Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2622633

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2622633
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET LFMA (SELARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 juillet 2026 et le 2 août 2026, M. B... C..., représenté par Me Lerein, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de police de lui remettre une attestation de prolongation d’instruction dans un délai d’une semaine à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile.


Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le requérant n’établit l’urgence de la mesure sollicitée.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné Mme A... pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. »

2. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. M. C..., ressortissant congolais né le 12 novembre 1992, a déposé une première demande de titre de séjour le 5 juin 2026, classée sans suite le 15 juin 2026 au motif qu’elle devait être déposée sur le site de l’ANEF. Par la présente requête susvisée, M. C... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de police de lui remettre une attestation de prolongation d’instruction. Pour justifier de l’urgence à obtenir du juge des référés le prononcé des mesures sollicitées, M. C... fait valoir qu’il dispose d’une promesse d’embauche qui lui permettrait de subvenir aux besoins de sa famille et qu’il est exposé à un risque d’éloignement. Toutefois, il résulte de l'instruction que la promesse d’embauche délivrée au requérant n’est conditionnée qu’à la régularisation de la situation de celui-ci, sans condition de délai. En outre, la circonstance que le requérant soit exposé à un risque d’éloignement du territoire français, qu’il pourrait d’ailleurs contester dans le cadre d’un recours suspensif, ne suffit pas à caractériser une situation d’urgence. Enfin, aucune demande de titre de séjour présentée par M. C... n’est actuellement en cours. En effet, si le requérant prétend avoir tenté de présenter une demande de titre de séjour, il n’en apporte pas la preuve et ne démontre pas avoir tenté de solliciter les services de l’ANEF pour l’aider à effectuer cette démarche. Il s’ensuit que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite en l’espèce.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. C... doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des frais d’instance.





O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 3 août 2026.


La juge des référés,


Signé

M. A...

La République mande et ordonne ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.