Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2623591

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2623591
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 et 31 juillet 2026, M. B... A... demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne de prendre toutes mesures utiles à fin d’assurer la conservation des données numériques associées à son compte universitaire jusqu’à l’issue de la procédure d’exécution du jugement du tribunal administratif de Paris, n° 2419819 du 18 mars 2026 ;

2°) d’ordonner l’archivage sécurisé de ces données et d’en garantir l’intégrité ainsi que la disponibilité ;

3°) d’enjoindre à la même université de produire une attestation précisant les modalités de conservation des données, leur durée d’archivage et les conditions de leur communication au tribunal administratif de Paris.


Il soutient que :

- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- elle est « provisoire et proportionnée ».

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

D’une part, aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. » Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

D’autre part, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

Il résulte de l’instruction que M. A... a été inscrit, pour la troisième fois, en première année de licence de droit à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne au titre de l’année universitaire 2023-2024. Par un jugement n° 2419819 du 18 mars 2026, le tribunal administratif de Paris a, d’une part, annulé les délibérations du jury par lesquelles le requérant a été ajourné à l’issue de la première session d’épreuves et des épreuves de rattrapage au titre de cette année et, d’autre part, enjoint à l’université de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement. Par courriel du 2 juillet 2026, la direction du système d’information et des usages numériques (DSIUN) de l’université a informé M. A... de la clôture, à compter du 1er août 2026, de son compte ENT et de sa messagerie ainsi que des accès aux autres services de l’université, en l’invitant à récupérer les documents en ligne qu’il souhaite conserver ainsi que ses attestations et relevés de notes et en lui indiquant la possibilité soit de rediriger, pendant un an, vers une adresse personnelle de messagerie électronique, soit d’archiver le contenu de sa boîte électronique vers un autre compte de messagerie, tout en précisant qu’une éventuelle réinscription au sein de cet établissement réouvrirait automatiquement le compte.

Si, pour justifier de la condition d’urgence, le requérant invoque la nécessité d’exécuter le jugement du 18 mars 2026, il ne précise pas en quoi la fermeture de ses comptes, alors qu’il dispose de la possibilité de récupérer les documents y étant stockés, compromettrait l’exécution de ce jugement. Dans ces conditions, il ne peut être regardé comme justifiant ni de l’existence d’une situation d’urgence, ni de l’utilité de la mesure sollicitée.

Par suite, dès lors que les conditions prévues par les dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne sont pas remplies, la requête de M. A... ne peut qu’être rejetée.




O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Copie en sera adressée à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Fait à Paris, le 3 août 2026.

La juge des référés,

K. Weidenfeld




La République mande et ordonne au ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.