Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2623185

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2623185
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMARIETTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2026, Mme B... C..., agissant pour le compte de son fils mineur, A... C..., représentée par Me Mariette, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision du 29 juin 2026 par laquelle la rectrice de l’académie de Paris a affecté A... C... au collège Jean de La Fontaine à Paris (75016) et de la décision du 13 juillet 2026 par laquelle la rectrice de l’académie de Paris a refusé de revenir sur cette affectation au titre de la rentrée scolaire 2026 ;

2°) d’enjoindre à la rectrice de l’académie de Paris de l’inscrire dans son collège de secteur, le collège Jean-Baptiste Say à Paris (75016), dans un délai de quarante-huit heures à compter de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’administration la somme de 2 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- l’urgence est caractérisée au regard de l’imminence de la rentrée scolaire ; il y a, en outre, urgence à suspendre les décisions attaquées dès lors qu’elles créent un risque pour la santé physique et mentale de son fils mineur ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées ; en effet, elles sont entachées d’un défaut de motivation, d’un défaut d’examen sérieux de la situation de son fils, d’un vice de procédure et d’incompétence dès lors que la commission d’ajustement était irrégulièrement composée, et elles méconnaissent les dispositions de l’article D. 211-11 du code de l’éducation relatives à l’affectation dans le collège de secteur, sont entachées d’une erreur de droit, méconnaissent l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant et sont entachées d’une erreur manifeste d’appréciation.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête, enregistrée le 18 juillet 2026 sous le n° 2622144, par laquelle Mme C... demande l’annulation des décisions attaquées.

Vu :
- le code de l’éducation ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Fouassier, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. L’élève A... C... a été affecté au collège Jean de La Fontaine à Paris (75016) au titre de l’année scolaire 2026-2027 par une décision d’affectation du 29 juin 2026. Par une décision du 13 juillet 2026, la rectrice de l’académie de Paris a rejeté le recours gracieux formé par Mme C..., sa mère, tendant à ce que cette affectation soit révisée et que son fils soit affecté au collège Jean-Baptiste Say à Paris (75016). Par la présente requête, Mme C... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision d’affectation du 29 juin 2026 ainsi que la décision du 13 juillet 2026 rejetant son recours gracieux.

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ». L’article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée …. », sans instruction ni audience publique.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Pour justifier d’une situation d’urgence, Mme C... soutient que la rentrée scolaire est imminente et que la décision d’affectation de son fils A... C... dans un collège distinct de celui de son frère, scolarisé au sein du collège Jean-Baptiste Say à Paris (75016), fait peser un risque sur sa santé physique et mentale. Si elle produit, à l’appui de ces affirmations, deux certificats médicaux, le premier d’une psychiatre-psychothérapeute daté du 27 juillet 2026, indiquant que « le maintien du lien fraternel au sein d’un même établissement constituerait un facteur de protection significatif » dans son processus d’adaptation, et le second, non daté, d’une psychologue clinicienne, indiquant qu’un « rapprochement au sein du même établissement scolaire que sa fratrie constituerait un facteur de stabilité et de sécurisation », ces documents ne peuvent suffire à eux seuls, au regard de la proximité géographique des deux établissements scolaires, à caractériser une situation d’urgence au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l’existence d’un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées, que les conclusions présentées par Mme C... à fin de suspension doivent être rejetées en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d’injonction et de ses conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E:


Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... C....



Fait à Paris, le 3 août 2026.


Le juge des référés,


signé


C. FOUASSIER



La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.