Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2622559
lundi 3 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2622559 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET AK AVOCATS (AARPI) |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 22 juillet 2026 et le 29 juillet 2026, M. C... B..., représenté par Me Akopov, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de titre de séjour l’autorisant expressément à franchir les frontières de l’espace Schengen dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- elle ne fait obstacle à aucune autre décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le requérant n’établit l’urgence de la mesure sollicitée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A... pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. »
2. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. M. B..., ressortissant tunisien né le 16 février 2008, titulaire en dernier lieu d’un document de circulation pour étranger mineur valable du 25 juillet 2025 au 25 juillet 2026, a déposé une première demande de titre de séjour le 29 avril 2026 et a été muni, le 16 juin 2026, d’une attestation de prolongation d’instruction ne l’autorisant pas à franchir les frontières de l’espace Schengen. Par la présente requête susvisée, M. B... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction lui permettant de voyager en dehors de l’espace Schengen. Pour justifier de l’urgence à obtenir du juge des référés le prononcé des mesures sollicitées, M. B... se prévaut dans le dernier état de ses écritures d’un nouveau séjour de deux semaines prévu du 10 au 21 août 2026 à Oxford au Royaume-Uni en indiquant avoir été contraint d’annuler son séjour linguistique initialement prévu à Dublin du 27 juillet au 8 août 2026 d’un montant de 1772 euros, en raison du retard de la préfecture de police à lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction l’autorisant à franchir les frontières. Toutefois, M. B... ne justifie pas avoir réglé la formation linguistique dont il se prévaut ou celle initialement prévue, ou être dans l’impossibilité d’en reporter le début. Il ne justifie pas davantage du caractère indispensable de cette formation à l’étranger. En outre, il a saisi le tribunal administratif seulement cinq jours avant son départ. Dès lors, en agissant tardivement, il s’est placé lui-même dans la situation de précarité dont il se prévaut. Il s’ensuit que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite en l’espèce.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des frais d’instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026.
La juge des référés,
Signé
M. A...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 22 juillet 2026 et le 29 juillet 2026, M. C... B..., représenté par Me Akopov, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de titre de séjour l’autorisant expressément à franchir les frontières de l’espace Schengen dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- elle ne fait obstacle à aucune autre décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le requérant n’établit l’urgence de la mesure sollicitée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A... pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. »
2. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. M. B..., ressortissant tunisien né le 16 février 2008, titulaire en dernier lieu d’un document de circulation pour étranger mineur valable du 25 juillet 2025 au 25 juillet 2026, a déposé une première demande de titre de séjour le 29 avril 2026 et a été muni, le 16 juin 2026, d’une attestation de prolongation d’instruction ne l’autorisant pas à franchir les frontières de l’espace Schengen. Par la présente requête susvisée, M. B... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction lui permettant de voyager en dehors de l’espace Schengen. Pour justifier de l’urgence à obtenir du juge des référés le prononcé des mesures sollicitées, M. B... se prévaut dans le dernier état de ses écritures d’un nouveau séjour de deux semaines prévu du 10 au 21 août 2026 à Oxford au Royaume-Uni en indiquant avoir été contraint d’annuler son séjour linguistique initialement prévu à Dublin du 27 juillet au 8 août 2026 d’un montant de 1772 euros, en raison du retard de la préfecture de police à lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction l’autorisant à franchir les frontières. Toutefois, M. B... ne justifie pas avoir réglé la formation linguistique dont il se prévaut ou celle initialement prévue, ou être dans l’impossibilité d’en reporter le début. Il ne justifie pas davantage du caractère indispensable de cette formation à l’étranger. En outre, il a saisi le tribunal administratif seulement cinq jours avant son départ. Dès lors, en agissant tardivement, il s’est placé lui-même dans la situation de précarité dont il se prévaut. Il s’ensuit que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite en l’espèce.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des frais d’instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026.
La juge des référés,
Signé
M. A...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.