Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2622839
lundi 3 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2622839 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DJEMAOUN |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 juin 2026, M. C... B... demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 23 juillet 2026 par lequel le préfet de police l’a maintenu en rétention pendant le temps strictement nécessaire à l’examen de sa demande d’asile par l’office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d’irrecevabilité de celle-ci, dans l’attente de son départ ;
2°) de suspendre, sur le fondement de l’article L. 752-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, l’exécution de l’arrêté du 3 janvier 2026 par lequel le préfet de police l’a obligé à quitter le territoire français, et ce jusqu’à ce que l’OFPRA ou le cas échéant la cour nationale du droit d’asile aient statué sur sa demande d’asile ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A... en application des dispositions de l’article L. 922-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Considérant ce qui suit :
1.
Aux termes de l’article R. 922-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le jugement est rendu, sans conclusions du rapporteur public, par le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cet effet. / Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du code de justice administrative à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat. / Il peut, par ordonnance : / (…) 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur un recours ; (…) 4° Rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance. ».
Sur les conclusions à fin d’annulation de l’arrêté du 23 juillet 2026 le maintenant en rétention :
2.
Il ressort des pièces du dossier que, par une ordonnance du 25 juillet 2026, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris a décidé de la remise en liberté de M. B.... Le maintien en rétention de M. B... ayant ainsi pris fin, les conclusions à fin d’annulation de sa requête sont devenues sans objet. Il n’y a donc plus lieu d’y statuer.
Sur les conclusions à fin de suspension de l’arrêté du 3 janvier 2026 en application de l’article L. 752-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile :
3.
Aux termes de l’article L. 752-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. ». Aux termes de l’article L. 752-6 du même code : « Lorsque le juge n'a pas encore statué sur le recours en annulation formé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français en application des articles L. 614-1 ou L. 614-2, l'étranger peut demander au juge déjà saisi de suspendre l'exécution de cette décision. ». Enfin, aux termes de l’article L. 752-7 de ce code : « Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français, notifiée antérieurement à la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, est devenue définitive, l'étranger qui fait l'objet, postérieurement à la décision de l'office, d'une assignation à résidence, ou d'un placement en rétention administrative dans les conditions prévues aux titres III et IV en vue de l'exécution de cette décision portant obligation de quitter le territoire français, peut demander au président du tribunal administratif de suspendre l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Cette demande est présentée et jugée selon la procédure prévue à l'article L. 921-1 en cas d'assignation à résidence ou selon la procédure prévue à l'article L. 921-2 en cas de rétention administrative. Les délais pour saisir le tribunal administratif fixés aux mêmes articles L. 921-1 et L. 921-2 courent à compter de la notification à l'étranger de la décision d'assignation à résidence ou de placement en rétention. ».
4. En l’espèce, d’une part, il ressort des pièces du dossier qu’à la date à laquelle a été introduite la présente requête, le tribunal administratif de Paris avait déjà statué, par une décision du 17 avril 2026, sur le recours en annulation formé par M. B... contre la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 3 janvier 2026. Par suite, M. B... n’est plus recevable à solliciter devant ce même tribunal la suspension de cette obligation sur le fondement des dispositions précitées de l’article L. 752-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. D’autre part, la décision du tribunal du 17 avril 2026 ayant été frappée d’appel par M. B..., l’obligation de quitter le territoire française du 3 janvier 2026 n’est pas définittive. Par suite, M. B... n’est pas davantage recevable à demander au tribunal la suspension de cette obligation sur le fondement des dispositions de l’article L. 752-7 du même code. Il lui est seulement loisible, s’il s’y croit fondé, d’assortir sa requête d’appel de conclusions aux fins de suspension présentées sur le fondement de l’article L. 752-6 du même code.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension de l’obligation de quitter le territoire français en date du 3 janvier 2026 sont entachées d’une irrecevabilité manifeste non susceptible d’être couverte en cours d’instance et doivent être rejetées.
Sur les frais d’instance :
6. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre une somme à la charge de l’Etat au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation de la requête de M. B...
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B... est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... B... et au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026.
Le magistrat désigné,
Signé
M. A...
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 20 juin 2026, M. C... B... demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 23 juillet 2026 par lequel le préfet de police l’a maintenu en rétention pendant le temps strictement nécessaire à l’examen de sa demande d’asile par l’office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d’irrecevabilité de celle-ci, dans l’attente de son départ ;
2°) de suspendre, sur le fondement de l’article L. 752-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, l’exécution de l’arrêté du 3 janvier 2026 par lequel le préfet de police l’a obligé à quitter le territoire français, et ce jusqu’à ce que l’OFPRA ou le cas échéant la cour nationale du droit d’asile aient statué sur sa demande d’asile ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A... en application des dispositions de l’article L. 922-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Considérant ce qui suit :
1.
Aux termes de l’article R. 922-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le jugement est rendu, sans conclusions du rapporteur public, par le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cet effet. / Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du code de justice administrative à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat. / Il peut, par ordonnance : / (…) 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur un recours ; (…) 4° Rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance. ».
Sur les conclusions à fin d’annulation de l’arrêté du 23 juillet 2026 le maintenant en rétention :
2.
Il ressort des pièces du dossier que, par une ordonnance du 25 juillet 2026, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris a décidé de la remise en liberté de M. B.... Le maintien en rétention de M. B... ayant ainsi pris fin, les conclusions à fin d’annulation de sa requête sont devenues sans objet. Il n’y a donc plus lieu d’y statuer.
Sur les conclusions à fin de suspension de l’arrêté du 3 janvier 2026 en application de l’article L. 752-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile :
3.
Aux termes de l’article L. 752-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. ». Aux termes de l’article L. 752-6 du même code : « Lorsque le juge n'a pas encore statué sur le recours en annulation formé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français en application des articles L. 614-1 ou L. 614-2, l'étranger peut demander au juge déjà saisi de suspendre l'exécution de cette décision. ». Enfin, aux termes de l’article L. 752-7 de ce code : « Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français, notifiée antérieurement à la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, est devenue définitive, l'étranger qui fait l'objet, postérieurement à la décision de l'office, d'une assignation à résidence, ou d'un placement en rétention administrative dans les conditions prévues aux titres III et IV en vue de l'exécution de cette décision portant obligation de quitter le territoire français, peut demander au président du tribunal administratif de suspendre l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Cette demande est présentée et jugée selon la procédure prévue à l'article L. 921-1 en cas d'assignation à résidence ou selon la procédure prévue à l'article L. 921-2 en cas de rétention administrative. Les délais pour saisir le tribunal administratif fixés aux mêmes articles L. 921-1 et L. 921-2 courent à compter de la notification à l'étranger de la décision d'assignation à résidence ou de placement en rétention. ».
4. En l’espèce, d’une part, il ressort des pièces du dossier qu’à la date à laquelle a été introduite la présente requête, le tribunal administratif de Paris avait déjà statué, par une décision du 17 avril 2026, sur le recours en annulation formé par M. B... contre la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 3 janvier 2026. Par suite, M. B... n’est plus recevable à solliciter devant ce même tribunal la suspension de cette obligation sur le fondement des dispositions précitées de l’article L. 752-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. D’autre part, la décision du tribunal du 17 avril 2026 ayant été frappée d’appel par M. B..., l’obligation de quitter le territoire française du 3 janvier 2026 n’est pas définittive. Par suite, M. B... n’est pas davantage recevable à demander au tribunal la suspension de cette obligation sur le fondement des dispositions de l’article L. 752-7 du même code. Il lui est seulement loisible, s’il s’y croit fondé, d’assortir sa requête d’appel de conclusions aux fins de suspension présentées sur le fondement de l’article L. 752-6 du même code.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension de l’obligation de quitter le territoire français en date du 3 janvier 2026 sont entachées d’une irrecevabilité manifeste non susceptible d’être couverte en cours d’instance et doivent être rejetées.
Sur les frais d’instance :
6. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre une somme à la charge de l’Etat au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation de la requête de M. B...
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B... est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... B... et au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026.
Le magistrat désigné,
Signé
M. A...
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.