Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2623366
lundi 3 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2623366 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ABITBOL |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrées les 28 et 31 juillet 2026, Mme C... B..., représenté par Me Abitbol, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet de police ou à tout préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation, dans le délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, et, dans l’attente d’une décision définitive sur le fond de sa demande, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l’urgence est présumée et l’absence de titre de séjour fait obstacle à l’aboutissement de ses démarches administratives, notamment de son dossier au titre du droit au logement opposable ;
- plusieurs moyens sont de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, à savoir, elle est entachée d’un défaut de communication des motifs, d’un vice de procédure en l’absence de saisine de la commission du titre de séjour, d’une erreur manifeste d’appréciation, d’une violation de l’article L. 433-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et d’une méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l’urgence de l’affaire n’est pas caractérisée, dès lors qu’elle a été invitée à se présenter à la préfecture le 26 février 2026 sans honorer ce rendez-vous, qu’elle est à nouveau convoquée le 10 août 2026 pour prendre ses empreintes biométriques et qu’une attestation de prolongation d’instruction a été mise à sa disposition sur son compte ANEF le 13 juillet 2026.
Vu :
- la copie de la requête à fin d’annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld, présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique qui s’est tenue le 31 juillet 2026 en présence de M. Lemieux, greffier d’audience :
- le rapport de Mme Weidenfeld, juge des référés ;
- et les observations de Mme A..., élève-avocat en présence de son maître de stage, Me Abitbol, représentant Mme B..., qui fait valoir qu’elle n’a pas reçu la convocation pour le 26 février 2026 et qu’en dépit de la délivrance d’une attestation de prolongation d’instruction, la condition d’urgence demeure dans la mesure où son dossier DALO ne peut aboutir.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B..., ressortissante moldave, née le 24 décembre 1955, entrée en France, selon ses déclarations, au mois d’août 2018, et titulaire d’une carte de résident longue durée délivrée le 18 octobre 2015 et valable jusqu’au 17 octobre 2025, a déposé, le 7 juillet 2025, une demande de renouvellement de sa carte de résident. Par la présente requête, Mme B... demande, notamment, la suspension de l’exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement rejeté sa demande.
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».
3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. Pour justifier de la condition d’urgence, qui s’apprécie à la date de la présente ordonnance, Mme B... se prévaut de la présomption d’urgence attachée aux demandes de renouvellement de titre de séjour et fait valoir que la décision attaquée la place dans une situation de précarité administrative et financière, en ayant pour effet, d’une part, de la priver de la possibilité d’être reconnue prioritaire dans le cadre de la procédure DALO, d’autre part, de l’exposer aux risques d’une mesure d’éloignement. Toutefois, il résulte de l’instruction que l’intéressée s’était vu, avant même l’introduction de la requête, délivrer une attestation de prolongation d’instruction qui lui permet de justifier de sa situation régulière sur le territoire français. Par ailleurs, si elle fait valoir qu’un simple récépissé ne lui permet pas de finaliser son dossier DALO, elle n’en justifie pas, alors que le courrier du 27 avril 2026 de la commission de médiation DALO de Paris l’invite à produire son « nouveau titre de séjour ou récépissé » dès qu’elle le recevra. Il s’ensuit que la condition d’urgence, au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, qu’il y a lieu de rejeter la requête dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... st rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026
La juge des référés,
K. Weidenfeld
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête et des pièces, enregistrées les 28 et 31 juillet 2026, Mme C... B..., représenté par Me Abitbol, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet de police ou à tout préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation, dans le délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, et, dans l’attente d’une décision définitive sur le fond de sa demande, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l’urgence est présumée et l’absence de titre de séjour fait obstacle à l’aboutissement de ses démarches administratives, notamment de son dossier au titre du droit au logement opposable ;
- plusieurs moyens sont de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, à savoir, elle est entachée d’un défaut de communication des motifs, d’un vice de procédure en l’absence de saisine de la commission du titre de séjour, d’une erreur manifeste d’appréciation, d’une violation de l’article L. 433-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et d’une méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juillet 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l’urgence de l’affaire n’est pas caractérisée, dès lors qu’elle a été invitée à se présenter à la préfecture le 26 février 2026 sans honorer ce rendez-vous, qu’elle est à nouveau convoquée le 10 août 2026 pour prendre ses empreintes biométriques et qu’une attestation de prolongation d’instruction a été mise à sa disposition sur son compte ANEF le 13 juillet 2026.
Vu :
- la copie de la requête à fin d’annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld, présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique qui s’est tenue le 31 juillet 2026 en présence de M. Lemieux, greffier d’audience :
- le rapport de Mme Weidenfeld, juge des référés ;
- et les observations de Mme A..., élève-avocat en présence de son maître de stage, Me Abitbol, représentant Mme B..., qui fait valoir qu’elle n’a pas reçu la convocation pour le 26 février 2026 et qu’en dépit de la délivrance d’une attestation de prolongation d’instruction, la condition d’urgence demeure dans la mesure où son dossier DALO ne peut aboutir.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B..., ressortissante moldave, née le 24 décembre 1955, entrée en France, selon ses déclarations, au mois d’août 2018, et titulaire d’une carte de résident longue durée délivrée le 18 octobre 2015 et valable jusqu’au 17 octobre 2025, a déposé, le 7 juillet 2025, une demande de renouvellement de sa carte de résident. Par la présente requête, Mme B... demande, notamment, la suspension de l’exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement rejeté sa demande.
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».
3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. Pour justifier de la condition d’urgence, qui s’apprécie à la date de la présente ordonnance, Mme B... se prévaut de la présomption d’urgence attachée aux demandes de renouvellement de titre de séjour et fait valoir que la décision attaquée la place dans une situation de précarité administrative et financière, en ayant pour effet, d’une part, de la priver de la possibilité d’être reconnue prioritaire dans le cadre de la procédure DALO, d’autre part, de l’exposer aux risques d’une mesure d’éloignement. Toutefois, il résulte de l’instruction que l’intéressée s’était vu, avant même l’introduction de la requête, délivrer une attestation de prolongation d’instruction qui lui permet de justifier de sa situation régulière sur le territoire français. Par ailleurs, si elle fait valoir qu’un simple récépissé ne lui permet pas de finaliser son dossier DALO, elle n’en justifie pas, alors que le courrier du 27 avril 2026 de la commission de médiation DALO de Paris l’invite à produire son « nouveau titre de séjour ou récépissé » dès qu’elle le recevra. Il s’ensuit que la condition d’urgence, au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, qu’il y a lieu de rejeter la requête dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... st rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 3 août 2026
La juge des référés,
K. Weidenfeld
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.