Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2622616

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2622616
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantAMROUCHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrés le 22 juillet 2026, M. A... B..., représenté par Me Amrouche, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de police de le convoquer à un rendez-vous fixé dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler durant toute la durée de la procédure d’examen de sa situation ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- elle ne fait obstacle à aucune autre décision administrative.


Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le requérant n’établit ni l’urgence ni l’utilité de la mesure.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné Mme C... pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. »

2. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. M. B..., ressortissant bangladais né le 1er mars 1989, a déposé une demande de rendez-vous pour le dépôt de son dossier d’admission exceptionnelle au séjour, via la plateforme « démarche numérique », le 26 octobre 2025. Par la présente requête susvisée, M. B... demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, de le convoquer à un rendez-vous en préfecture pour le dépôt de son dossier de demande d’admission exceptionnelle au séjour et de lui délivrer un récépissé de sa demande avec autorisation de travail. Pour justifier de l’urgence à obtenir du juge des référés le prononcé des mesures sollicitées, M. B... fait valoir que l’article L. 435-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dont il se prévaut à l’appui de sa demande d’admission exceptionnelle au séjour n’est en vigueur que jusqu’au 31 décembre 2026. Toutefois, il résulte de l’instruction que le requérant n’a entrepris des démarches en vue de régulariser sa situation qu’au bout de cinq ans suivant son entrée en France en 2020 et s’est ainsi maintenu en situation irrégulière sur le territoire français pendant toute cette période. Le requérant qui, pour justifier l’urgence à obtenir une mesure du juge des référés, se borne à se prévaloir de ce que l’impossibilité dans laquelle il se trouve d’obtenir une date de convocation l’expose à un risque de perte du motif de sa régularisation, ne justifie ainsi d’aucune circonstance particulière au regard de la durée et des conditions de son séjour en France, de la date et du fondement de sa demande d’admission exceptionnelle au séjour ou de sa situation personnelle et familiale, impliquant que sa demande d’admission exceptionnelle au séjour soit examinée prioritairement par rapport à celle d’autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation ou permettant de caractériser une situation d’urgence nécessitant la délivrance d’un rendez-vous à bref délai. Ainsi, la condition d’urgence à laquelle les dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée ne peut être regardée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des frais d’instance.



O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.


Fait à Paris, le 3 août 2026.


La juge des référés,


Signé

M. C...

La République mande et ordonne ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.