Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2622762
lundi 3 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2622762 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | OUELHADJ |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 juillet 2026 et le 28 juillet 2026, Mme A... B..., représenté par Me Ouelhadj, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de police de la convoquer afin de lui délivrer un récépissé de demande d’admission exceptionnelle au séjour l’autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requérante ne justifie pas de l’urgence.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Merino pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. »
2. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Il résulte de l’instruction que Mme B..., ressortissante algérienne née le 11 novembre 2007, a déposé une demande de rendez-vous en vue de déposer un dossier au titre de l’admission exceptionnelle au séjour le 5 janvier 2026 sur le site de la plateforme Démarches Numériques. L’examen de sa demande est toujours en cours de traitement. Pour justifier de l’urgence à obtenir du juge des référés le prononcé des mesures sollicitées, Mme B... fait valoir qu’elle a obtenu son baccalauréat technologique au mois de juin 2026 et que son inscription au BTS Banque au sein du pôle d’enseignement supérieur de Teilhard de Chardin pour la rentrée scolaire de septembre 2026 est conditionnée à l’obtention d’un titre de séjour. Par suite, Mme B... justifie de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle de disposer, si son dossier est complet, d’un récépissé de sa demande d’admission exceptionnelle au séjour. Elle établit ainsi l’urgence et l’utilité de la mesure demandée. Enfin, il ne résulte pas de l’instruction que sa demande ferait obstacle à une décision administrative.
5. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre au préfet de police d’enregistrer la demande d’admission exceptionnelle au séjour de Mme B..., dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer, si son dossier est complet, un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 800 euros au titre des frais exposés par Mme B... et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de police de donner un rendez-vous à Mme B... dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance afin de lui permettre de déposer sa demande d’admission exceptionnelle au séjour et de lui remettre, si son dossier est complet, un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler.
Article 2 : L’Etat versera à Mme A... B... une somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026.
La juge des référés,
Signé
M. MERINO
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 juillet 2026 et le 28 juillet 2026, Mme A... B..., représenté par Me Ouelhadj, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de police de la convoquer afin de lui délivrer un récépissé de demande d’admission exceptionnelle au séjour l’autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requérante ne justifie pas de l’urgence.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Merino pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. »
2. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Il résulte de l’instruction que Mme B..., ressortissante algérienne née le 11 novembre 2007, a déposé une demande de rendez-vous en vue de déposer un dossier au titre de l’admission exceptionnelle au séjour le 5 janvier 2026 sur le site de la plateforme Démarches Numériques. L’examen de sa demande est toujours en cours de traitement. Pour justifier de l’urgence à obtenir du juge des référés le prononcé des mesures sollicitées, Mme B... fait valoir qu’elle a obtenu son baccalauréat technologique au mois de juin 2026 et que son inscription au BTS Banque au sein du pôle d’enseignement supérieur de Teilhard de Chardin pour la rentrée scolaire de septembre 2026 est conditionnée à l’obtention d’un titre de séjour. Par suite, Mme B... justifie de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle de disposer, si son dossier est complet, d’un récépissé de sa demande d’admission exceptionnelle au séjour. Elle établit ainsi l’urgence et l’utilité de la mesure demandée. Enfin, il ne résulte pas de l’instruction que sa demande ferait obstacle à une décision administrative.
5. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre au préfet de police d’enregistrer la demande d’admission exceptionnelle au séjour de Mme B..., dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer, si son dossier est complet, un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 800 euros au titre des frais exposés par Mme B... et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de police de donner un rendez-vous à Mme B... dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance afin de lui permettre de déposer sa demande d’admission exceptionnelle au séjour et de lui remettre, si son dossier est complet, un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler.
Article 2 : L’Etat versera à Mme A... B... une somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026.
La juge des référés,
Signé
M. MERINO
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.