Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2621943
lundi 3 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2621943 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LE FERRAND |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2026, M. A... B..., représenté par Me Le Ferrand, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous pour lui permettre de déposer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans l’attente de l’instruction de son dossier, dans un délai de 8 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2400 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’il est maintenu en situation irrégulière, qu’il est ainsi impossible pour lui de décrocher un contrat d’apprentissage qui lui est nécessaire pour suivre la formation professionnalisante à laquelle il a été accepté ;
- la mesure demandée est utile dès lors qu’elle lui permet de se maintenir régulièrement sur le territoire français et de poursuivre sa formation ;
- la mesure ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative ;
- la mesure demandée ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l’utilité de la mesure et l’urgence ne sont pas établies dès lors que le fait que le requérant soit en situation irrégulière ne l’empêche nullement de poursuivre sa scolarité en alternance normalement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A... B..., ressortissant algérien né le 30 janvier 2006, a été titulaire, en dernier lieu, d’un visa « C Schengen » valable du 27 juillet 2023 au 21 janvier 2024. Après avoir effectué sa première et sa terminale dans des lycées en France, sa candidature pour effectuer des études supérieures a été retenue pour une formation professionnalisante nécessitant d’obtenir un contrat d’apprentissage. Il a donc sollicité une demande de rendez-vous à la préfecture afin d’y déposer une demande de titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » le 27 octobre 2025. Par la requête susvisée, M. B... demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d’enjoindre au préfet de police de le convoquer à un rendez-vous afin qu’il puisse déposer sa demande de renouvellement d’un titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans l’attente de l’instruction de son dossier.
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ».
3. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
4. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
5. D’une part, il résulte de l’instruction que M. B... n’a pu obtenir de rendez-vous afin de déposer sa demande de titre de séjour mention « vie privée et familiale » depuis sa demande du 27 octobre 2025. D’autre part, il résulte de l’instruction que l’inscription universitaire projetée par le requérant nécessite la possession d’un titre de séjour. Par suite, la condition d’urgence doit être regardée comme remplie. En outre, la mesure demandée est utile et ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.
6. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre au préfet de police de Paris de convoquer M. B... dans un délai de trois semaines à compter de la notification de la présente ordonnance, aux fins d’enregistrement de sa demande de titre de séjour, et de lui délivrer, à cette occasion, sous réserve de la complétude de son dossier, une autorisation provisoire de séjour. Il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais d’instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat le versement à M. B... d’une somme de 800 euros en application de l’article L. 761-1 du Code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de police, ou à tout préfet territorialement compétent, de convoquer M. B... dans un délai de trois semaines à compter de la notification de la présente ordonnance, aux fins de l’enregistrement de sa demande de titre de séjour, et de lui délivrer à cette occasion, sous réserve de la complétude de son dossier, une autorisation provisoire de séjour.
Article 2 : L’Etat versera à M. B... une somme de 800 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie sera faite au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026.
La juge des référés,
Signé
K. WEIDENFELD
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2026, M. A... B..., représenté par Me Le Ferrand, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous pour lui permettre de déposer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans l’attente de l’instruction de son dossier, dans un délai de 8 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2400 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’il est maintenu en situation irrégulière, qu’il est ainsi impossible pour lui de décrocher un contrat d’apprentissage qui lui est nécessaire pour suivre la formation professionnalisante à laquelle il a été accepté ;
- la mesure demandée est utile dès lors qu’elle lui permet de se maintenir régulièrement sur le territoire français et de poursuivre sa formation ;
- la mesure ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative ;
- la mesure demandée ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l’utilité de la mesure et l’urgence ne sont pas établies dès lors que le fait que le requérant soit en situation irrégulière ne l’empêche nullement de poursuivre sa scolarité en alternance normalement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A... B..., ressortissant algérien né le 30 janvier 2006, a été titulaire, en dernier lieu, d’un visa « C Schengen » valable du 27 juillet 2023 au 21 janvier 2024. Après avoir effectué sa première et sa terminale dans des lycées en France, sa candidature pour effectuer des études supérieures a été retenue pour une formation professionnalisante nécessitant d’obtenir un contrat d’apprentissage. Il a donc sollicité une demande de rendez-vous à la préfecture afin d’y déposer une demande de titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » le 27 octobre 2025. Par la requête susvisée, M. B... demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d’enjoindre au préfet de police de le convoquer à un rendez-vous afin qu’il puisse déposer sa demande de renouvellement d’un titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans l’attente de l’instruction de son dossier.
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ».
3. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
4. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
5. D’une part, il résulte de l’instruction que M. B... n’a pu obtenir de rendez-vous afin de déposer sa demande de titre de séjour mention « vie privée et familiale » depuis sa demande du 27 octobre 2025. D’autre part, il résulte de l’instruction que l’inscription universitaire projetée par le requérant nécessite la possession d’un titre de séjour. Par suite, la condition d’urgence doit être regardée comme remplie. En outre, la mesure demandée est utile et ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.
6. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre au préfet de police de Paris de convoquer M. B... dans un délai de trois semaines à compter de la notification de la présente ordonnance, aux fins d’enregistrement de sa demande de titre de séjour, et de lui délivrer, à cette occasion, sous réserve de la complétude de son dossier, une autorisation provisoire de séjour. Il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais d’instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat le versement à M. B... d’une somme de 800 euros en application de l’article L. 761-1 du Code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de police, ou à tout préfet territorialement compétent, de convoquer M. B... dans un délai de trois semaines à compter de la notification de la présente ordonnance, aux fins de l’enregistrement de sa demande de titre de séjour, et de lui délivrer à cette occasion, sous réserve de la complétude de son dossier, une autorisation provisoire de séjour.
Article 2 : L’Etat versera à M. B... une somme de 800 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie sera faite au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026.
La juge des référés,
Signé
K. WEIDENFELD
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.