Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2623642
lundi 3 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2623642 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2026, M. A... Sadaune demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté n° MCC000012978895 portant changement d’affectation sans changement de résidence pris à son encontre, le 15 juillet 2026, par la ministre de la culture et de la communication, et lui notifié par courrier du 21 juillet 2026 ;
2°) d’enjoindre à la ministre de la culture, à titre principal, de lui assurer des conditions d’exercice de ses fonctions qui ne traduisent pas une diminution substantielle de ses responsabilités antérieures et, à titre subsidiaire, d’ordonner toute mesure utile propre à préserver ses droits jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond de sa demande ;
3°) d’enjoindre à la ministre de produire les éléments nécessaires à l’instruction du présent litige ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l’urgence est caractérisée dès lors que l’arrêté litigieux, d’une part, porte une atteinte grave et immédiate à sa situation professionnelle en modifiant profondément la nature de ses fonctions et de son positionnement professionnel actuels et en rendant irréversibles les conséquences d’une éventuelle réorganisation de son poste actuel et, d’autre part, risque d’aggraver son état de santé déjà fragile ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué qui est entaché d’un vice de procédure à défaut de procédure contradictoire préalable, d’une insuffisance de motivation en fait, d’un défaut de motif, d’une erreur manifeste d’appréciation quant à la nouvelle proposition d’affectation et d’un détournement de procédure et de pouvoir.
Vu :
les autres pièces du dossier ;
- le dossier de la requête au fond n° 2623424 par laquelle M. Sadaune demande l’annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. Sadaune, secrétaire administratif de classe exceptionnelle, 8ème échelon, affecté, depuis le 25 mai 2013, à la Délégation à la coopération nationale et internationale de la Bibliothèque publique d’information (BPI) au sein du ministère de la culture et de la communication, demande au tribunal de suspendre l’exécution de l’arrêté n° MCC000012978895 du 15 juillet 2026, édicté par la ministre de la culture et de la communication portant changement de son affectation sans changement de résidence à compter du 1er août 2026 vers les fonctions de gestionnaire administratif et financier au sein du département systèmes d’information de la direction générale des médias et industries culturelles du même ministère.
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l'état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». L’article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée (…). », sans instruction ni audience publique.
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour caractériser l’urgence, M. Sadaune fait valoir que l’exécution de l’arrêté litigieux se traduirait par une dégradation de la nature de ses fonctions actuelles et serait à l’origine d’une aggravation de son état de santé. Toutefois, à l’appui de cette affirmation, il produit, d’une part, la fiche de son poste actuel et de celle du poste de sa nouvelle affectation, qui ne permettent pas de considérer que celle-ci emporterait une diminution de ses responsabilités. Il verse à l’instance, d’autre part, trois certificats médicaux, et notamment un daté du 17 juillet 2026, qui fait état, sans plus de précision, de l’existence d’un « état anxio-dépressif d’aggravation récente dans un contexte de conflit avec son employeur ». Le requérant produit enfin deux arrêts maladie pour les périodes du 23 mai au 31 juillet 2025 et du 24 juillet au 11 août 2026 qui, pour le premier, ne peut être lié à la mesure litigieuse postérieure d’une année et, pour le second, antérieur à sa prise de fonction au sein de la direction générale des médias et industries culturelles, ne permet pas d’établir que les conditions du nouvel emploi auquel il a été affecté sont plus défavorables que celles de son ancien emploi. Dans ces conditions, M. Sadaune ne justifie pas, en l’état de l’instruction, et en l’absence d’éléments plus précis et circonstanciés, que l’arrêté litigieux porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation pour que la condition de l’urgence exigée par les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative soit tenue pour remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il ne soit besoin de se prononcer sur le doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué, que la requête de M. Sadaune doit être rejetée dans toutes ses conclusions, par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. Sadaune est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... Sadaune.
Fait à Paris, le 3 août 2026.
La juge des référés,
K. Weidenfeld
La République mande et ordonne à la ministre de la culture et de la communication en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2026, M. A... Sadaune demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté n° MCC000012978895 portant changement d’affectation sans changement de résidence pris à son encontre, le 15 juillet 2026, par la ministre de la culture et de la communication, et lui notifié par courrier du 21 juillet 2026 ;
2°) d’enjoindre à la ministre de la culture, à titre principal, de lui assurer des conditions d’exercice de ses fonctions qui ne traduisent pas une diminution substantielle de ses responsabilités antérieures et, à titre subsidiaire, d’ordonner toute mesure utile propre à préserver ses droits jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond de sa demande ;
3°) d’enjoindre à la ministre de produire les éléments nécessaires à l’instruction du présent litige ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l’urgence est caractérisée dès lors que l’arrêté litigieux, d’une part, porte une atteinte grave et immédiate à sa situation professionnelle en modifiant profondément la nature de ses fonctions et de son positionnement professionnel actuels et en rendant irréversibles les conséquences d’une éventuelle réorganisation de son poste actuel et, d’autre part, risque d’aggraver son état de santé déjà fragile ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué qui est entaché d’un vice de procédure à défaut de procédure contradictoire préalable, d’une insuffisance de motivation en fait, d’un défaut de motif, d’une erreur manifeste d’appréciation quant à la nouvelle proposition d’affectation et d’un détournement de procédure et de pouvoir.
Vu :
les autres pièces du dossier ;
- le dossier de la requête au fond n° 2623424 par laquelle M. Sadaune demande l’annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. Sadaune, secrétaire administratif de classe exceptionnelle, 8ème échelon, affecté, depuis le 25 mai 2013, à la Délégation à la coopération nationale et internationale de la Bibliothèque publique d’information (BPI) au sein du ministère de la culture et de la communication, demande au tribunal de suspendre l’exécution de l’arrêté n° MCC000012978895 du 15 juillet 2026, édicté par la ministre de la culture et de la communication portant changement de son affectation sans changement de résidence à compter du 1er août 2026 vers les fonctions de gestionnaire administratif et financier au sein du département systèmes d’information de la direction générale des médias et industries culturelles du même ministère.
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l'état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». L’article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée (…). », sans instruction ni audience publique.
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour caractériser l’urgence, M. Sadaune fait valoir que l’exécution de l’arrêté litigieux se traduirait par une dégradation de la nature de ses fonctions actuelles et serait à l’origine d’une aggravation de son état de santé. Toutefois, à l’appui de cette affirmation, il produit, d’une part, la fiche de son poste actuel et de celle du poste de sa nouvelle affectation, qui ne permettent pas de considérer que celle-ci emporterait une diminution de ses responsabilités. Il verse à l’instance, d’autre part, trois certificats médicaux, et notamment un daté du 17 juillet 2026, qui fait état, sans plus de précision, de l’existence d’un « état anxio-dépressif d’aggravation récente dans un contexte de conflit avec son employeur ». Le requérant produit enfin deux arrêts maladie pour les périodes du 23 mai au 31 juillet 2025 et du 24 juillet au 11 août 2026 qui, pour le premier, ne peut être lié à la mesure litigieuse postérieure d’une année et, pour le second, antérieur à sa prise de fonction au sein de la direction générale des médias et industries culturelles, ne permet pas d’établir que les conditions du nouvel emploi auquel il a été affecté sont plus défavorables que celles de son ancien emploi. Dans ces conditions, M. Sadaune ne justifie pas, en l’état de l’instruction, et en l’absence d’éléments plus précis et circonstanciés, que l’arrêté litigieux porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation pour que la condition de l’urgence exigée par les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative soit tenue pour remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il ne soit besoin de se prononcer sur le doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué, que la requête de M. Sadaune doit être rejetée dans toutes ses conclusions, par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. Sadaune est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... Sadaune.
Fait à Paris, le 3 août 2026.
La juge des référés,
K. Weidenfeld
La République mande et ordonne à la ministre de la culture et de la communication en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.