Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2622029
lundi 3 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2622029 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET SMETH (SAS) |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2026, Mme A... E..., représentée par Me Samba, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un rendez-vous afin d’enregistrer sa demande d’admission exceptionnelle au séjour, dans un délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’elle attend une réponse depuis sept mois et que cela la place dans une situation de précarité administrative ;
- la mesure sollicité est utile car, au regard des dysfonctionnements du service public, elle est l’unique moyen pour la requérante de solliciter son admission exceptionnelle au séjour ;
- la mesure demandée ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative
- la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l’urgence n’est pas caractérisé car la requérante n’a entrepris de démarche administrative pour régulariser situation que tardivement ;
- la mesure sollicité fait obstacle à l’exécution la décision administrative classant sans suite la demande d’admission exceptionnelle au séjour de la requérante du 19 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Mme B..., ressortissante congolaise née le 17 juillet 1987, arrivée en France le 9 octobre 2008 munie d’un visa « D » valable jusqu’au 4 janvier 2009, a été en dernier lieu titulaire d’une carte de séjour temporaire valable du 4 février 2023 au 3 février 2024. Elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour le 19 janvier 2024 et a été mise en possession d’un récépissé valable jusqu’au 18 juillet 2024. Elle a ensuite déposé une nouvelle demande d’admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié sur la plateforme « Démarches numériques le 25 novembre 2025. Par la présente requête, Mme B... demande au juge des référés du tribunal administratif de Paris, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous pour procéder à l’enregistrement de sa demande de titre de séjour.
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ».
Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
Si, dans le cadre d’un « téléservice », l’étranger, après avoir déposé son formulaire de demande et les pièces justificatives exigées, établit n’avoir pas été convoqué dans un délai raisonnable, en dépit de plusieurs relances auprès des services de la préfecture, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de l’absence de convocation sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.
Il résulte de l’instruction que pour justifier l’urgence, Mme B... se prévaut du fait qu’elle est maintenue de manière prolongée dans une situation précaire pour une durée anormalement longue, qu’elle est exposée à un risque d’éloignement et contrainte de vivre avec l’anxiété permanente d’un contrôle de sa situation administrative. Toutefois, la requérante, qui a présenté sa demande il y a environ 8 mois, ne justifie pas avoir entrepris de démarches en vue de sa régularisation du 18 juillet 2024 au 25 novembre 2025 et s’est ainsi maintenue en situation irrégulière pendant toute cette période. Dans ces conditions, elle ne justifie pas de circonstances particulières impliquant que sa demande de titre de séjour soit examinée prioritairement par rapport à celle d’autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation d’attente d’un rendez-vous ou permettant de caractériser une situation d’urgence nécessitant la délivrance d’un récépissé à bref délai. Ainsi, la condition d’urgence à laquelle les dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée ne peut être regardée comme remplie.
Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme D... être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... E... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026.
La juge des référés,
Signé
K. WEIDENFELD
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2026, Mme A... E..., représentée par Me Samba, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un rendez-vous afin d’enregistrer sa demande d’admission exceptionnelle au séjour, dans un délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’elle attend une réponse depuis sept mois et que cela la place dans une situation de précarité administrative ;
- la mesure sollicité est utile car, au regard des dysfonctionnements du service public, elle est l’unique moyen pour la requérante de solliciter son admission exceptionnelle au séjour ;
- la mesure demandée ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative
- la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l’urgence n’est pas caractérisé car la requérante n’a entrepris de démarche administrative pour régulariser situation que tardivement ;
- la mesure sollicité fait obstacle à l’exécution la décision administrative classant sans suite la demande d’admission exceptionnelle au séjour de la requérante du 19 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Mme B..., ressortissante congolaise née le 17 juillet 1987, arrivée en France le 9 octobre 2008 munie d’un visa « D » valable jusqu’au 4 janvier 2009, a été en dernier lieu titulaire d’une carte de séjour temporaire valable du 4 février 2023 au 3 février 2024. Elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour le 19 janvier 2024 et a été mise en possession d’un récépissé valable jusqu’au 18 juillet 2024. Elle a ensuite déposé une nouvelle demande d’admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié sur la plateforme « Démarches numériques le 25 novembre 2025. Par la présente requête, Mme B... demande au juge des référés du tribunal administratif de Paris, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous pour procéder à l’enregistrement de sa demande de titre de séjour.
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ».
Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
Si, dans le cadre d’un « téléservice », l’étranger, après avoir déposé son formulaire de demande et les pièces justificatives exigées, établit n’avoir pas été convoqué dans un délai raisonnable, en dépit de plusieurs relances auprès des services de la préfecture, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de l’absence de convocation sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.
Il résulte de l’instruction que pour justifier l’urgence, Mme B... se prévaut du fait qu’elle est maintenue de manière prolongée dans une situation précaire pour une durée anormalement longue, qu’elle est exposée à un risque d’éloignement et contrainte de vivre avec l’anxiété permanente d’un contrôle de sa situation administrative. Toutefois, la requérante, qui a présenté sa demande il y a environ 8 mois, ne justifie pas avoir entrepris de démarches en vue de sa régularisation du 18 juillet 2024 au 25 novembre 2025 et s’est ainsi maintenue en situation irrégulière pendant toute cette période. Dans ces conditions, elle ne justifie pas de circonstances particulières impliquant que sa demande de titre de séjour soit examinée prioritairement par rapport à celle d’autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation d’attente d’un rendez-vous ou permettant de caractériser une situation d’urgence nécessitant la délivrance d’un récépissé à bref délai. Ainsi, la condition d’urgence à laquelle les dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée ne peut être regardée comme remplie.
Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme D... être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... E... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026.
La juge des référés,
Signé
K. WEIDENFELD
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.