Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2622464
lundi 3 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2622464 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 21 juillet 2026 et le 29 juillet 2026, M. A... C... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de police de le convoquer à un rendez-vous afin de procéder à l’enregistrement de sa demande de carte de résidence algérien et de lui remettre un récépissé de sa demande l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de dire que l’ordonnance sera exécutoire dès la date de sa notification ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- elle ne fait obstacle à aucune autre décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le requérant n’établit ni l’urgence ni l’utilité de la mesure.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B... pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. »
2. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Par la présente requête susvisée, M. C..., ressortissant algérien né le 9 avril 1981, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, qu’il soit enjoint au préfet de police de le convoquer à un rendez-vous en préfecture pour le dépôt de son dossier de demande de certificat de résidence algérien et de lui délivrer un récépissé de sa demande l’autorisant à travailler. Pour justifier de l’urgence à obtenir du juge des référés le prononcé des mesures sollicitées, M. C... fait valoir que sa demande de rendez-vous demeure pendante depuis plusieurs mois, qu’il réside en France depuis onze ans, qu’il est marié à une ressortissante de nationalité française et qu’il risque d’être exposé à un risque d’éloignement dont l’exécution pourrait avoir de graves conséquences sur sa santé. Toutefois, il résulte de l’instruction que M. C..., entré en France en 2015, n’a entrepris aucune des démarches en vue de régulariser sa situation entre janvier 2023 et avril 2026, date avant laquelle il n’apporte aucune preuve de ses tentatives vaines de demande de prise de rendez-vous avec les services préfectoraux. D’autre part, si M. C... verse aux débats des pièces médicales, il ne ressort d’aucune de ces pièces que son état de santé nécessite une prise en charge médicale urgente. En outre, si le requérant fait état de son mariage avec une ressortissante de nationalité française, il résulte de l’instruction, confirmé par ses propres écritures, qu’il n’entretient plus de communauté de vie avec son épouse. Enfin, la circonstance que le requérant soit exposé à un risque d’éloignement du territoire français, qu’il pourrait d’ailleurs contester dans le cadre d’un recours suspensif, ne suffit pas à caractériser une situation d’urgence. Il s’ensuit que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite en l’espèce.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. C... doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des frais d’instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026.
La juge des référés,
Signé
M. B...
La République mande et ordonne ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 21 juillet 2026 et le 29 juillet 2026, M. A... C... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de police de le convoquer à un rendez-vous afin de procéder à l’enregistrement de sa demande de carte de résidence algérien et de lui remettre un récépissé de sa demande l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de dire que l’ordonnance sera exécutoire dès la date de sa notification ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- elle ne fait obstacle à aucune autre décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le requérant n’établit ni l’urgence ni l’utilité de la mesure.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B... pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. »
2. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Par la présente requête susvisée, M. C..., ressortissant algérien né le 9 avril 1981, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, qu’il soit enjoint au préfet de police de le convoquer à un rendez-vous en préfecture pour le dépôt de son dossier de demande de certificat de résidence algérien et de lui délivrer un récépissé de sa demande l’autorisant à travailler. Pour justifier de l’urgence à obtenir du juge des référés le prononcé des mesures sollicitées, M. C... fait valoir que sa demande de rendez-vous demeure pendante depuis plusieurs mois, qu’il réside en France depuis onze ans, qu’il est marié à une ressortissante de nationalité française et qu’il risque d’être exposé à un risque d’éloignement dont l’exécution pourrait avoir de graves conséquences sur sa santé. Toutefois, il résulte de l’instruction que M. C..., entré en France en 2015, n’a entrepris aucune des démarches en vue de régulariser sa situation entre janvier 2023 et avril 2026, date avant laquelle il n’apporte aucune preuve de ses tentatives vaines de demande de prise de rendez-vous avec les services préfectoraux. D’autre part, si M. C... verse aux débats des pièces médicales, il ne ressort d’aucune de ces pièces que son état de santé nécessite une prise en charge médicale urgente. En outre, si le requérant fait état de son mariage avec une ressortissante de nationalité française, il résulte de l’instruction, confirmé par ses propres écritures, qu’il n’entretient plus de communauté de vie avec son épouse. Enfin, la circonstance que le requérant soit exposé à un risque d’éloignement du territoire français, qu’il pourrait d’ailleurs contester dans le cadre d’un recours suspensif, ne suffit pas à caractériser une situation d’urgence. Il s’ensuit que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite en l’espèce.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. C... doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des frais d’instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026.
La juge des référés,
Signé
M. B...
La République mande et ordonne ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.