Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2622498
lundi 3 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2622498 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GUILLOU |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 juillet 2026, Mme B... A..., représentée par Me Guillou, demande au juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer une convocation en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer le récépissé prévu à l’article R. 431-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requérante ne justifie pas de l’urgence et que les mesures demandées ne sont pas utiles et font obstacle à l’exécution d’une décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Merino pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. »
2. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Mme A..., ressortissante haïtienne née le 1er juillet 1978, a déposé une demande de rendez-vous pour le dépôt de son dossier d’admission exceptionnelle au séjour, via la plateforme « démarche numérique », le 4 février 2026. Par la présente requête susvisée, Mme A... demande au juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, de la convoquer à un rendez-vous en préfecture pour le dépôt de son dossier de demande d’admission exceptionnelle au séjour et de lui délivrer un récépissé de sa demande. Pour justifier de l’urgence à obtenir du juge des référés le prononcé des mesures sollicitées, Mme A... fait valoir que sa demande de rendez-vous demeure pendante depuis plusieurs mois, qu’elle est maintenue dans une situation de précarité administrative et socio-professionnelle et exposée à un risque d’éloignement. Toutefois, il résulte de l’instruction que Mme A... est entrée en France en 2013, qu’elle a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français prononcée par un arrêté du préfet de police du 31 mai 2019 qu’elle n’a pas exécutée, et que, s’étant maintenue irrégulièrement sur le territoire, elle ne justifie pas avoir entrepris des démarches en vue de régulariser sa situation avant le 4 février 2026, date à laquelle elle a déposé une demande de rendez-vous pour déposer sa d’admission exceptionnelle au séjour. Elle s’est ainsi maintenue en situation irrégulière sur le territoire français pendant plus treize ans. En outre, la requérante ne produit aucun élément de nature à démontrer qu’il lui serait impossible de mener une vie privée et familiale ou de poursuivre son activité professionnelle d’employée à domicile qu’elle exerce depuis septembre 2022 et qu’elle a toujours exercée en situation irrégulière sur le territoire français. Enfin, la circonstance que la requérante soit exposée à un risque d’éloignement du territoire français, qu’elle pourrait d’ailleurs contester dans le cadre d’un recours suspensif, ne suffit pas à caractériser une situation d’urgence. Il s’ensuit que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite en l’espèce.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par Mme A... doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des frais d’instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026.
La juge des référés,
Signé
M. MERINO
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Par une requête, enregistrée le 22 juillet 2026, Mme B... A..., représentée par Me Guillou, demande au juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer une convocation en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer le récépissé prévu à l’article R. 431-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requérante ne justifie pas de l’urgence et que les mesures demandées ne sont pas utiles et font obstacle à l’exécution d’une décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Merino pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. »
2. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Mme A..., ressortissante haïtienne née le 1er juillet 1978, a déposé une demande de rendez-vous pour le dépôt de son dossier d’admission exceptionnelle au séjour, via la plateforme « démarche numérique », le 4 février 2026. Par la présente requête susvisée, Mme A... demande au juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, de la convoquer à un rendez-vous en préfecture pour le dépôt de son dossier de demande d’admission exceptionnelle au séjour et de lui délivrer un récépissé de sa demande. Pour justifier de l’urgence à obtenir du juge des référés le prononcé des mesures sollicitées, Mme A... fait valoir que sa demande de rendez-vous demeure pendante depuis plusieurs mois, qu’elle est maintenue dans une situation de précarité administrative et socio-professionnelle et exposée à un risque d’éloignement. Toutefois, il résulte de l’instruction que Mme A... est entrée en France en 2013, qu’elle a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français prononcée par un arrêté du préfet de police du 31 mai 2019 qu’elle n’a pas exécutée, et que, s’étant maintenue irrégulièrement sur le territoire, elle ne justifie pas avoir entrepris des démarches en vue de régulariser sa situation avant le 4 février 2026, date à laquelle elle a déposé une demande de rendez-vous pour déposer sa d’admission exceptionnelle au séjour. Elle s’est ainsi maintenue en situation irrégulière sur le territoire français pendant plus treize ans. En outre, la requérante ne produit aucun élément de nature à démontrer qu’il lui serait impossible de mener une vie privée et familiale ou de poursuivre son activité professionnelle d’employée à domicile qu’elle exerce depuis septembre 2022 et qu’elle a toujours exercée en situation irrégulière sur le territoire français. Enfin, la circonstance que la requérante soit exposée à un risque d’éloignement du territoire français, qu’elle pourrait d’ailleurs contester dans le cadre d’un recours suspensif, ne suffit pas à caractériser une situation d’urgence. Il s’ensuit que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite en l’espèce.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par Mme A... doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des frais d’instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026.
La juge des référés,
Signé
M. MERINO
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.