Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2623001

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2623001
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2026, Mme B... D... A... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du 29 juin 2026 en tant qu’il rejette sa demande de titre de séjour « Recherche d’emploi ou création d’entreprise » ;

2°) d’enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’elle est en situation irrégulière et ne dispose pas de la possibilité de poursuivre son insertion professionnelle ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors que le préfet de police a considéré que la date de convocation en préfecture était la date de dépôt de la demande et que son diplôme LLM en droit européen délivré par l’université Paris-Panthéon Assas est équivalent à un diplôme de Master.


Vu :
- la requête n° 2623000 par laquelle la requérante demande l’annulation de la décision contestée ;

- les autres pièces du dossier.


Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.



La présidente du tribunal a désigné Mme C... pour statuer sur les demandes de référé.




Considérant ce qui suit :

Mme A..., ressortissante indienne, née le 8 avril 2003, est entrée sur le territoire français le 18 juin 2024 sous couvert d’un visa long séjour « étudiant » valable jusqu’au 17 juin 2025. Elle a sollicité le 10 septembre 2025, une première demande de titre de séjour, clôturée en novembre 2025, après qu’elle ne s’est pas présentée à sa convocation en préfecture. Elle a présenté une nouvelle demande de rendez-vous le 20 février 2026 et été convoquée le 20 avril 2026 pour déposer une demande de titre de séjour « Recherche d’emploi -Création d’entreprise ». Par la présente requête, Mme A... doit être regardée comme demandant au juge des référés d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du 29 juin 2026 en tant qu’il lui refuse le titre de séjour sollicité.

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l'état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Aux termes de l'article L. 522-3 dudit code, « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. »

L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

En premier lieu, Mme A..., qui a formulé sa première demande de rendez-vous plus de deux mois après l’expiration de son visa long séjour et qui a ensuite attendu trois mois pour formuler une deuxième demande de rendez-vous, ne peut se prévaloir de la présomption d’urgence applicable aux refus de renouvellement de titre de séjour.

En deuxième lieu, pour justifier de l’urgence, Mme A... se borne à affirmer que l’absence de document de séjour et d’autorisation de travail porte atteinte à son insertion notamment professionnelle. Toutefois, si elle justifie de la réalisation de deux stages à Paris et à Amsterdam, elle n’établit pas avoir des perspectives d’emploi à très court terme qui pourraient justifier une intervention du juge des référés, sans attendre le jugement au fond de la requête. Dans ces circonstances, la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite.

Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, que la requête de Mme A... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... D... A....
Copie en sera adressée au préfet de police.


Fait à Paris, le 3 août 2026.


La juge des référés,


signé

K. C...


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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