Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2623675

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2623675
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCABINET PHILIPPOT AVOCATS (SAS)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2026, le comité départemental de judo du Haut-Rhin, représenté par Me Philippot, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 3 juillet 2026 par laquelle le conseil d’administration fédéral de la Fédération française de judo l’a placé sous administration provisoire ;

2°) de condamner la Fédération française de judo à lui verser la somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 30 juillet 2026, sous le n°2623676 par laquelle le comité départemental de judo du Haut-Rhin demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Weidenfeld, présidente de section, pour exercer les fonctions prévues au livre V du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsqu’au vu de la demande, celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative. Enfin, selon son article R. 221-3, le ressort du tribunal administratif de Strasbourg comprend le département du Haut-Rhin

2. L’article R. 522-8-1 du même code prévoit que, par dérogation aux dispositions du titre V du livre III relatif au règlement des questions de compétence au sein de la juridiction administrative, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d’ordonnance.

3. Aux termes des dispositions de l’article R. 312-15 du code de justice administrative : « Sous réserve de l'application des articles R. 312-6 à R. 312-14, les litiges relatifs à l'organisation ou au fonctionnement de toute collectivité publique autre que l'Etat et de tout organisme public ou privé, notamment en matière de contrôle administratif ou de tutelle, relèvent de la compétence du tribunal administratif dans le ressort duquel a son siège la collectivité ou l'organisme objet des décisions attaquées ».

4. Par la présente demande en référé, le comité départemental de judo du Haut-Rhin demande la suspension de l’exécution de la décision du 3 juillet 2026 par laquelle le conseil d’administration fédérale de la Fédération française de judo l’a placé sous administration provisoire de la vice-présidente secrétaire générale de la Fédération et du président de la Ligue Grand-Est, en raison de dysfonctionnements persistants allégués en son sein et ce en vertu des articles 11 du règlement intérieur fédéral et 30 des statuts du comité. Par suite, le présent litige entre dans le champ d’application de l’article R. 312-15 du code de justice administrative et, dès lors, le tribunal administratif territorialement compétent est celui du siège de l’organisme mis sous tutelle, à savoir le comité départemental de judo du Haut-Rhin. Il s’ensuit que le tribunal administratif de Strasbourg, qui comprend le département du Haut-Rhin dans son ressort, est territorialement compétent pour connaître du présent litige. Par voie de conséquence, il convient de rejeter cette requête en application de l’article R. 522-8-1 du même code, selon la procédure prévue en son article L. 522-3.

O R D O N N E :


Article 1er : La requête susvisée est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au comité départemental de judo du Haut-Rhin.

Fait à Paris, le 3 août 2026.

La juge des référés statuant en urgence,






K. Weidenfeld


La République mande et ordonne à la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.