Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2623628

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2623628
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLAPLANTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2026, Mme C... D... et M. B... D..., agissant en leur qualité de représentants légaux de leur fils A... D..., représentés par Me Laplante, demandent au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :


1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du 24 juin 2026 de la ministre des sports en tant qu’il n’a pas inscrit le jeune A... sur la liste des sportifs Espoirs de hockey sur glace à compter du 1er juillet 2026 ou, à titre subsidiaire, dans son intégralité, ainsi que son annexe fixant la liste des sportifs Espoirs ;

2°) d’enjoindre à la ministre des sports de procéder à son inscription sur cette liste, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;

3°) de condamner l’Etat à leur verser une somme de 3 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Les requérants soutiennent que :


Sur l’urgence :

- l’urgence est établie dès lors que cette absence d’inscription ne permet pas au jeune A... de poursuivre son parcours de très haut niveau et signe la fin de ses espoirs professionnels ;


Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- la décision est entachée d’une erreur de droit en ce qu’elle repose sur un problème de comportement alors que de telles difficultés ne peuvent que donner lieu à une sanction disciplinaire, entourée de diverses garanties qui n’ont pas été respectées, telles la saisine de la commission de discipline, la notification d’un acte de poursuite, la communication d’un grief, l’accès au dossier, la procédure contradictoire et la possibilité de bénéficier d’une assistance ou d’une représentation ;


- elle est entachée d’une erreur d’appréciation des faits et d’un détournement de pourvoir.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu la requête au fond, enregistrée sous le n°2623629/6-3.

Vu :
-le code du sport ;
-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld, présidente de section, pour exercer les fonctions dévolues au livre V du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

D’une part, aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes de l'article L. 522-3 dudit code, « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. »

D’autre part, l’article R. 221-13 du code du sport dispose que « Les listes des sportifs Espoirs et des collectifs nationaux sont arrêtées pour une année par le ministre chargé des sports (…) ». L’article R. 221-11 du même code prévoit que « Une liste des sportifs Espoirs regroupe les sportifs âgés de douze ans au moins ou inscrits dans un établissement d’enseignement secondaire au cours de l’année de leur inscription, des compétences sportives attestées par le directeur technique national placé auprès de la fédération délégataire compétente, en lien avec les critères d’inscription en liste sportif de haut niveau (…) ».

Dès lors que l’appréciation des compétences sportives permettant la poursuite d’un parcours de haut niveau inclut nécessairement l’évaluation des qualités comportementales et qu’il résulte de l’instruction, et n’est d’ailleurs pas sérieusement contesté, que des difficultés comportementales ont été relevées à plusieurs reprises et par plusieurs des encadrants s’agissant du jeune A..., les moyens invoqués ne sont pas, en l’état de l’instruction, de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité des décisions contestées. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin de statuer sur la condition d’urgence, que la requête de Mme et M. D... doit être rejetée en toutes ses conclusions.






O R D O N N E :



Article 1er : La requête susvisée est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... D... et M. B... D....

Fait à Paris, le 3 août 2026.

La juge des référés statuant en urgence,





K. Weidenfeld



La République mande et ordonne à la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.