Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2621927

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2621927
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantHADDAD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 juillet et 1er août 2026, Mme B... A..., représentée par Me Haddad, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance pour lui permettre de déposer une demande de titre de séjour et de procéder à l’enregistrement de sa demande si le dossier est complet ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.


Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que l’urgence invoquée par Mme A... n’est pas établie ni l’utilité de la mesure sollicitée.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ».

2. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

3. Il résulte de l’instruction que Mme A..., ressortissante libanaise, née le 14 février 1996, titulaire, en dernier lieu, d’un titre de séjour portant la mention « entrepreneur / profession libérale », valable jusqu’au 13 mai 2025, a sollicité, le même jour, un titre de séjour portant la mention « passeport talent investisseur » et a été munie d’une attestation de prolongation d’instruction, valable jusqu’au 20 août 2025.
Le préfet de police a procédé, le 21 juin 2025, à la clôture de son dossier, à défaut de production dans le délai imparti d’une pièce. Mme A... a déposé, le 20 février 2026, une nouvelle demande de titre de séjour portant la mention « recherche d’emploi-création d’entreprise » qui a été classée sans suite, le 26 mars 2026, au motif, non sérieusement contesté, de la tardiveté de sa demande. Dans ces conditions, la clôture et le classement sans suite de ses deux demandes constituent des décisions de rejet de celles-ci qui s’opposent à ce qu’il soit fait droit aux conclusions en injonction présentées au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative. Par suite, les conclusions à fin d’injonction doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.




O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.


Fait à Paris le 3 août 2026.


La juge des référés,


Signé

K. Weidenfeld

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.