Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2623011
lundi 3 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2623011 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PIGOT |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 juillet 2026, M. B... A..., représenté par Me Pigot, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) de modifier l’article 2 du dispositif de l’ordonnance n° 2537340/1 du 31 décembre 2025 du juge des référés pour enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 500 euros hors taxes au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le préfet de police n’a pas exécuté l’ordonnance n° 2537340/1 du 31 décembre 2025 en ce qu’il n’a pas statué sur sa demande de renouvellement de titre de séjour, ni renouvelé le récépissé l’autorisant à travailler qui lui a été délivré et qui a expiré le 12 juillet 2026.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2026, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir qu’il a convoqué le requérant à se présenter à la préfecture le 31 juillet 2026 en vue du renouvellement de son récépissé.
Vu :
- l’ordonnance n° 2537340/1 du 31 décembre 2025 du juge des référés du tribunal administratif de Paris ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld, présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique qui s’est tenue le 31 juillet 2026 en présence de M. Lemieux, greffier d’audience :
- le rapport de Mme Weidenfeld, juge des référés ;
- les observations de Me Rivière, représentant M. A..., qui précise que son client a en réalité été convoqué après l’introduction de la requête le 28 juillet 2026 et s’est vu remettre un récépissé, mais que l’injonction de réexamen de sa demande n’a toujours pas été exécutée.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance n° 2537340/1 du 31 décembre 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Paris, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a d’une part, suspendu l’exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement rejeté la demande de renouvellement de carte de résident de M. A... et celle du 14 novembre 2025 portant « clôture de la demande », d’autre part, enjoint au préfet de police de réexaminer la situation de M. A... dans un délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler dans un délai de sept jours à compter de cette notification. Par la présente requête, M. A... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-4 du code de justice administrative, de modifier l’ordonnance ainsi rendue et d’enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler dans un délai de trois jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard.
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-4 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l’article L. 521-4 du code de justice administrative : « Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ».
3. L’inexécution d’une mesure d’injonction prononcée par le juge des référés en exécution d’une suspension d’exécution de la décision attaquée constitue un élément nouveau pouvant justifier que le juge des référés prononce, sur le fondement des dispositions précitées de l’article L. 521-4 du code de justice administrative, une nouvelle mesure d’injonction.
4. Lorsque le juge des référés suspend, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, une décision préfectorale de rejet d’une demande de titre de séjour, l’injonction de réexamen de la demande dans un certain délai ne peut être considérée comme exécutée que si le préfet compétent a pris, dans ce délai, une décision expresse statuant de nouveau sur cette demande.
5. D’une part, il résulte de l’instruction que si, à la suite de la notification de l’ordonnance n° 2537340/1 du 31 décembre 2025 et de rendez-vous fixés à la préfecture de police les 7 et 13 janvier 2026, le préfet de police a enregistré, le 13 janvier 2026, une nouvelle demande de titre de séjour de M. A..., il n’a pas statué explicitement sur cette demande. Il suit de là qu’il y a lieu d’assurer l’exécution de l’ordonnance n° 2537340/1 du 31 décembre 2025 en modifiant l’article 2 de son dispositif pour enjoindre au préfet de police de réexaminer la situation de M. A... et de statuer par une décision expresse sur sa demande de titre de séjour, dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Cette modification ne fait pas cesser l’obligation légale du préfet de délivrer à M. A... un récépissé l’autorisant à travailler pendant toute la durée de l’examen de sa demande, y compris, le cas échéant, à l’expiration du récépissé qui lui a été délivré le 28 juillet 2026 dans l’hypothèse où l’injonction prévue par la présente ordonnance ne serait pas exécutée.
6. D’autre part, il résulte de l’instruction que postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet de police a renouvelé le récépissé du requérant. Par suite, l’ordonnance n° 2537340/1 du 31 décembre 2025 a, dans cette mesure, été exécutée et il n’y a pas lieu d’en modifier le dispositif sur ce point.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 200 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête portant sur la modification de l’ordonnance n° 2537340/1 du 31 décembre 2025 en ce qui concerne la délivrance d’un récépissé pendant le réexamen de la demande de titre de séjour.
Article 2 : L’article 2 de l’ordonnance n° 2537340/1 du 31 décembre 2025, est modifié comme suit « Il est enjoint au préfet de réexaminer la situation de M. A... et de statuer par une décision expresse sur sa demande de titre de séjour, dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ».
Article 3 : L’Etat versera à M. A... une somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026
La juge des référés,
signé
K. Weidenfeld
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 25 juillet 2026, M. B... A..., représenté par Me Pigot, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) de modifier l’article 2 du dispositif de l’ordonnance n° 2537340/1 du 31 décembre 2025 du juge des référés pour enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 500 euros hors taxes au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le préfet de police n’a pas exécuté l’ordonnance n° 2537340/1 du 31 décembre 2025 en ce qu’il n’a pas statué sur sa demande de renouvellement de titre de séjour, ni renouvelé le récépissé l’autorisant à travailler qui lui a été délivré et qui a expiré le 12 juillet 2026.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2026, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir qu’il a convoqué le requérant à se présenter à la préfecture le 31 juillet 2026 en vue du renouvellement de son récépissé.
Vu :
- l’ordonnance n° 2537340/1 du 31 décembre 2025 du juge des référés du tribunal administratif de Paris ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld, présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique qui s’est tenue le 31 juillet 2026 en présence de M. Lemieux, greffier d’audience :
- le rapport de Mme Weidenfeld, juge des référés ;
- les observations de Me Rivière, représentant M. A..., qui précise que son client a en réalité été convoqué après l’introduction de la requête le 28 juillet 2026 et s’est vu remettre un récépissé, mais que l’injonction de réexamen de sa demande n’a toujours pas été exécutée.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance n° 2537340/1 du 31 décembre 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Paris, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a d’une part, suspendu l’exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement rejeté la demande de renouvellement de carte de résident de M. A... et celle du 14 novembre 2025 portant « clôture de la demande », d’autre part, enjoint au préfet de police de réexaminer la situation de M. A... dans un délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler dans un délai de sept jours à compter de cette notification. Par la présente requête, M. A... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-4 du code de justice administrative, de modifier l’ordonnance ainsi rendue et d’enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler dans un délai de trois jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard.
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-4 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l’article L. 521-4 du code de justice administrative : « Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ».
3. L’inexécution d’une mesure d’injonction prononcée par le juge des référés en exécution d’une suspension d’exécution de la décision attaquée constitue un élément nouveau pouvant justifier que le juge des référés prononce, sur le fondement des dispositions précitées de l’article L. 521-4 du code de justice administrative, une nouvelle mesure d’injonction.
4. Lorsque le juge des référés suspend, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, une décision préfectorale de rejet d’une demande de titre de séjour, l’injonction de réexamen de la demande dans un certain délai ne peut être considérée comme exécutée que si le préfet compétent a pris, dans ce délai, une décision expresse statuant de nouveau sur cette demande.
5. D’une part, il résulte de l’instruction que si, à la suite de la notification de l’ordonnance n° 2537340/1 du 31 décembre 2025 et de rendez-vous fixés à la préfecture de police les 7 et 13 janvier 2026, le préfet de police a enregistré, le 13 janvier 2026, une nouvelle demande de titre de séjour de M. A..., il n’a pas statué explicitement sur cette demande. Il suit de là qu’il y a lieu d’assurer l’exécution de l’ordonnance n° 2537340/1 du 31 décembre 2025 en modifiant l’article 2 de son dispositif pour enjoindre au préfet de police de réexaminer la situation de M. A... et de statuer par une décision expresse sur sa demande de titre de séjour, dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Cette modification ne fait pas cesser l’obligation légale du préfet de délivrer à M. A... un récépissé l’autorisant à travailler pendant toute la durée de l’examen de sa demande, y compris, le cas échéant, à l’expiration du récépissé qui lui a été délivré le 28 juillet 2026 dans l’hypothèse où l’injonction prévue par la présente ordonnance ne serait pas exécutée.
6. D’autre part, il résulte de l’instruction que postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet de police a renouvelé le récépissé du requérant. Par suite, l’ordonnance n° 2537340/1 du 31 décembre 2025 a, dans cette mesure, été exécutée et il n’y a pas lieu d’en modifier le dispositif sur ce point.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 200 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête portant sur la modification de l’ordonnance n° 2537340/1 du 31 décembre 2025 en ce qui concerne la délivrance d’un récépissé pendant le réexamen de la demande de titre de séjour.
Article 2 : L’article 2 de l’ordonnance n° 2537340/1 du 31 décembre 2025, est modifié comme suit « Il est enjoint au préfet de réexaminer la situation de M. A... et de statuer par une décision expresse sur sa demande de titre de séjour, dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ».
Article 3 : L’Etat versera à M. A... une somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026
La juge des référés,
signé
K. Weidenfeld
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.