Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2622036

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2622036
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLELOUP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 juillet 2026 et le 24 juillet 2026, M. B... A..., représenté par Me Leloup-Dassonville, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de police ou à tout préfet territorialement compétent de lui fixer un rendez-vous, dans le délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, pour lui permettre de déposer une demande de titre de séjour et de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour ou une attestation de prolongation d’instruction ;

2°) d’enjoindre au préfet de police ou à tour préfet territorialement compétent, de lui délivrer, en tout état de cause, un document provisoire de séjour assurant la continuité de son droit au séjour, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 800 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.


Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la condition d’urgence n’est pas remplie.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. D’une part, aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ».

2. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

3. D’autre part, aux termes de l’article R. 431-5 du code de l’entrée et du séjour et du droit d’asile: « Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ».

4. Il résulte de l’instruction que M. A..., ressortissant indien, né le 30 octobre 1997, titulaire, en dernier lieu, d’une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « passeport talent investisseur », valable jusqu’au 15 juin 2026, a sollicité, le 2 juin 2026, un titre de séjour portant la mention « entrepreneur/ profession libérale » et un autre portant la mention « commerçant/artisan/industriel » ainsi qu’un récépissé, le 24 juillet 2026. En application des dispositions précitées, et contrairement à ce que fait valoir le requérant, sa demande de titre de séjour aurait dû être déposée dans le courant des deux mois qui précèdent l’expiration de son dernier titre de séjour. Dès lors, en présentant tardivement sa demande, le requérant s’est lui-même placé dans la situation d’urgence qu’il invoque. Par ailleurs, eu égard au relativement bref délai séparation sa demande de la présente ordonnance, la condition d’urgence ne peut être regardée comme remplie. Il s’ensuit qu’il ne peut être fait droit aux conclusions en injonction présentées au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative. Par conséquent, les conclusions à fin d’injonction doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.


Fait à Paris, le 3 août 2026.

La juge des référés,


Signé

K. Weidenfeld

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.