Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2622971
lundi 3 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2622971 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET LYROS AVOCATS (SELARL) |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2026, M. B... A..., représenté par Me Ottou, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention « salarié » ;
2°) d’enjoindre au préfet de police ou à tout préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation, dans le délai de dix jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, et, dans l’attente d’une décision définitive sur le fond de sa demande, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l’urgence est présumée et, en l’espèce, elle est établie dès lors que la décision attaquée le place dans une situation de précarité administrative et financière, en ayant pour effet de le priver de son droit aux prestations sociales et de l’exposer aux risques d’une mesure d’éloignement et de suspension de son contrat de travail ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l’urgence de l’affaire n’est pas caractérisée et qu’il a adressé au requérant une convocation l’invitant à se présenter le 30 juillet 2026 dans les services de la préfecture de police en vue de lui délivrer un récépissé et de lui permettre de déposer des documents pour sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Vu :
- la copie de la requête à fin d’annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld, présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
A été entendu au cours de l’audience publique qui s’est tenue le 31 juillet 2026 en présence de M. Lemieux, greffier d’audience :
- le rapport de Mme Weidenfeld, juge des référés.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant sri-lankais, né le 1er octobre 1979, entré en France, selon ses déclarations, au mois d’août 2018, et titulaire d’une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié » valable du 8 février 2023 au 7 février 2024, a déposé, le 28 décembre 2023, une demande de renouvellement de son titre de séjour et a été mis en possession d’un récépissé, lequel a expiré le 27 juin 2024. Par la présente requête, M. A... demande, notamment, la suspension de l’exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement rejeté sa demande.
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».
3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. Pour justifier de la condition d’urgence, qui s’apprécie à la date de la présente ordonnance, M. A... se prévaut de la présomption d’urgence attachée aux demandes de renouvellement de titre de séjour et fait valoir que la décision attaquée le place dans une situation de précarité administrative et financière, en ayant pour effet, d’une part, de le priver de son droit aux prestations sociales, d’autre part, de l’exposer aux risques d’une mesure d’éloignement et de suspension de son contrat de travail. Toutefois, il résulte de l’instruction que, postérieurement à l’introduction de la requête, l’intéressé a été reçu à la préfecture de police le 30 juillet 2026 afin de déposer des documents pour sa demande de titre de séjour et il n’est pas contesté qu’à l’issue de ce rendez-vous, il a été muni d’un récépissé de cette demande. Il s’ensuit que la condition d’urgence, au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, qu’il y a lieu de rejeter la requête dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... st rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026
La juge des référés,
K. Weidenfeld
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2026, M. B... A..., représenté par Me Ottou, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention « salarié » ;
2°) d’enjoindre au préfet de police ou à tout préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation, dans le délai de dix jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, et, dans l’attente d’une décision définitive sur le fond de sa demande, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l’urgence est présumée et, en l’espèce, elle est établie dès lors que la décision attaquée le place dans une situation de précarité administrative et financière, en ayant pour effet de le priver de son droit aux prestations sociales et de l’exposer aux risques d’une mesure d’éloignement et de suspension de son contrat de travail ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l’urgence de l’affaire n’est pas caractérisée et qu’il a adressé au requérant une convocation l’invitant à se présenter le 30 juillet 2026 dans les services de la préfecture de police en vue de lui délivrer un récépissé et de lui permettre de déposer des documents pour sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Vu :
- la copie de la requête à fin d’annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld, présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
A été entendu au cours de l’audience publique qui s’est tenue le 31 juillet 2026 en présence de M. Lemieux, greffier d’audience :
- le rapport de Mme Weidenfeld, juge des référés.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant sri-lankais, né le 1er octobre 1979, entré en France, selon ses déclarations, au mois d’août 2018, et titulaire d’une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié » valable du 8 février 2023 au 7 février 2024, a déposé, le 28 décembre 2023, une demande de renouvellement de son titre de séjour et a été mis en possession d’un récépissé, lequel a expiré le 27 juin 2024. Par la présente requête, M. A... demande, notamment, la suspension de l’exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement rejeté sa demande.
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».
3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. Pour justifier de la condition d’urgence, qui s’apprécie à la date de la présente ordonnance, M. A... se prévaut de la présomption d’urgence attachée aux demandes de renouvellement de titre de séjour et fait valoir que la décision attaquée le place dans une situation de précarité administrative et financière, en ayant pour effet, d’une part, de le priver de son droit aux prestations sociales, d’autre part, de l’exposer aux risques d’une mesure d’éloignement et de suspension de son contrat de travail. Toutefois, il résulte de l’instruction que, postérieurement à l’introduction de la requête, l’intéressé a été reçu à la préfecture de police le 30 juillet 2026 afin de déposer des documents pour sa demande de titre de séjour et il n’est pas contesté qu’à l’issue de ce rendez-vous, il a été muni d’un récépissé de cette demande. Il s’ensuit que la condition d’urgence, au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, qu’il y a lieu de rejeter la requête dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... st rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026
La juge des référés,
K. Weidenfeld
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.