Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2623630

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2623630
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantBOUDJELLAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 juin 2026, M. B... A..., représenté par Me Boudjellal demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail valable pendant le réexamen de sa demande, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l’urgence :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision porte atteinte à la réalité de ses liens familiaux et porte atteinte à ses droits sociaux et économiques et que sa situation d’irrégularité devient une source d’anxiété car il fait face à des menaces de mort provenant de son pays d’origine où il craint d’être renvoyé ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision
- la décision attaquée est entachée d’un vice de procédure tiré du défaut de consultation de la commission du titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.



Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. M. A..., ressortissant syrien né le 2 avril 1974, a bénéficié en dernier lieu d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » valable jusqu’au 1er août 2024. Le 26 avril 2024, il a sollicité un rendez-vous afin de déposer une demande de renouvellement de ce titre de séjour et a été convoqué le mercredi 10 juillet 2024. N’ayant reçu aucun document depuis cette date, il soutient que ce silence de l’administration a fait naître une demande implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour et de délivrance de récépissé. Par la présente requête, il demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de police de suspendre la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour qu’il fait valoir.

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».

3. Il résulte de l’instruction que M. A... a sollicité le 26 avril 2024 un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Toutefois, il n’établit pas s’être effectivement présenté à la préfecture à la date de sa convocation le 10 juillet 2024. Il ne résulte par conséquent pas de l’instruction qu’une décision implicite de rejet de sa demande est née du silence gardé par l’administration. Par suite, en l’état de l’instruction, les moyens invoqués par M. A... et visés ci-dessus doivent être regardés comme inopérants et aucun n’est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Paris, le 3 août 2026.

La juge des référés,



K. Weidenfeld

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaire de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droits commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.