Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2622986

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2622986
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 juillet 2026, M. E..., représenté par Me Hug, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision du 26 juin 2026 par laquelle le préfet de police de Paris a refusé de renouveler son titre de séjour ;

2°) d’enjoindre, à titre principal, au préfet de police de Paris ou au préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois en lui délivrant, dans l’attente, un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler, dans le délai de cinq jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ou directement au requérant dans l’hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Il soutient que :
- il peut se prévaloir de la présomption d’urgence ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors qu’elle est entachée d’incompétence, de l’irrégularité de la procédure ayant mené à l’adoption de l’avis du collège des médecins de l’OFII, de la violation de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour et du droit d’asile et des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de l’erreur manifeste d’appréciation.


Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n°2622987 par laquelle M. D... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Weidenfeld, présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. M. D..., ressortissant camerounais né le 17 décembre 1988 est entré en France le 8 octobre 2022 sous couvert d’un visa de long séjour valant titre de séjour « étudiant » et a bénéficié de titres de séjour en qualité d’étudiant valables jusqu’au 25 mars 2025. Il a déposé une demande d’admission sur le fondement de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile Il demande au juge des référés d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 26 juin 2026 par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».

3. En premier lieu, le moyen tiré de l’incompétence de Mme A... B..., attachée principale d’administration de l’Etat et cheffe de la division de la rédaction et des examens spécialisés, n’est pas de nature, en l’état de l’instruction, à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

4. En deuxième lieu, il en va de même du moyen tiré de l’irrégularité de la procédure ayant mené à l’adoption de l’avis du collège des médecins de l’OFII, qui est formulé de manière conditionnelle.

5. En troisième lieu, si le requérant, qui est atteint d’une lomboradiculalgie bilatérale, soutient que son traitement est composé d’Izalgi, composé de paracétamol et de poudre d’opium, et que ce médicament n’est ni disponible ni substituable dans son pays d’origine, ce moyen n’est, en l’état de l’instruction, pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Il en va de même de l’impossibilité effective d’accéder à des soins qui n’est justifiée que par des extraits de rapport généraux datant de plusieurs années.

6. Enfin, alors que le requérant, célibataire et sans charge de famille, n’est présent sur le territoire français que depuis le 8 octobre 2022 afin d’y poursuivre ses études, les moyens tirés de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de l’erreur manifeste d’appréciation ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

7. Il résulte de ce qui précède que la condition tirée de l’existence d’un moyen de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée n’est manifestement pas fondée. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter cette requête en toutes ses conclusions, sans qu’il soit besoin de statuer sur la condition d’urgence.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête susvisée est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E....

Fait à Paris, le 3 août 2026,


La juge des référés,

signé

K. Weidenfeld


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.