lors que M. A... ne justifie pas de la situation de précarité dont il se prévaut et qu’au surplus, il a été mis en possession d’une attestation de prolongation d’instruction l’autorisant à travailler, valable jusqu’au 23 janvier 2027.


Par un mémoire, enregistré le 27 juillet 2026, M. A... conclut à ce qu’il n’y ait lieu à statuer sur ses conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte et maintient ses conclusions présentées au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld, présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d'urgence, (…) l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ». Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de prononcer l’admission provisoire de M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

2. M. A... a présenté le 27 juillet 2026 des conclusions à fin de non-lieu de ses conclusions en injonction et en astreinte, qui équivalent à un désistement pur et simple. Rien ne s’oppose à ce qu’il soit donné acte de ce désistement.

3. Sous réserve de l’admission définitive de M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle et sous réserve que Me Barthod, avocate de M. A..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Barthod de la somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans l’hypothèse où le bénéfice de l’aide juridictionnelle ne serait pas accordé à M. A..., cette somme lui sera versée.









O R D O N N E :


Article 1er : M. A... est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est donné acte du désistement de M. A... de ses conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte.

Article 3 : L’Etat versera une somme de 800 euros au titre des frais de justice dans les conditions prévues au point 3.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., au ministre de l’intérieur et à Me Barthod.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 3 août 2026.


La juge des référés,


Signé


K. Weidenfeld

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.