Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2622472

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2622472
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 juillet 2026, M. A... C... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’enjoindre au préfet territorialement compétent d’examiner sa demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention « salarié » dans les plus brefs délais et dans l’attente de lui délivrer un document provisoire lui permettant de justifier de la régularité de son séjour et de son droit au travail.


Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile.

Le préfet de police, à qui la procédure a été communiquée, n’a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B... pour statuer sur les demandes de référé.






Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. »

2. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. M. C..., ressortissant libanais né le 17 juillet 1999, a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour le 17 juin 2026 dont la validité a expiré le 21 juillet 2026. Par la présente requête susvisée, M. C... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre aux services préfectoraux de procéder à l’examen de sa demande et dans l’attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler. Pour justifier de l’urgence à obtenir du juge des référés le prononcé des mesures sollicitées, M. C... fait valoir que son contrat de travail a été suspendu le 24 juillet 2026 et ce jusqu’à l’obtention d’un nouveau titre de séjour. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. C... a sollicité le renouvellement de son titre de séjour seulement cinq semaines avant l’échéance du titre dont il était titulaire. En effet, si le requérant prétend avoir formulé une première demande antérieure au 17 juin 2026, il n’en précise pas la date ni n’en apporte la preuve. Dès lors, en agissant hors des délais qui lui étaient impartis, il s’est placé lui-même dans la situation de précarité dont il se prévaut. Il s’ensuit que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite en l’espèce.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. C... doit être rejetée en toutes ses conclusions.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 3 août 2026.

La juge des référés,


Signé

M. B...

La République mande et ordonne ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.