Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2622466

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2622466
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantOLSUFIEV

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 juillet 2026, et des pièces complémentaires, enregistrées le 24 juillet 2026, M. B... A..., représenté par Me Olsufiev, demande au juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer une convocation en vue du dépôt de sa demande d’admission exceptionnelle au séjour, d’enregistrer sa demande et, si le dossier est complet, de lui délivrer un récépissé, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) à titre subsidiaire, d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un récépissé dans un délai de quarante-huit heures, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.


Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le requérant ne justifie pas de l’urgence et qu’il s’est placé lui-même dans la situation d’urgence alléguée.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné Mme Merino pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. »

2. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. M. A..., ressortissant sud-coréen née le 23 février 1992, a déposé une demande de rendez-vous pour le dépôt de son dossier d’admission exceptionnelle au séjour, via la plateforme « démarche numérique », le 27 mars 2026. Par la présente requête, M. A... demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de police de le convoquer à un rendez-vous en préfecture pour le dépôt de son dossier de demande d’admission exceptionnelle au séjour et de lui délivrer un récépissé de sa demande. Pour justifier de l’urgence à obtenir du juge des référés le prononcé des mesures sollicitées, M. A... fait valoir qu’il réside en France depuis 2012, qu’il est privé de la possibilité de travailler et de bénéficier des droits sociaux et que l’absence de perspectives administratives aggrave son état dépressif. Toutefois, il résulte de l’instruction que M. A... est en situation irrégulière depuis mars 2022, qu’il n’a entrepris des démarches en vue de régulariser sa situation que le 29 mai 2024, que sa demande a été clôturée le 15 mai 2025 faute d’avoir produit les documents demandés et qu’il a attendu le 27 mars 2026 avant de déposer une nouvelle demande de rendez-vous en vue de demander son admission exceptionnelle au séjour. En outre, s’il se prévaut de problèmes de santé qui seraient aggravés par sa situation administrative, il ne l’établit par aucune pièce et ne justifie d’aucune circonstance particulière au regard des conditions de son séjour en France, de la date et du fondement de sa demande de titre de séjour ou de sa situation personnelle et familiale, impliquant que sa demande de titre de séjour soit examinée prioritairement par rapport à celle d’autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation ou permettant de caractériser une situation d’urgence nécessitant la délivrance d’un rendez-vous à bref délai. Il s’ensuit que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite en l’espèce.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des frais d’instance.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.


Fait à Paris, le 3 août 2026.


La juge des référés,

Signé

M. MERINO


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.