Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2622752

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2622752
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET SALIGARI - EL AMINE AVOCATS & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 juillet 2026, M. B... C..., représenté par Me El Amine demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet territorialement compétent de le convoquer et de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de carte de séjour l’autorisant à travailler dans un délai de sept jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.


Le préfet de police, à qui la procédure a été communiquée, n’a pas produit de mémoire en défense.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme A... pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. »

2. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. M. C..., ressortissant tunisien né le 22 juillet 1992, a été muni d’une carte de séjour temporaire mention « salarié » valable jusqu’au 2 juillet 2026. Le 8 août 2025, soit durant la période de validité de ce titre, il a sollicité la modification de la date de naissance erronée figurant sur son titre. Par ailleurs, le 16 décembre 2025 il a demandé la délivrance d’un duplicata de son titre de séjour qui a été clôturée au motif que cette demande n’entrait pas dans le champ d’une demande de modification d’état civil. M. C... a donc été invité à déposer une demande de modification de situation en choisissant le formulaire « Etat civil » correspondant à sa situation. Le 9 février 2026, M. C... s’est vu délivrer une confirmation de dépôt de sa demande de changement de situation. En parallèle, le 16 avril 2026, M. C... a été convoqué dans les services de la préfecture de police dans le cadre de sa demande de renouvellement de son titre de séjour. Il indique ne pas avoir reçu à cette occasion de récépissé de demande de renouvellement de titre au motif que la date de naissance figurant sur son ancien titre de séjour est erronée. Ayant finalement été muni le 4 mai 2026 d’un récépissé de demande de carte de séjour valable jusqu’au 4 novembre 2026, M. C... indique que ce document lui a été repris lors d’une convocation en préfecture le 3 juin 2026 et qu’un duplicata de son précédent titre de séjour lui a été remis à cette occasion sans qu’il n’en comprenne l’utilité. M. C... ayant déposé le 8 juin 2026 une nouvelle demande de récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour qui n’a pas été suivie d’effet, il demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un nouveau récépissé de demande de renouvellement de carte de séjour l’autorisant à travailler. Pour justifier de l’urgence à obtenir du juge des référés le prononcé des mesures sollicitées, M. C... fait uniquement valoir qu’il est exposé à un risque d’éloignement. Or, la circonstance que le requérant soit exposé à un risque d’éloignement du territoire français, qu’il pourrait d’ailleurs contester dans le cadre d’un recours suspensif, ne suffit pas à caractériser une situation d’urgence. Il s’ensuit que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite en l’espèce.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. C... doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des frais d’instance.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.


Fait à Paris, le 3 août 2026.


La juge des référés,


Signé

M. A...

La République mande et ordonne ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.